IV. — Hbsse-Électorale
Un règlement du 29 novembre 1823, encore aujourd'hui en vigueur, détermine le rôle que le gouvernement hessois assigne au pasteur, dans chaque paroisse* :
f. Afwœiivmg fur die Pfarrer in AusUhung der ihnen rUcksichtlich der Sckulen ihirer Pfarreien obiiegendm Fftichten.
« Le pasteor a la direction {die Lettung) de l*éeole. Cette direction est une partie essentielle de sa haute mission. — Il est l'inspecteur local des écoles placées dans le cercle de sa juridiction, et exerce sur elles la sarveiliance la plus immédiatcî les instituteurs ont en lui leur chef le plus direct (art. 1^).
« C'est'bu pasteur qif il appartient de veiller avec un soin sévère, à ce que tous les enfants en âge d'aller à Técole la fréquentent en effet (art. 3).
c Ce n'est qu'avec la permission du pasteur que l'instituteur, en dehors des jours fiiés» peut s'absenter de l'école (art. 4).
c Lé pasteur doit tenir les yeux ouverts sur la conduite de l'instituteur et sur la manière dont il remplit ses fonctions; l'avertir quand il est en faute; et, si cet avertissement demeure sans effets , le signaler à l'inspecteur supérieur (art. 5) i.
c Le pasteur doit prendre une connaissance suffisante de la méthode employée par l'instituteur, travailler aux améliorations qu'elle comporte, aider lui-même le maître dans la dispensalion de l'enseignement, aussi longtemps et aussi souvent qu'il est nécessaire (art. 7) «.
ce À la fin de chaque semestre , a lieu l'examen public au-
1. Il est regrettable de voir la législation hessoise autoriser, en voulant en prévenir Tabusjes punitions corporelles. L'art. 6 de la présente ordonnance charge le pasteur de veiller « à ce que les punitions corporelles, au cas ou il serait indispensable d'y recourir (wenn sie unvenneidlich sein sollten), soient administrées de telle sorte que la santé des enfants n'en souffre pas, et qu'elles soient appropriées à leur but ». Le législateur luthérien de la Hesse eût mieux fait de se souvenir des paroles de Luther qoe nous avons citées plus haut (chap. P'; V* partie). Un règlement de 1S39, pour la régence de Fulda, s'occupe encore des punitions corporelles et du fouet,
2. L'ordonnance ajoute différentes prescriptions sur le rôle pédagogique du pasteur. J'explique dans la section suivante comment ce rôle peut être imposé aux ministres ecclésiastiques avec proGt pour l'école, et par quelles études spéciales ils se mettent en état de le remplir.
qoel le pasleor doit assister. A cette époque aussi se font les examens religieux prescrits pat- décision de F Ober-Schtilraths . » — (10 octobre i817. — Art. H
Pour assurer au représentant de l'autorité religieuse une influence décisive dans Téducation, pouvait-on» de tels fon* déments posés, attendre davantage de l'initiative de TÉtat?
L'ensemble des dispositions que je viens de citer a été confirmé par des actes récents de la puissance publique^ Au~ jourd'hni, plus que jamais, le respect des principes traditionnels préside, sous la haute impulsion du président du Conseil, ministre de Tintérieur, et sous la direction immédiate de M. le conseiller Vilmar, à la discipline morale de Técole. C'est M. Vilmar qui a écrit les lignes suivantes, et ces lignes sont la profession de foi du gouvernement de la Hesse-ÉIec* torale, en matière d'instruction publique :
tf La pédagogie et l'école, dans ces derniers temps, ont prétendu briser leurs anciennes racines pour se constituer une vie propre et indépendante; la pédagogie a voulu n'exister que pour soi , et l'école, comme on a dit, s'émanciper de rÉglise.... — Qu'en est-il résulté? que dans les choses qui agissent directement sur la vie de Tindividu pour la rattacher à la vie de la nation , et surtout dans les choses de la croyance (in den Sachen des Glaubens) au réveil de laquelle le monde s'émeut aujourd'hui, dans toutes ces choses se révèle une ignorance grossière et une déplorable faiblesse. Cette faiblesse est l'une des plaies saignantes de notre siècle 3. »
1. Entre autres, un règlement du 30 juillet 1850, relatif aux dispositions requises des candidats aux places d'instituteurs; différentes circulaires des régences, spécialenoent de la régence de Rintcln.
Je dois la communication de ces documents à la bienveillante obligeance de M. Vilmar, directeur de la section d'instruction publique au ministère de Tintérieur.
î. Schulreden Uber Fragen der Zeit, von Vilmar. —Marburg, 1852. — C.XVI.
74 stcoRM fintt.