‹ De l'éducation des sourds-muets de naissance (volume 2)Chapitre 3 sur 84 · Suivre une marche analogue pour l'écri- « ture · texte numérisé non relu

Suivre une marche analogue pour l'écri- « ture

9. « Enhardir l'élève à répéter les questions à « son tour, à en former de nouvelles ; exciter l'acte tivité de son intelligence , afin que dans un comte merce mutuel il coopère lui - même avec son « maître au perfectionnement progressif de ses « facultés et de ses connaissances. » (1)

M. Siemon s'est flatté de pouvoir mettre ainsi l'art d'instruire les sourds-muets à la portée des parens qui ont des enfans atteints de cette infirmité. Il assure avoir obtenu lui-même des succès très rapides par cette méthode. M. Beckedorff a vu, en 1825, un élève dont M. Siemon avait, à l'âge de six ans et quelques mois, commencé l'éducation en février 182 5, et qui déjà comprenait parfaitement son maître, qui répondait, parlait avec netteté à celui-ci ; dont le jugement paraissait

(1) Voyez X Annuaire , etc., pages 108 à 11 5.

aussi formé, le cercle d'idées aussi étendu, que le comportait la capacité d'un enfant de son âge.

Pendant que divers auteurs recommandaient ainsi l'art qui a pour objet de restituer au sourdmuet une prononciation mécanique, d'autres exposaient et perfectionnaient encore les règles de cet art. Tel a été, en particulier, l'objet des travaux de M. Sensé (i). Mais nul n'a porté dans ces recherches plus de profondeur que M. le baron de Rempelen , dont les machines parlantes ont été connues en France dans le temps, et y ont excité une vive curiosité. Les sourds - muets n'étaient point l'objet spécial et direct des travaux de M. de Kempelen; cependant il s'est aussi occupé d'eux, et surtout ils en ont recueilli, ils en peuvent recueillir encore le fruit avec avantage. Son traité sur le Mécanisme de la Parole (2) embrasse dans toute son étendue cet important sujet. Il remonte même à l'origine du langage : avec Adelug, Herder, et le lord Monboddo, il regarde comme démontré que le langage est d'invention humaine , qu'il ne peut même avoir une autre source : la formation du langage mimique, chez le sourd-muet , lui prouve qu'il est possible aux

(i) Versuch einer anleitung zum sprach-unterricht Tauh- Stummen personen. Leipsig, 1793.

(a) Mecanùmus der Menschlichen sprache , etc. Vont, K. K. Hofrath H. TVolfgang von Kempelen. Vienne, 1791-

hommes de se concerter pour créer entre eux des moyens de communication , et les développer indéfiniment, (i)

M. de Rempelen, en observant les signes mimiques employés par les sourds-muets, a fort bien remarqué comment ceux de ces signes qui sont réellement naturels , s'étendent par l'analogie \ et donnent naissance à un système artificiel ; comment ce système de signes , en se développant progressivement ,*peut rivaliser de richesse avec nos langues, en imiter les formes, et exprimer, comme elles , l'ordre tout entier des notions abstraites ; mais qu'alors aussi il prend progressivement un caractère conventionnel. L'auteur du Mécanisme de la Parole avait visité, en 1783, l'Institut dirigé à Paris par l'abbé de l'Epée; il avait distingué avec sagacité les deux genres de signes employés dans l'enseignement, par les élèves et par l'instituteur, l'un fondé sur l'imitation, et qui se comprend de lui-même, l'autre fondé sur les conventions , espèce de langue savante dont il n'avait pu comprendre les valeurs. (2)

Les recherches faites par M. de Kempelen sur

(1) Mecanismus der Menschlichen sprache, etc., 2e Partie, pages 17, 28 et suiv.

