CHAPITRE XXU
RiCAPITQLMIOl.
MaiftteiMiil kvr lort «fct m vot nuiii ditef aa moty et lit vWroot; di|e« oo awli et ils monrroat.
Je touche au terme de mon travail , et ce moment si désiré, lorsque je ne Fentrevoyais qpie dans an vague loiptaia , à mesure qu'il approche , m'apparatt environné de craintes et de déceptions trop justifiées par mon insuffisance. Je sens que Ter- ' reur a dft se glisser dans ces feuilles éphémères, et cette idée serak pour moi le plus terrible des supplices , si je ne mé rendais ce témoignage qu'en cherchant la vérité, je ne l'ai demandée qu'à Dieu. Écartant toutes les autorités humaines , j'ai ouvert le grand livre de la nature : il m'a semblé que l'œuvre devait exprimer la pensée de l'ouvrier*
Sans doute , j'ai pu me tromper dans des interprétations d'un ordre si élevé; mais en invitant tous les hommes aux mêmes études, j'ai^ pour
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ainsi dire, rectifié d'avance tontes mes fautes :
convaincu de ma propre faiblesse ^ que puis-je davantage? j'appelle de mon livre au livre de la
nature , de ces pages débiles au coutrôle de i'bumaaité.
Deux choses m'ont fortement préoccupé en écrivant cet ouvrage :
1^ La nécessité de donner aux vérités morales une origine mathématique , une base inébranlable ;
2® La découverte de l'agent universel qui doit se saisir de ces vérités pour nous en imprimer l'image •
Or , ioi<bas , il n'y a de puissance universelle que celle des femmes. La nature leur a donné notre enfance et livré notre jeunesse. Enfants, nous leur devons nos pensées; jeunes , nous leur prodi-" guons nos sentiments ; et plus tard elles continuent comme épouses ce qu'elles ont commencé comme mères et comme amantes. Ainsi le cercle tout entier de notre vie se déroule sous leur influence. La mission de la faiblesse est de régler la forc^ ; la mission de l'amour est de faire aimer la vertu.
On a si souvent répété cette vérité qu'elle est devenue vulgaire ; et cependant , qui songe à en faire quelque chose ? qui songe à verser dans l'âme des mères toutes-puissantes, les principes qui pourraient régénérer les enfants?
Ces principes ne conduisent pas à la fortune ,
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mais an bonheur : ils s'adressent tons -à Tàme.
Cest donc par Tétade des facultés de Tâme que doit commencer notre éducation.
Jusqu'à ce jour , on les avait confondues avec les facultés de rinlelligeuce , qui sont purement terrestres , et cette confusion était Tarme la plus puissante des matérialistes; nous l'avons brisée dans leurs mains ? séparant le bon grain de Tivraie , Tesseuce intellectuelle de la matière intelligente , nous avons ^ré la ligne qui sépare le néant de rimmortalité.
Quelle surprise et quelle joie i A mesure que nous avancions dans ce travail , les vérités les plus sublimes venaient à nous naturellement et simplement ; et la séparation étant terminée , il se trouva que les facultés de rintelligence tendaient toutes à la terre, et que Tâme, comme un soleil , rayonnait toute vers Dieu !
Ainsi chaque homme porte avec lui , non la dé* monstration de rcxistcncc de Dieu , mais quelque chose de plus puissant et de plus irrésistible, cinq facultés qui le découvrent.
C'est au développement de ces cinq facultés de l'âme que doit tendre l'éducation des mères de famille ; le reste appartient à l'éducation vulgaire , et ressort de l'intelligence.
L'âme nous élève à Dieu, et Dieu, comme l'a si bien dit Raymond Sebon , est ce qui peut se con* cevoir de plus grand. Sur cette première vérité
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s^appuient toutes les aiitres» Dieu est l'origine de tout ; et il a rendu ses pensées visibles en leur donnant on corps et en nous donnant une âme.
Nous avons essayé de déchiffrer quelques lignes du grand livre qu'il a placé sous les yeux du genre humain, et nous avons vu toutes nos erreurs disparaître devant cette révélation divine. Platon s'est épuré, et l'Évangile même, dépouillé de tous les voiles dont le moyen âge obscurcit sa lumière, est redevenu Texpression la plus harmonieuse des lois de la nature.
Les deux livres se rencontrent dans cette vérité si simple et si vaste :
tt Unité de Dieu. »
Et dans ce sentiment si sublime et si naturel :
« Amour de Dieu et des hommes.
« Unité de Dieu 9 C'est-à-dire un seul Dieu, père de tous les hommes ; par conséquent, des frères sur tout le globe.
L'égalité des droits , la liberté de tous , l'aboli* tion des privilèges, des castes, de l'esclavage, de la guerre, de la peine de mort, ressortent de la confraternité du genre humain.
<( Amour de Dieu et des hommes. »
Ici, la religion prend un caractère moral en unissant Dieu à l'homme, comme le père à l'enfant; et la morale prend un caractère religieux en unissant l'homme à Dieu, comme l'enfant au père.
3S6 tÉGAHTirL41301l.
A mesure que Tâme $e pénètre de ce&MQtUnents divins, les haines nationales s'éteignent, les préjugés s'évanouissent, la civilisa tien s'étend, le grand peuple se fwme, et lerègnede INeu s'avance de 1 .Ucçident à l'Orient.
lie règne de Dieu, c'est le bonheur de Thoaune
dans la vertu.
L'univers y arrivera par l'étude des lois de la nature et par leur comparaison avee les lois humaineSf Études pieuses , qui donneraient à nos enfants la présence continuelle de Dieu; contrôle sublime qui les conduirait a la découverte de toutes les vérités physiques et morales, puisque la vérité n'est que le témoignage que la nature rend de soa auteur. .
Et pour accomplir cette prodigieuse révolutîoo, pour changer les destinées du monde , pour réunir les familles, pour ressouder les nations, que faut-il ? Il faut qu'une génération entière nous arrive avec Tintelligence de ces vérités; il faut qu'un grand peuple les reçoive sur son berceau.
0 femmes 1 si vous pouvies seulement entrevoir quelques unes des merveilles promises à l'innuence maternelle, avec quel noble orgueil vous entreriez dans cette carrière que la nature vous ouvre généreusement depuis tant de siècles i Ce qui n'est au pouvoir d'aucun monarque, d'aucune nation, il vous suflit de le vouloir pour l'exécuter. Seules sur la terre, vous disposées de la génération qui
vient de naître, et seules vous pouvez en réunir les membres dispersés et leur imprimer le même | mouvement. Ce que je n'ai pu mettre que sur ce \ froid papier , vous pouvez le graver dans le cœur de tout un peûpl6« Je vous offre une faible image ) de la vérité, et la vérité elle-même vous pouvez la > léguer au monde* Âh ! lorsque, dans nos prome-* \ nades et dans nos jardins publics, je vois accourir j de toutes parts cette foule bruyante de petits enfants, qui se livrent aux jeux de leur âge, mon cœur i tressaille de joie en songeant qu'ils vous appartien- ; nent encore ! Que chacune de vous travaille seulement au bonheur de son enfant ; dans chaque bonheur particulier, Dieu a placé la promesse du bonheur général. Jeunes filles, jeunes épouses, tendres mères, c'est dans votre flme bien plus que dans les lois du législateur que reposent aujourd'hui l'avenir de l'Europe et les destinées du genre humain !