ACTE II. SCÈNE X
L'INFANTE
Liées avec moi dès l’enfance , placées près de moi pour être ma société , mes amies , c’est vous qui avez pu me méconnaître à un tel point! C’est vous qui avez pu croire que la mort d’un oiseau me ferait rompre les nœuds si doux de l’amitié ! Ah ! voilà l’offense réelle , voilà celle qui déchire mon cœur.
DONA MENCIA
Quoi! ce sont les seuls reproches que vous nous faites, madame?
L’INFANTE
Ils sont plus graves que ceux qu’auraient mérités la légèreté et le manque de soin. Vous avez déchiré mon cœur en me prouvant que les grands sont trop mal jugés pour être jamais aimés pour eux-mêmes : voilà mon malheur. Vous ne nous supposez ni vraie sensibilité , ni constance dans nos attachemens , et les préventions des courtisans ont dû souvent créer les torts des souverains.
DONA NIEVES
Notre étourderie nous a fait commettre une grande faute : votre bonté nous rend inexcusables.
L’INFANTE
Venez m’embrasser, et faites-moi surtout oublier par votre confiance à quel point affligeant vous me l’aviez refusée.
DONA JACINTUA.
Léonora , baisez la main de l’infante ; admirez sa bonté , et sachez vous en rendre digne.
C1.*infan(e 1 emlaasic. )
LE PERROQIET.