‹ De l'éducation populaire dans l'Allemagne du nord et de ses rapports avecChapitre 3 sur 104 · PREFACE. IX · texte numérisé non relu

PREFACE. IX

catholiques? Et s'il fallait reconnaître que trop souvent, dans la patrie de Hegel, renseignement populaire, depuis un demi-siècle, est sorti des voies de la tradition religieuse et du bon sens, à quelles causes attribuer la déviation dont nous étions amené à signaler les effets?

Ici, nous devions interroger les trois puissances qui portent la responsabilité du gouvernement des intelligences : nous avions à déterminer le rôle de TËtat, le rôle de FÊglise et le rôle de cette science qui, au delà du Rhin, forme une branche spéciale de la philosophie , qui constitue une autorité indépendante, et avec laquelle il faut compter, la science pédagogique.

Les révolutions qui sont le châtiment sont aussi la leçon des peuples. Pendant qu'un examen attentif nous révélait la profondeur de l'abîme qu'avait creusé sous les pas de la société allemande une propagande redoutable, nous constations, dans les idées comme dans les faits, les signes certains d'une réaction salutaire. A rencontre des efforts persistants d'un ennemi qui ne s'endort pas, nous voyions laCommune,rÉglise, l'État, s'unir dans une sorte de ligue du bien public pour reconquérir le terrain perdu. Nous saisissions les témoignages de celte renaissance (Wiedergeburi)^ dans le langage des hommes d'état, dans les actes de la haute administration , dans les réformes poursuivies avec persistance. Ces réformes, nous devions les exposer, en indiquer le principe et le but; après quoi, il nous restait à faire l'application de nos éludes, à

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mettre en relief les amëliorations que peuvent, selon nous, provoquer, dans notre système d'enseignement populaire, la critique des expériences accomplies et l'observation consciencieuse des résultats. -

Tel est l'enchaînement des idées qui ont dirigé nos investigations pendant un voyage de quatre mois au delà du Rhin; tel a été aussi le plan de notre livre.

Un écrivain distingué* a éclairé d'une vive lumière les théories malsaines qui avaient cours dans les hautes sphères de l'Allemagne lettrée avant 1848. Nous avons essayé de montrer ces théories non plus à rétat de rêves dans le cabinet des penseurs, mais à l'état de forces destructives dans le domaine des faits; comme le voulait M. de Schelling, nous avons vérifie ce que portait le nuage^ après qu'il avait éclaté.

Dans nos études sur l'Angleterre, une pensée principale nous préoccupait : nous voulions indiquer les liens qui rattachent l'enseignement populaire aux questions du paupérisme. Nous envisageons aujourd'hui l'instruction primaire dans ses rapports avec l'état moral d'un peuple; nous cherchons dans l'école les faits qui témoignent de la vie religieuse et philosophique de ce peuple. Ce que nous y étudions, ce n'est pas seulement l'esprit de l'Allemagne, c'est son âme.

Il sera peu question, dans les pages de ce livrç, des classes supérieures de la société allemande. Les détails dont on va suivre l'exposé se rapportent à la situation

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