(2) Ibid. , itc Partie, §,9 et suiv., page 16.

l'anatomie des diverses parties de l'organe vocal , et les fonctions que remplit chacune d'elles ont, aux yeux des juges compétens , un rare mérite d'exactitude , et leur exposition ne laisse rien à désirer sous le rapport de la précision et de la méthode (i). Cette description anatomique sert de base à celle des phénomènes qui se produisent dans l'organe vocal, par les diverses opérations de la parole (2). C'est à cette source que les instituteurs de sourds -muets peuvent aller puiser les indications les plus sûres et les plus complètes pour l'enseignement de la parole artificielle; c'est là, en effet, que quelques uns des instituteurs les plus distingués de l'Allemagne vont étudier cette branche de leur art, et l'expérience leur a donné lieu de s'en applaudir (3). M. de Rempelen a réduit à un simple alphabet général les alphabets particuliers de toutes les langues. Il n'a négligé aucune des circonstances qui concourent à l'émission du son ou à la formation de l'articulation qui correspondent à chaque lettre,

(1) Mecanismus der Menschlichen sprache, etc., 3e Partie, page 5g.

(2) lbid., 4e Partie, page 178.

(3) Voyez en particulier le témoignage de M. Venus, qui s'est servi pendant trente ans de ce mécanisme. ( Methodenbuch oder anleitung zum unterrichte der Taub — Stummen , page 145.)

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et il a eu soin d'accompagner ces descriptions détaillées par des gravures explicatives (1). Il combat et détruit plusieurs des descriptions que Van Helmont avait appelées à l'appui de son hypothèse, ou plutôt qu'il avait imaginées pour la justifier, et fait voir que, pour retrouver, dans la forme des caractères hébraïques, la peinture des positions et des mouvemens qui ont lieu dans l'organe vocal , en prononçant les lettres qui correspondent à ces caracfères, Van Helmont a été induit à dénaturer entièrement ces conditions mécaniques de la parole. (2)

Il est difficile d'imaginer quelque chose de plus curieux que les machines exécutées par M. de Rempelen, pour imiter la voix humaine dans toute la variété des sons qu'elle enfante (3). L'inventeur n'a garde de prétendre que cette imitation soit parfaite ; il en signale au contraire l'insuffisance ; mais , au mérite du résultat , cette combinaison joint celui d'une extrême simplicité. Il raconte lui-même comment il fut conduit à cette décou-

(1) L'ouvrage de M. de Kempelen est devenu d'ailleurs déjà fort rare , même en Allemagne. Nous désirerions qu'il fût traduit en français , du moins par extrait. En attendant, nous offrirons ici le sommaire des règles qu'il donne à l'art de parler. ( Voir la note G, à la fin de ce Chapitre. )

(2) Voyez l'ouvrage déjà cité , 3e Partie, §. 80, page i43.

(3) Ibid,, 5e Partie, page 38g.

verte (i). Elle peut, si les modèles en étaient exécutés, éclairer, mieux encore que les gravures, dans l'art de guider l'organe vocal pour l'émission de la parole , lorsque l'ouïe ne peut lui servir d'institutrice naturelle.

Le système des signes méthodiques fut transporté en Allemagne par l'un des disciples de l'abbé de l'Épée , par l'abbé Storck , auquel l'empereur Joseph II , en fondant à Vienne un Institut pour les sourds-muets , confia la direction de cet établissement. L'abbé Storck , apologiste et propagateur de la méthode qu'il avait vu employer à Paris par notre respectable maître , l'appliqua avec une fidélité trop rigoureuse (2). M. Jh. May, après lui, commença, en suivant les mêmes indices, à modifier cependant les traditions qu'il avait reçues (3) ; il simplifia surtout la formation des signes mimiques , et obtint ainsi une amélioration très remar-

(1) M. de Kempelen avait déjà exécuté, en 1769, un célèbre automate qui jouait aux échecs. M. le professeur Kratzenstein avait inventé et exécuté un orgue qui imitait seulement les sons émis par les voyelles , et avait obtenu le prix au concours ouvert sur ce sujet par l'Académie impériale de Pétersboiirg, en 1780. — ( Voyez l'ouvrage ci-dessus cité, 4e Partie, §. 110, page 198.)

(2) Anleitung zum unterricht der Taub-Stummen, nach der Lehrart der H. abbé de l'Epée, etc. Vienne, 1786.

(3) Son ouvrage porte le même titre que celui de l'abbé Storck. Vienne, 1794.

