‹ De l'éducation populaire dans l'Allemagne du nord et de ses rapports avecChapitre 50 sur 104 · RheinUehe BlëUer, lS52,p · texte numérisé non relu

RheinUehe BlëUer, lS52,p

202 SECONDE PAETIE.

soumission aveugle, fait de loi un esclave.. .. C'est pourquoi, de tout temps, les prêtres ont cherché à dominer Thumanité ; c'est pourquoi la théologie a voulu sUmposer comme la reine des sciences, et tenir les autres sous sa dépendance. Assez longtemps cela a été souffert.... Pour rétablir la paix dans l'individu comme dans l'humanité , de deui choses l'une : ou Ton immolera toute idée nouvelle en contradiction avec la foi ; ou bien , quelle que puisse être l'issue de la lutte, il faut la poursuivi*e hardiment. »

Lutte contre les religions positives : tel est le mot d'ordre. Qu'on déblaie le terrain des dogmes vieillis ! qu'on fraie on libre accès à la vraie religion* !

Je n'ai pas le droit d'attribuer à l'école dont les JRheimMée Blàiier formulent les doctrines, cet axiome de Hegel : c Dieu ne se connaît que dans l'esprit de l'homme. > M. Diesterweg fait très explicitement allusion à l'existence d'un Creaieur y €k>mment, dans les conditions qui lui sont assignées, la créature conserve-t-elle Tiodépendance et la personnalité? cela est difficile h dire. <Ce qui est incontestable, c'est que cette école, en niant le dogme de la déchéance originelle', attaque le christianisme dans son principe; c'est que, bannissant systématiquement de l'école, comme dégradant et pernicieux, tout enseignementd'une religion positive^, et, pour par-

1. • Wir wolleo durch HinwegraUmaDg der veralteten Dogmen dem Einzug der wabren Religion Bahn machen.» (P. 393). V. le chap. 2* de lai '«partie.

2. • DasinSichàte... ist die tebendige Erkennioias von der Exiateox nod der Wesenheit des ScbCprers. •

S. Voyez l'article Zur ReligioMwUemehtê'Frag: ( 1S52).

4. • L'instruction religieose ordinaire rend rbomme esclaye, an lien de l'affranchir... Les défenseurs de renseignement dogmatique^oonfessioDael {des confessionel-dogmaliieken ReUgUmêuntenidUês) ^ dans l'école populaire, sont les adversaires de la vraie religion .. Je les nomme les ennemis du genre humain et de Dieu.* (Mmumc^ BlàUer, p. 297, ISftt).

RÔLE DE LA SaSflGI PÉDAGOGIQUE. 205

1er son langage» tout enseignement confessionnel, elle rompt en visière avec la pensée traditionnelle, et jette un défi aux vérités premières qui sont le fondement de Tordre moral.

On le sait : les prétentions de Técole dont nous signalons à la fois l'influence et les écarts, ne sont pas restées dans l'ombre des êéminaires. Elles ont été insolemment présentées aui mandataires de TAUemagne assemblée : « L'école ne doit dresser

l'homme pour aucun but déterminé Si elle est soumise à

une influence spirituelle , elle ne peut atteindre sa fin principale qui est j^ur^m^n/ humaine.... c'est pourquoi il faut abri* ter la jeunesse et contre l'influence de l'Église, et contre toute influence quelconque d'une opinion imposée par l'État. •

Qui parlait ainsi? le rapporteur du comité de l'enseignement au comité de Francfort 1 «Le clergé, continuait naïvement l'organe du comité, le clergé porte en lui-même, dans son costume, dans son regard, dans l'expression de sa physionomie un caractère de contrainte qui démontre son impuissance à conduire la jeunesse au but d'un libre développement. . . Qn'est«ce que l'instituteur? avant tout, le représentant d'une inspiration affranchie de toute contrainte. Si l'instituteur n'offre pas à la jeunesse des idées qui soient le résultat d'un travail intime et personnel ; si sa pensée mûrie au milieu d'une atmosphère d'indépendance n'éclate pas dans son regard et ne se révèle pas dans ses actes, sll n'en est pas ainsi, il faillit à sa mission * I »

1. A quoi M. Hoffmann (de Ludwuborg) répondait fort senaémeni : • Qooî 1 point de bat déterminé 1 J'avoue ne pas bien comprendre ce qu'on entend par là. N^ayoir pas de but déterminé me paraît tolérable pour l*écolier, détestable pour le matlre. Nos écoles populaires, ce me semble, ne sont pas des laboratoires où le progrès spéculatif se prépare, mais de simples réunions où Ton fait participer les élèves à des résultats acquis. On dit encore : « TÉglise donne à l'École une direction qui n'est jugée bonne que par un parti religieux!» C'est vrai; la direction protestante n'est point au gré des catholiques» et la direction catholique n'est point

204 SEGOISDE PARTIE.

Ainsi iefl institutears sont créés tout exprès pour se mettre en quête de mondes nouveaux; qu'on se tienne pour averti : ils forment Tavant-garde de l'humanité. Toutmaitre d'école est un prophète, si même il n'est pas un messie. C'est toujours» comme on voit, l'ingénieuse théorie des Rheinische Blâiler : c Un train de plaisir en pleine mer I »

A la faveur du mouvement développé par les libres com^ munes, beaucoup d'écoles, de 1846 à iSSO, ont été créées, pour répondre à cet idéal, dans les différents pays de l'Allemagne, notamment dans les villes de Nordhausen, Hagdeboui^, Halberstadt, Halle, Weissenfels, Elbing, Breslau, Lôwenberg, Hambourg, Tilsit, Egeln, Zeitz, Stendal, Dessau, Kônigsberg, Holzhausen, Nuremberg, etc* etc.

Le canevas de l'enseignement religieui, danscesécoles, était le catéchisme du pasteur Ublich. On y professait cette maxime de M. Diesterweg : c Peu importent les notions que l'on se forme sur l'essence et l'activité de Dieu, et sur la manière dont le monde a été appelé à l'existence. » On y chantait des poésies du genre de celles que publie H. Uhlicli dans sa Feuille du Dimanche, pour la plus grande édification des nouveaux fidèles.

L'ancienne et la nouvelle Eglise.

t II y a ici-bas une maison qu'on appelle la maison de Dieu. Ses dômes brillent au loin et dominent le pays ^ .

au gré des protestants. Quoi de plus ualurel? Mais chaque communion est satisfaite de la direction qu'elle donne. Que veut-on de plus? Changez cela, tous les partis seront également mécontents, hors celui des indifférents et des athées ».

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