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6io de l'éducation
l'éducation physique avec la culture des facultés intellectuelles et morales. Le travail est aussi pour l'homme une éducation salutaire; il enseigne à se captiver, à s'appliquer, à se contraindre , à se rendre utile ; il fixe l'attention , apprend à régler les mouvemens, à se proposer un but, à suivre un plan, à observer des proportions , une mesure ; il exerce à la patience , à la persévérance; il renferme même de plus hautes leçons, quand on sait les comprendre ; il rappelle à l'homme la destinée qui lui a été marquée sur la terre.
Nous ne partageons donc point l'opinion de quelques instituteurs qui désireraient réserver exclusivement toutes les heures du sourd-muet pour les leçons qui s'adressent à l'intelligence. Nous sommes persuadé du moins qu'il est indispensable de préparer, de très bonne heure et sans relâche, aux habitudes du travail manuel, les enfans sourds-muets qui sont appelés aux conditions de la société pour lesquelles le travail est l'occupation ordinaire de la vie. Mais nous estimons en même temps que le travail peut et doit être élevé à la dignité d'une véritable éducation.
Le choix du genre de travail n'est point indifférent d'ailleurs pour le sourd-muet. Outre qu'il est certains genres d'occupations qui remplissent mieux le but que nous venons d'indiquer, il en est aussi qui conviennent spécialement au sourd-muet , comme il en est d'autres qui lui sont peu favorables. Par
une heureuse compensation , il retrouve dans les premières les avantages qu'il perdrait dans les secondes. Il réussira mal dans l'espèce de métiers ou de professions qui exigent des communications habituelles, promptes et faciles; mais il excellera dans tout ce qui demande le coup d'œil , la pénétration du regard , la précision , l'adresse de la main , l'exactitude de l'imitation. Il excellera précisément dans le genre de travaux manuels qui, par leur nature , sont les plus propres à favoriser la culture de l'attention , et qui ont le plus d'harmonie avec l'étude.
Dans la plupart des Instituts de sourds-muets, on a cru pouvoir attacher les professeurs à une classe fixe, d'une manière permanente, comme on le fait dans les collèges et dans les facultés académiques. C'est une grave erreur, du moins si, comme on doit le supposer, les professeurs ont la capacité qu'exigent leurs fonctions. Les soins que les sourds -muets réclament dans ces Instituts , constituent essentiellement une éducation , comme nous ne nous lasserons point de le répéter ; l'instruction n'y est qu'une branche , une conséquence de l'éducation. Or, l'éducation du sourd-muet demande à être continuée par celui qui l'a entreprise, qui a commencé d'étudier les dispositions et le caractère de son élève, qui a obtenu son affection et sa confiance. D'ailleurs , les classes ici ne se distinguent point par des limites. rigoureuses.
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A mesure que l'enseignement sera plus parfait, la coordination se trouvant plus étroite , les limites deviendront encore moins saillantes. Par la même raison , et tout le mérite du système étant dans la connexion et la méthode qui y président, les maîtres également ne peuvent bien concevoir une partie quelconque de l'enseignement, s'ils n'en possèdent l'ensemble ; il est indispensable qu'ils en parcourent successivement toute l'échelle, pour qu'ils puissent bien en occuper un degré quel qu'il soit. Que chaque i»stituteur conduise donc jusqu'au terme de l'instruction les élèves qui lui ont été confiés à leur arrivée ; qu'après les avoir adoptés d'abord il ne les abandonne plus : c'est la condition nécessaire pour que l'un devienne capable de bien enseigner, et que les autres fassent les progrès les plus rapides, (i)
C'est encore une idée fausse, que celle qu'on a eue dans quelques établissemens , d'établir une distinction entre les personnes chargées de l'in-
(i) On nous objectera peut-être la crainte de blesser les prétentions et l'amour-propre de quelques maîtres : si on s'arrêtait devant de pareilles considérations, il serait inutile de s'occuper du perfectionnement de l'art. Au reste , les maîtres qui annoncent le plus de prétentions, sont rarement les plus capables et les plus dignes. Mais , le mouvement continu que nous recommandons aura au contraire l'avantage d'entretenir entre les instituteurs une salutaire émulation.
struction des sourds-muets et celles auxquelles est confié le soin de les surveiller pendant leurs jeux, promenades et autres exercices. Ces deux fonctions sont de même ordre, tendent au même but, se lient étroitement entre elles. La seconde n'est encore qu'une continuation de la première; elle appartient plus étroitement à l'éducation proprement dite; elle n'en a pas moins d'importance. C'est là surtout qu'on parvient à connaître le caractère des enfans, qu'on peut obtenir leur affection et leur confiance, par des rapports plus intimes ; c'est là qu'on peut leur faire observer les scènes de la nature et de la vie réelle. Il convient donc, ou que les maîtres alternent dans l'exercice de ces deux fonctions , ou que du moins ceux qui les remplissent, animés du même esprit, préparés par les mêmes études , placés sur la même ligne , se concertent pour les exercer, et mettent en commun l'expérience qu'ils y recueillent.
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