I.AD.Y DAWEÎU'ORT
Il n’est pas commun de voir des jeunes filles aussi complètement mal élevées. Mon frère ne les voit que des instans; et, au milieu du cercle nombreux qu’il rassemble toujours chez lui, il n’a ni le temps ni les occasions de juger leurs défauts; il croit les rendre heureuses en prévenant leurs moindres désirs , et je frémis en pensant à l’avenir qui les attend : elles ne jouiront jamais ni de l’estime de leur mari, ni du respect de leurs enfans, ni de l’amour de leurs inférieurs, et n’auront aucune considération dans le monde.
CAROLINE
Maman , vous nous affligez sur le sort de nos cousines , car , malgré leurs torts et leurs moqueries perpétuelles , nous les aimons sincèrement. Ne pourriez-vous pas essayer de les ramener ü la connaissance, à l’amour de leurs devoirs? Vous avez tant d’esprit , tant de douceur, une manière si touchante , si persuasive de faire entendre la raison , de la faire chérir!
LAUY UAWENPORT.
Votre désir est honnête et plein de sensibilité , ma chère Caroline ; mais tout ce qui vous touche et vous intéresse dans les avis, dans les réflexions que je vous fais souvent , ne serait pas même entendu par vos cousines. Je les ennuierais sans les changer; et qui sait .si j’obtiendrais, même dans leur maintien , cette décence extérieure que j’ai droit