‹ De l'éducation des mères de familleChapitre 79 sur 116 · DE LA PERFECTIBILITÉ DIT 6B1IRB HUMAIN* LOI MORALE DE LA NATU&E · texte numérisé non relu

DE LA PERFECTIBILITÉ DIT 6B1IRB HUMAIN* LOI MORALE DE LA NATU&E

Oh! la Mie» U noMe dettioëe d'avancer toujours vert la perfection sans janili rencoatrer le terme dé «es progrès I ( Axcil^LOH» de la Destinatioo de rHomme,

Ce n'est pas pour obleoirdes places, ce n'est pas pour acquérir des richesses, ce n'est pas même pour rendre aux catlioliques leurs droits naturels et humatni« bienfait que je demande depuis vingt-cinq ans à Dieu et à la nation; ce n*est pas pour tout cela que je me suis rattaché au non* veau minislère, mais seulement parce qof de quelque côté que se portent mes regaidi, soft vers les Etats civilisés de TEttrope, soit vers le vaste continent de TAméri^iie, soit vers rOriént ou vm l'Oceidenl, psrtout je vois poindre 1 aurore de la liberté l

(Brouoham t Discourt au Pnrlemenl i

Au fond de noire âme repose un sentiment sa*

blime à peine entrevu des moralistes , et qui cependant remue rbumanité : c'est que l'homme »

m LA PERFECTIBILITE UH GENRE HUMAIN. 147

quelles que tment d'ailleurs son ignorance on ses

lumières, ne veut reconnaître qu'à la raison et à la Justice le droit de le dominer* 11 en résulte que les peuples n'obéisscal aux lois les plus dures, aux superstitions les plus extravagantes, que parce qu'ils les croient justes et raisonnables. Sous cette observation si simple viennent se ranger les plus grands événements de l'histoire.

Je dis que le sentiment est sublime , car il témoignoi et cela contre les calomnies des sophistes sur notre amour pour le mensonge ; il témoigne , diS'-je, que nous ne nous attachons à Terreur qu'autant qu'on nous la présente comme lairérité. Trans^ portez-vous au moyeu âge; voyez le peuple courbé devant les nobles, et les nobles, les rois et les peuples courbés devant les moines. Pourquoi cette double abjection? C'est que la supériorité de la race noUe est une conviction du peuple, comme la sainteté des moines est une conviction des nobles et des rois. Tous croient obéir à la justice et à la raison , et c'est pour cela qu'ils obéissent. Hais que Tune des deux puissances, le peuple, par exemple, vienne tout à coup à comprendre son erreur, aussitôt ses chaînes tombent, et, se dépouillant des croyances qui le retenaient /lans l'esclavage , il court chercher cette justice à qui seule il reconnaît le droit de commander. Certes j'avais bien raison d'appeler sublime un sentiment qui maintient la dignité de l'homme jusque sous la verge du despo-

148 » lA nmotoïKiTÉ

tisme^ et qui le rend libre aux praonières lueurs

de la vcrité,

Daos ce seoUment universel j on reconaalt uae loi de la nature , loi contre laquelle Tiennent se briser une à une toutes les superstitions et toutes les législations tyranniques du globe.

Cette loi s'encbaine d'ailleurs merveilleusement avec deux autres lois qui concourent au même bat. Ainsi : *

L'bomme aime la vérité, il y aspire : première loi de la nature.

Hais dans cette recherche il lui faut un guide; ce guide, il le porte arec lui.

L'homme incline toujours vers ce^ qu'il y a de plus beau : seconde loi de la nature.

Enfin ces deux lois sont comme la racine d^une troisième, la loi de perfectibilité, qui emporte tous les peuples d'un même branle, mais non d*QD même mouvement, les uns avant, les autres après, vers l'accomplissement de toutes les lois de la nsture, sous les regards d'un seul Dieu.

Cette loi ne fut découverte que vers la fin du siècle dernier. Condorcet, du fond de son cachot , se hâte de la jeter au monde. La pensée êlait grande, mais il ne fit que Tentrevoir, ou plutôt il la rétrécit au tableau progressif des sciences, laissant au siècle suivant la gloire d'en faire Tapplication providentielle au développement, sur k globe, de la morale et de l'humanité.

Page 1