5o DE L'ÉDUCATION

quable ; il y joignit aussi l'emploi de l'articulation mécanique. M. Venus , successeur de ces deux instituteurs, continuant et complétant leur ouvrage, l'a mis en même temps à la portée de tous ceux qui s'occupent de l'éducation des sourds-muets. Il avait déjà préludé , par quelques écrits sur l'Institut qu'il dirige , sur l'art qu'il exerce , lorsqu'il a publié dernièrement sa Méthode (i), traité qui embrasse, dans tous ses détails et sous tous ses aspects, la condition^ du sourd-muet, tant sous le rapport de son infirmité physique, que sous celui de son infériorité morale , les causes dont elles résultent, les remèdes qu'elles peuvent recevoir. Ce traité est divisé en deux parties : l'une , théorique ; l'autre , pratique. La première est fort succincte , renferme peu de vues neuves , mais du moins ne contient généralement que des vues justes et sages. La seconde est fort développée; elle peut être considérée comme un véritable manuel dans lequel aucun des procédés de l'art n'est omis , où tous sont décrits avec clarté et dans leurs moindres circonstances , où les méthodes accessoires elles-mêmes sont exposées avec le même soin.

M. Venus acquitte envers la mémoire de l'abbé de l'Épée un juste tribut de reconnaissance (2); mais,

(i) Methodenbuch oder anleitung zum unterricht der Taub-Stummen ; par Michel Venus. Vienne, 1826. (2) Voyez l'ouvrage cité ci-dessus, page 3r.

DES SOURDS-MUETS. PA.RT. II, CHAP. XI. 5l

en donnant à la méthode de ce vénérable instituteur les éloges qui lui sont dus , il l'a tellement perfectionnée, qu'elle ne présente plus de lacunes, et il a tellement combiné aussi le système des signes méthodiques avec les autres procédés connus, que sa manière de procéder est comme une sorte d'alliance entre tous les systèmes.

La formation des signes mimiques , leur classification , leur emploi , ont été l'un des principaux objets des études de M. Venus; il les distingue alors qu'ils résident ou seulement sur la physionomie, ou dans le mouvement des bras et des mains , ou dans l'attitude entière du corps ; il marque avec discernement leur transformation de signes naturels en signes artificiels ; il recommande de choisir les signes de telle manière , qu'ils expriment fidèlement celles des conditions inhérentes à chaque objet, propres à sa nature, qui peuvent être puisées dans la forme , le contour, les couleurs, le mouvement ; en sorte que les signes soient toujours déterminés , significatifs, clairs et exacts. Les signes développés par l'art peuvent , à ses yeux , remplacer jusqu'à un certain point la parole , servir à expliquer et à rendre sensibles toutes les idées et même les notions placées au-dessus des sens, en les décomposant par l'analyse (i). Il a adopté , comme l'instituteur de Paris , l'emploi des

(i) Voyez l'ouvrage cité ci-dessus, pages 27, 29, 67, 36/t.

signes grammaticaux; comme lui, il y combine les indications alphabétiques avec des gestes à peu près arbitraires. Il étend même ce système à l'ordre entier des prépositions (i); mais, en se gardant toutefois de ne fonder que sur une imitation toute mécanique l'enseignement des règles de la grammaire. Quelle que soit, au reste, la haute estime qu'il professe pour les signes mimiques artificiels ; quoiqu'il en fasse un usage constant dans l'interprétation des valeurs de laf langue; quoiqu'il les introduise ainsi comme un moyen de traduction entre les idées et les termes de nos langues , loin de se renfermer exclusivement dans cette classe d'instrumens, de croire que la pantomime, jointe à l'écriture, suffise au sourd-muet, il déclare et s'attache à prouver que l'articulation artificielle et l'alphabet labial sont indispensables dans l'éducation de ce genre d'élèves. Les idées lui paraissent manquer de fixité et de stabilité, lorsqu'elles ne sont associées qu'aux signes mimiques ; il ne croit pas que l'esprit puisse penser avec le secours des mots écrits , en l'absence du papier où ils sont tracés. Le sourdmuet ne trouve, suivant lui, dans l'écriture, qu'un moyen trop lent pour son instruction et pour les opérations de sa pensée, trop lent aussi et d'un emploi trop rare , pour le commerce avec les autres hommes. Il suppose que cette espèce de tact

(i) Voyez l'ouvrage cité ci-dessus , pages i34 et suiv.

