La durée du cours -d'études est de deux années
3. -—L'admission des nouveaux élèves a Heu deux fois dans Tannée, à Pâques et à la Saint-Michel.
4. — Les aspirants doivent présenter au directeur de l'établissement :
a. Un compte-rendu de leur vie antérieure écrit par eux-mêmes, et contenant, outre les particularités relatives à leurs personnes, des indications sur leur préparation préliminaire;
b. Un certificat de baptême et de première communion ;
c. Un certificat du curé de leur paroisse concernant leurs dispositions religieuses et morales, et une attestation de conduite irréprochable;
d. Un certificat de vaccine ;
e. Un certificat portant sur la capacité, le zèle, les progrès des aspirants;
/• Une notice sur leurs parents ou tuteurs, et sur le temps pendant lequel ils sont en état de payer les frais de pension.
5. — Ne sont admissibles que les jeunes gens qui ont atteint dix-huit ans, et qui ont peu dépassé cet ftge.
6. — L'admisbion est prononcée selon les résultats de l'examen, qui sont notifiés aussitôt que possible aux candidats*
1. Cette fixation de la durée du cours est une exception ; nous reviendrons sar ce sujet.
7. — Le candidat doit posséder une conoaissaoce suffisante de la Sainte-Écriture, Ancien et Nouveau Testament, et être en état de reproduire les récits principaux de la Bible et les paraboles du Sauveur, en présentant les explications nécessaires. II importe qu'il puisse réciter par cœur les morceaux les plos importants des Évangiles.
Les candidats doivent aussi avoir une connaissance familière du petit catéchisme de Luther ; quant aux chants d*église, il est nécessaire qu'ils ne les possèdent pas seulement de mémoire, mais qu'ils prouvent par des explications qu'ilsen comprennent le sens, y»
Le séminaire de Bunslau e^ un témoin irrécusable des efforts par lesquels l'État réagit, en ce moment, dans rAllemagne du nord, contre le scepticisme pédagogique dont noos avons décrit les ravages. Il est, au point de vue religieux, dans le protestantisme, le pendant du SchvUekrerseminar catholique deEempen. Il faut voir en lui une sorte de résurrection des établissements d'éducation de la première période, établissements fondés sur ces deux principes : réhabilitation de la nature humaine par le christianisme; respect de l'ordre politique constitué et de la hiérarchie sociale au sein de laquelle chacun doit non pas conquérir son rang, mais laccepter.
Le directeur, M. Stoizenburg, précédemment chargé de l'Ecole normale de Steinau, porte partout son dévouement à l'éducation des classes populaires, et l'ardente persuasion que par la vérité chrétienne seulement elles peuvent être guidées dans les voies de la régénération morale. En i849, à l'inauguration de l'École normale de Steinau, il faisait hautement connaître sa pensée, et il la formulait en des termes qui rappellent les inspirations de Franke^ :
1. « Quelle est la tâche de Tinstituteur? De développer toutes les forces intellectuelles de Tenfant, de diriger les facultés qui lui sont nécessaires pour l'accomplissement de sa destinée terrestre ; mais surtout d'enraciner
ÉCOLES NORMALES d' INSTITUTEURS. 244
Ce sont ces mêmes idées, et cette même ardeur de conviction % que M. Stol/enbnrg consacre aujourd'hui à l'œuvre de la formation des instituteurs dans TÉcole normale et dans les établissements annexes de Bunzlau \ Il suffit de passer quelques heures avec cet honorable directeur, pour apprécier, et l'élévation de ses vues, et le caractère essentiellement pratique de ses principes d'éducation.
Eh bien ! à Bunzlau comme à Gôpenik, on ne craint pas de donner an développement intellectuel des élèves-n^aitres la place qu'il importe d'y réserver, et d*eiiger beaucoup des candidats à l'École; à Bunzlau comme à Gôpenik, on a laissé l'eiamen pédagogique sur le second plan , mais on s'est bien gardé de le supprimer.
Que si, des séminaires protestants nous passons aux écoles normales primaires catholiques, le même fait se présente à l'observation, avec un relief peut-être plus saillant encore.
