‹ De l'éducation des sourds-muets de naissance (volume 2)Chapitre 24 sur 84 · Signe de nom commun · texte numérisé non relu

Signe de nom commun

(Institution de Paris). Les yeux regardent fixement l'intérieur de la main qui se présente devant la figure.

Naturel. — (M. Jamet). i°. Faire le premier signe du mot nature. (J^oyez ci-devant, page 246.)

20. Signe d'adjectif ou de nom commun, suivant l'acception de ce mot.

(Institution de Paris). Après avoir fait le signe de Dieu,. la main descend en imitant l'action de donner.

Regretter. — Par une rencontre singulière, le signe du verbe regretter est le même chez M. Jamet et dans l'Institution de Paris.

i°. On joint fortement les mains et on les presse contre le côté droit de la poitrine, tandis que les yeux se portent tristement vers le ciel, du côté gauche;

2°. Mode indéfini.

On y ajoute seulement, dans l'Institution de Paris , le signe de douleur^ en roidissant le poing autour du cœur.

On ne fait pas le signe de mode indéfini.

Se résigner. — (M. Jamet). i°. On baise la main gauche, tandis que la droite fait le signe de Dieu.

(Institution de Paris). On fait le signe de Dieu; puis les deux mains renversées se portent en avant en baissant, et le corps suit ce mouvement en signe de soumission.

Magistrat. — (M. Jamet). i°. La main gauche ouverte s'élève à la hauteur de la tête, la paume en avant,

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tandis que la droite montre , de l'index , cette main qui représente la loi ;

2°. Signe de nom personnel.

(Institution de Paris). L'index droit indique la paume de la main gauche étendue verticalement , pour représenter la loi; puis, les deux mains imitent le mouvement d'une balance , pour signe de juger.

Souverain. — (M. Jamet). 1°. La main gauche se porte sur la garde de l'épée, pendant que la droite, ouverte , s'avance de gauche à droite, horizontalement , et à la hauteur des yeux ;

2°. Signe de nom personnel.

Dans l'Institution de Paris, on retranche seulement ce dernier signe.

Les signes de théologie, dogme , ècïore , sont aussi les mêmes dans le système de M. Jamet, et dans la pratique de l'Institution de Paris, avec la seule différence, que, pour les deux premières expressions, M. Jamet ajoute le signe de l'abstraction que nos sourds-muets suppri* ment, suivant leur usage.

Si l'on prend la peine de rapprocher les exemples que nous venons de présenter dans cette notice, ceux que renferment le chapitre VIII ci-dessus et la note qui y est jointe, de ceux qui composent la première note jointe au chapitre FV de la ire Partie, on aura en quelque sorte l'abrégé d'une histoire entière du langage mimique des sourds-muets j dans toutes les périodes successives de son développement, depuis les premiers signes imaginés isolément par le jeune sourd-muet qui n'a encore reçu aucun secours de l'instruction , ni même entre-

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tenu de commerce avec les enfans atteints de la même infirmité; depuis ceux qui ont été adoptés en commun par ces mêmes enfans, au moment de leur réunion, et ont formé ensuite comme la langue conventionnelle d'un petit peuple de sourds-muets adolescens, jusqu'à ceux qui sont institués plus tard par le concours des instituteurs et des élèves, par la réduction elliptique des descriptions mimiques, jusqu'à ceux enfin qui sont formés par la seule création de l'instituteur, soit dans les signes grammaticaux dés abbés de l'Epée et Sicard , soit dans les signes de rappel de M. l'abbé Jamet.

L'histoire du langage mimique, qui commence aux inspirations naïves, irréfléchies et spontanées de la nature , qui se termine aux combinaisons de l'art guidé par les lumières de la philosophie, offrirait par elle-même un haut degré d'intérêt pour l'étude expérimentale des facultés de l'intelligence humaine, en nous faisant connaître par quelles voies, par quels efforts, la pensée de l'homme tend à se produire , à se déployer au-dehors d'une manière progressive, se frayant passage, et laisse son empreinte sur la matière quelle peut saisir pour y déposer son image. Elle offrirait aussi quelques indices précieux sur les révolutions qu'ont pu subir nos langues conventionnelles.

Note M, page 261.

Nous avons pensé qu'il serait utile de présenter ici à ceux qui possèdent le Syllabaire dactylologique, imprimé, un tableau représentant les élémens de ce syllabaire , d'après la simplification nouvellement introduite par

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l'auteur. Nous regrettons que l'espace nous manque pour indiquer la nature des positions et des mouvemens de la main et des doigts ; on pourra facilement les concevoir.

Consonnes.

Première position.

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