produit par l'ébranlement qu'occasionne dans l'organe vocal le jeu de la parole artificielle , en s'associant aux idées, donne plus de rapidité aux mouvemens de l'esprit. L'expérience l'a convaincu que la marche de l'enseignement est plus prompte, quand il s'appuie sur la parole artificielle , et il en conclut que ce langage imprime plus fortement les idées dans l'intelligence. Non seulement la parole artificielle est, à ses yeux, un système de signes mieux déterminé et plus sûr que le langage mimique , plus rapide que l'écriture , plus favorable au commerce social , plus propre à faire impression sur les autres hommes; mais il estime que cet exercice est même utile à la santé du sourdmuet; il remarque enfin que la parole artificielle aide , rectifie le travail de l'écriture , fortifie dans la mémoire les valeurs attachées aux mots écrits (i). Toutefois , il conseille d'attendre, pour faire commencer à l'élève ces expériences de l'organe vocal, que celui-ci ait déjà acquis, parles signes artificiels, par l'écriture et la lecture , un certain degré de développement et d'habileté (2).

L'estimable instituteur de Vienne a donc étudié avec une grande attention le mécanisme de la voix humaine , tracé les modes de formation pour tous

(i) Voyez l'ouvrage cité ci-dessus, pages 32 , 33, i4p- (2) Ibid., page i5i.

les élémens de la parole (i). Il a également indiqué les règles qui peuvent guider dans cet art que nous avons appelé Y alphabet labial, et qui consiste à lire sur les lèvres d'autrui (2). Mais il n'a dissimulé aucune des difficultés qu'on rencontre, en voulant communiquer ces deux instrumens au sourd-muet avec toute la perfection désirable. Il a même eu la patience de tracer, dans le plus grand détail, tous les préceptes relatifs à l'enseignement de l'écriture. (3)

L'étude de la langue commence, pour le sourdmuet sous la direction de M. Venus , par les nomenclatures; du moins a-t-il soin de restreindre dans d'étroites limites la série des noms enseignés à l'élève, encore isolés de toute proposition, de toute qualification. Elle comprend, dans l'ordre suivant, les noms des différentes parties du corps, ceux des alimens, ceux des meubles, des ustensiles, ceux des objets qui appartiennent à l'école, ceux des divers genres d'animaux, ceux des plantes. Il passe ensuite à la terre, à l'air, au temps, à la société humaine. Il réunit ces noms par groupes

(1) Voyez l'ouvragé cité ci-dessus , pages 144 > *54-

(2) Ibid, pages 34 , 175.

(3) Ibid. , pages 197 à 25o. = On regrette que l'étendue donnée par M. Venus à cet exercice préparatoire, lui ait laissé trop peu d'espace pour développer la partie philosophique de l'instruction du sourd-muet.

ou familles; il décompose le tout en ses parties, et place les espèces sous les genres (i). C'est par la dénomination des couleurs qu'il fait débuter son élève dans la nomenclature des qualités; il passe ensuite à celles des sensations du goût, puis à celles des formes , à celles du tact , à celles du sens intérieur, etc. (2). Alors, l'élève s'essaie à former de petites propositions ; les verbes se présentent dans un ordre correspondant à celui des fonctions des sens, classés toujours suivant la facilité que l'élève trouve à observer celles-ci. C'est par des interrogations, et par l'affirmation ou la négation données en réponse, que la proposition se construit (3). C'est par un choix d'exemples judicieusement conçus et répétés, de manière à circonscrire les idées et à confirmer les habitudes, que se démontrent les valeurs de la langue. L'intelligence d'un mot nouveau placé dans une proposition dont toutes les autres expressions sont connues, se révèle à peu près comme le terme d'une proportion en arithmétique. Des questions fréquemment renouvelées fournissent le moyen de vérifier si l'élève a bien compris, et l'appellent à opérer par lui-même (4). M. Yenus indique, dans une suite de

(1) Voyez l'ouvrage cité ci-dessus , pages 658 et suiv.

(2) lbid., pages 77 et suiv.

(3) lbid. , page 8 1 .