Le séminaire de Breslau (Silésie) est placé sous la direction
dsDs son âme les grandes et saintes croyances, de les caltiver avec amour, en sorte que, plus tard, avec la grâce de Dieu, il puisse, administrateur fidèle, faire valoir le talent qui lui fut confié ; que ces croyances soient pour lui le bâlon de voyage où il s^appuie dans les jours de trouble, le bouclier et Tépée qui lui assurent la victoire dans les épreuves de la vie, et dans le combat de la mort. En un mot, IMnstituteur doit se servir de IMostruction et de Téducation pour amener les enfants qui lui sont confiés tout ensemble à être des membres utiles de la société civile et à devenir citoyens de ce royaume éternel que Jésus-Cbrist, notre Seigneur et notre salut, a fondé. 11 faut que la foi en Jésus-Gbrist soit le fondement de cette maison. Celui-là seulement peut être instituteur qui est vraiment disciple du Christ. •
1. Voyez le discours prononcé, en 1850, à Bunzlau : Fesirede bei des KSnigs Geburtstagsfeier,
2. Orphelinat d'où les élèves sortent pour entrer soit au Schulkhrerse^ minar, soit au gymnase. Les objets d'étude y sont : la religion (4 heures par semaine)^ la langue allemande, la langue française, le latin, le grec, Thistoire, la géographie, Thistoire naturelle, l'arithmétique, la géométrie, le dessin, l'écriture, le chant.
242 TROISIÈME PAETIE.
de rautorilé épiscopale; le directeur n*en est nommé qu'avec ras^enlimenl de révè(iue. Les règlemeulsde TiiistUut sont soumis à rapprobalion eeclét^iastique^
Or, pour èlre admis au séminaire de Breslau, ce n'est pas seulement dans un rapide examen , e'esl dans deux épreuves successives qu'il faut avoir donné des gages de son aptitude. Citons les quatre premiers articles du règlement :
cl. L*admission au séminaire est précédée de deux examens, Texamen d'aspirant {Aspiranienprujimg) et Texamen de candidot (Pràparandenprufung). On peut se présenter au première rage de 16 ans, au second à Tâge de 18 ans accomplis.
«2. Pour être admis à l'examen d'aspirant, il faut présenter : un certificat de baptême, un certificat de bonne santé, un certificat portant sur Tépoque de la sortie de TÉcole primaire, et sur la conduite à partir de cette époque ; le certificat de Tinspecteur de cercle relatif à Texamen subi à la sortie de l'École élémentaire.
« 3. Les candidats doivent avoir bien passé Texamen d'aspirant; avant de subir les épreuves. Us présentent : uo témoi* ^nage attestant la manière éont ils oat continué tei>na étades; un certificat relatif à leur conduite et à leur zèle (fepuîs le premier examen, cerlifirat signé du curé dé leur paroisse et de rinspecteur de cercle.
c 4. Tout éiève admis a» séminaire qui ne montrerait pas, pendant le premier semestre, le zèle et les dispositions morales répondant à l'esprit de rétablissement,, est «ongédié sans qtk'ï\ soit beaoîn d'autre motif ^ »
Ce n'est pas seulement dans le pays classique des écoles, ce n*est pas seulement en Prub>se que sont imposées des coaditiaos
1. Voyez le Mémoire déjà cité sur les droits des évèques de Breslaa ; par Rintel (Breslau, 1S49), quatrième chapitre. Vonder BischàfiichenÀuf' sicht auf die Schullehrer'Seminarien,
2. — 5. Lever à 4 heures 1/2. — Exercice religieux du matin; sainte
ÉCOLES NORMALES B^JNSTITOTEURS. 24o
de ce genre ; il en est de même en Saxe, en Hanovre et en Hesse. Dans une des provinces de la Hesse-Électorale, où, sous la protection des souvenirs de Tapôtre de la Germanie, le catholicisme a conservé toute sa force, à Fuida même, il existe un séminaire pour les maîtres d'école. On va voir, avec quelle préoccupation des aptitudes pédagogiques, y est réglée, sous l'inspiration de Févèque, l'admission des candidats. Je traduis ici les premiers articles du règlement du séminaire de Fulda : § 1^. — Le séminaire de Fulda est destiné aux candidats catholiques de l'électorat qui aspirent aux fonctions d'institu-
messe et ooaiie prière, puis déjeuner et préparation à l'étude. — Travail jusqu'à midi.
6. A midi , repas. ^ De une heure à deux , sortie facultative hors de l'École.