DES SOURDS-MUETS. — CONCLUSION. 6G
« le fondateur en 1819, après avoir fait reconnaître ses « connaissances suffisantes par plusieurs sociétés sa- « vantes et par M. le recteur de l'Académie d'Aix, sur « la présentation de plusieurs élèves qu'il avait instruits. « L'autorisation lui fut accordée de la part de M. le pré- « fet des Bouches-du-Rhône, ensuite de l'approbation « donnée par S. Exe. le ministre de l'intérieur, qui s'était « assuré à cet égard du vœu des autorités locales et du '<■ conseil général du département en faveur de cette « institution. Ce même conseil, témoin des succès pro- « gressifs de l'instituteur, a voté, en plusieurs sessions, « des bourses qui sont aujourd'hui au nombre de douze, « non compris une somme appliquée à diverses dé- « penses accidentelles.
« Cet établissement compte actuellement 2 3 élèves « pensionnaires, dont i5 garçons et 8 filles. Le nombre « des externes est variable , et M. Bernard reçoit gratui- « tement tous les sourds-muets qui viennent demander « ses leçons. Le local est divisé de manière à ce qu'il ne « puisse résulter aucun inconvénient du voisinage des « élèves des deux sexes.
« Le mode d'enseignement est, quant à l'ordre des « matières, celui qui a été recommandé par M. l'abbé « Sicard. Quant aux moyens de transmettre l'instruc- « tion , M. Bernard paraît persuadé qu'ils doivent s'adap- « ter aux dispositions du sujet , et que plus un institu- « teur est fertile en expédiens, mieux il peut réussir avec « des enfans , dont il a reconnu que la conception exige « de la variété dans les procédés de l'enseignement.
« Depuis l'établissement de cette école, douze élèves « ont été mis à même de faire leur première commu- « nion avec fruit, et plusieurs autres y seront bientôt
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« préparés. Six en sont sortis en état d'exercer un mé- « tier, et un autre est devenu habile peintre.
« Les filles sont instruites dans les ouvrages manuels « convenables à leur sexe , et dans la connaissance des « détails domestiques.
« Enfin, l'institution des sourds-muets dirigée par « M. Bernard peut être regardée comme un des établis- « semens auxquels le département des Bouches- duce Rhône attache le plus d'intérêt. »
La même charité qui a inspiré l'abbé de l'Epée, qui anime à Rouen M. l'abbé Huby, avait aussi conduit M. l'abbé Dubourg à entreprendre l'éducation de quelques sourds-muets à Toulouse, et lé succès récompensait son zèle , lorsqu'il a été appelé à l'évêché de Limoges. Aujourd'hui, il se forme, à Toulouse, un institut de sourds-muets qui paraît être, comme plusieurs de ceux que nous avons cités, départemental et communal; il est dirigé par M. l'abbé Chazotte, d'après la méthode de l'Institut royal de Paris, où M. l'abbé Chazotte l'a étudiée.
Ainsi les établissemens de ce genre qui existent en France, s'élèvent ou s'élèveront bientôt à vingt environ, et forment à eux seuls plus du quart de ceux qui existent dans le monde entier. Il est honorable pour noire patrie d'occuper le premier rang dans ces créations, sous le rapport du nombre des instituts; ne négligeons rien pour occuper aussi le rang qui nous convient, relativement au caractère de ces mêmes instituts, et au perfectionnement de l'art bienfaisant , de l'art sacré ( cette expression nous est permise ) , qui y est mis en pratique !