(4) lbid., pages 84 à i3o.

tableaux , la progression des exercices de lecture , depuis la simple reconnaissance des lettres et des syllabes, jusqu'à la formation de petites phrases, telles que des prières à sa portée, (i)

La condition spéciale au sourd-muet, qui consiste à ne pouvoir apprendre que sous la direction d'un maître et par les règles de l'art , cette même langue que les enfans ordinaires apprennent sans s'en douter, a été bien appréciée par M. Venus; il a su en déduire les conséquences; mais il nous étonne lorsqu'en déterminant d'ailleurs avec sagacité la nécessité des langues artificielles pour le développement de l'intelligence, il va jusqu'à refuser au sourd -muet la faculté de former des jugemens, d'en tirer des conclusions, par la seule raison « que le sourd-muet est privé , dit-il , « des conjonctions et des autres particules qui ser- « vent de lien à la phrase. » (2)

Le dessin est employé, par M. Venus, comme un instrument tellement essentiel dans l'enseignement relatif au sourd-muet , que chaque maître doit être exercé dans cet art, pour reproduire au besoin l'image des objets absens (3). Il considère aussi le dessin comme une étude indispensable à l'élève ; il le faif entrer dans son plan comme

(1) Voyez l'ouvrage cité ci-dessus , pages 180 à 197.

(2) Ibid., pages 26, i43.

(3) Ibid, pages 67, a5i.

un exercice général , comme une préparation fondamentale à la profession industrielle que le sourd -muet doit un jour embrasser (i). Il accorde la même importance aux études élémentaires du calcul. Il attend de ces travaux, et de ceux du calcul spécialement, de salutaires influences sur les progrès intellectuels de l'élève : car ils l'accoutument à comparer, à combiner, à analyser ; ils lui donnent un coup d'œil juste ; ils fixent l'attention , ils donnent de la précision à ses expressions , de l'exactitude à ses idées ; ils fortifient sa raison (2). Mais le sourd-muet ne doit point apprendre le dessin et le calcul par les méthodes ordinaires. M. Venus a pris soin de tracer celles qu'il croit opportun de leur faire suivre. Le dessin linéaire lui sert d'introduction dans la première de ces deux études ; il fonde l'autre sur l'intuition (3). L'enseignement religieux couronne ce plan, bien ordonné dans ses parties, et satisfaisant à tous égards. L'instituteur de Vienne s'attache à développer le sentiment du bien , du juste et de l'injuste ; les affections généreuses, la reconnaissance, la confiance. « Les « notions morales, dit -il, sont la préparation à « l'enseignement religieux , ou plutôt en forment

(1) Voyez l'ouvrage cité ci-dessus, page 253.

(2) Ibid., page 261.

(3) Ibid., pages 254, 2^3.

58 DE L'ÉDUCATIOiV

« une partie essentielle, (i) » Il a consacré aussi l'un de ses Chapitres à marquer les qualités nécessaires à ceux qui se chargent de l'éducation des sourdsmuets (2). Ses propres exemples sont le commentaire de ce Chapitre. *

L'expérience a fait reconnaître à M. Venus toute l'utilité des secours que les sourds-muets peuvent se prêter les uns aux autres dans le cours de leur éducation, par une sorte d'enseignement mutuel; secours que l'instituteurcloit s'empresser de mettre à profit. Mais il va' jusqu'à déclarer que les sourdsmuets ne peuvent recevoir l'éducation convenable que dans un institut où ils soient réunis ; il ne pense pas que la maison paternelle puisse jamais leur offrir l'instruction et le régime qui leur sont nécessaires. Il fixe à six ans l'âge auquel leur éducation peut commencer ; mais , comme à cet âge ils sont encore dans le cas de recevoir des soins physiques qui leur sont mieux donnés au sein de leur famille, il conseille d'attendre un peu plus tard pour les appeler dans les établissemens publics : c'est de neuf à onze ans , suivant M. Venus , qu'ils y profiteront davantage. (3)

(1) Voyez l'ouvrage cité ci-dessus, pages 36 1, 363.

(2) Ibid., page 40.

(3) Ibid., page 46.

DES SOURDS-MUETS. PART. II , CHAP. XT. 5f)

Note G, page 48.

Extrait du mécanisme de la parole, par M. de Kempeleru

Nous avons pensé qu'il pourrait être utile aux instituteurs français de trouver ici le résumé des conditions que M. de Kerapelen assigne à la formation de chaque lettre, et de pouvoir le comparer à Y Art de Parier, de l'abbé de l'Épée.

L'alphabet auquel s'applique l'exposé qui suit est celui que M. de Kempelen a conçu comme pouvant représenter les alphabets de toutes les langues.

Positions de V appareil vocal pour la formation des lettres.

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