I. * Dispositions générales
«Avant tout, eu égard au temps fort court accordé au séminaire pour former ses élèves, et à la somme de connaissances que les jeunes gens doivent posséder en y entrant, il faut considérer comme le but essentiel de l'enseignement, l'obligation de mettre les futurs instituteurs à même, en théorie et en pratique, d'enseigner, simp^ment et fructueusement, la religion, la lecture, la langue maternelle, l'écriture, le calcul, le chant'; — tous ces objets étant d^aiUeurs restreints aux limites de l'école élémentaire.
« Ce but doit être atteint à tout prix ; l'élève ne peut en être
écarté parVétude de sciences sans connexion directe avec renseignement primaire, les quelles, si utiles et désirables qu'elles puissent être par elles-mêmes, ne lui sont point indispensables. Ce n'est point Tinstruction exigible, en certains cas, du maître d'une école urbaine supérieure, mais l'instruction et les aptitudes d'un maître d'une école élémentaire ordinaire» que le séminaire doit donner à tous ses élèves. .
«Pour ces deux espèces d'écoles, la même mesure d'instruction méthodique et formelle est exigée; c'est avant ou après les cours du séminaire , que les élèves favorisés par nn talent spécial trouveront , s'ils le veulent, le loisir d'étendre le cercle de leur instruction.
c De bonnes et solides connaissances préliminaires, pour le domaine limité de Técole primaire ordinaire, seront également d'une grande utilité è ceux qui aspirent aux degrés supérieurs de l'enseignement; mais en donnant une attention spéciale à ces derniers, on courrait risque de négliger les choses essentielles et d'énerver l'enseignement.
cLes tendances qui se sont manifestées fréquemment à élargir le eercle des études, à présupposer les éléments, soit de la science, soit de la méthode, comme connus, sont en contradiction avec le but que se propose le séminaire. Les matières d'enseignement de l'école élémentaire doivent être considérées comme un domaine qu'il faut parcourir dans toutes les directions et dans toute son étendue; l'école d'application, surtout dans la dernière année, forme le point central de l'enseignement.
«Il ne sufQt pas que le professeur ait développé un objet dans une leçon, ni même qu'il y soit plusieurs fois revenu ; il faut encore que l'enseignement donne des résultats immédiats, que les élèves deviennent aptes à reproduire, sans aucune assistance, ce qu'ils viennent d'apprendre, et à en faire usage dans l'école d'application.
c Si le temps permet de s'engager dans de plos vastes domaines scientifiques, sans négliger le bot qui vient d*étre indiqué, il faut, avant d'étendre le cercle des études, qu'il soit accordé aux séminaires une autorisation spéciale.
« L'école d'application est le pivot sur lequel roule l'enseignement dans les deux dernières années. Elle offre le moyen de mettre l'enseignement du séminaire en garde contre l'abstraction , et de guider immédiatement les élèves dans l'usage pratique des connaissances qu'ils viennent d'acquérir.
« A cette fin, il faut que l'école dont on parle ait Torganisation d'une école élémentaire ordinaire, de sorte que les élèves-maltres s'y fassent une idée nette et claire de l'enseignement dans une école à une classe, et dans une école apksieurs classes.
« A partir de la seconde année, les élèves-mattres assisteront comme auditeurs aux exercices de l'école d'application \ dans la troisième, ils commenceront à y enseigner sous la surveillance et la direction du maître.
« Le dernier but de renseignement du séminaire n'est pas que l'élève apprenne, mais qu'il soUmis en état de devenir maître lui-même dans les écoles chrétiennes évangéliques, dont la mission est d'inspirer à la jeunesse des sentiments chrétiens et patriotiques , et les vertus domestiques.
c Envisagé à ce point de vue, le problème que doit résoudre l'institution des écoles normales, s'étend à des proportions considérables. Si le plan d'études est restreint dans les limites de ce qui est strictement nécessaire, on exige du moiosque tont soit conçu nettement et clairement, et que le maître réponde par sa personne tout entière aux exigences de sa vocalion.
c Les objets d'enseignement, dans leurs rapports avec les idées chrétiennes et nationales, doivent être traités de manière à exercer de l'influence sur la vie tout entière, à élai^r le
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cercle des idées et è fortifier le jugement, et» en même temps» de manière à agir sur le cœur et sur le caractère.
«Par ce qui précède, la voie est nettement tracée, et ron voit se dessiner deux principes de direction : d*abord il faut que renseignement soit concentré (concenirit) , et que les branches semblables soient classées de manière à se trouver en harmonie entre elles et avec renseignement général : d'où il résulte que les connaissances liées ensemble par Fanalogie, doivent être enseignées autant que possible par un seul et même professeur. Ainsi, le même maître enseignera la religion , la science de Técole (Schul'Kundé)^ Thistoire; — un autre, la langue allemande et la lecture; — un autre, Tarithmétique, la géométrie, le dessin et récriture; — un autre enfin, la musique.
« Quant à la forme de renseignement, elle sera exemplaire sous le rapport moral. 11 faut voir dans les élèves des séminaires de futurs instituteurs qui, avec une gravité affectueuse, et une bienveillante condescendance , doivent s'habituer à conduire dans l'amour et dans la foi les enfants chrétiens qui leur seront confiés plus tard ; il faut leur apprendre à révérer dans récole un instrument de l'esprit divin. La dureté et la jactance seront donc étrangères au professeur de l'école normale; il se gardera de développer chez les élèves la vanité qui peut naître du savoir humain.
«L'enseignement du séminaire suivra, en outre, la même marche que celui de l'école élémentaire. Il devra développer la pensée, prendre pour point de départ les résultats acquis, pour aller au delà^ aplanir les difficultés, rectifier les conceptions erronées, devenir enfin une véritable discipline iiitellectueUe ; le maître s'effacera , tout en communiquant ses connaissances , et s'attachera à provoquer l'activité spontanée de l'élève. Ainsi, dans toutes les leçons, les points essentiels seront : Conception rapide et sûre des pensées qui ont été lues
OU exposées, élaboration claire, reproduction simple et eiacte; exercice de conception, de pensée et de langage. »
t Partout où faire se pourra, on suivra, dans les cours, un guide ou manuel. C'est au roaitre à en expliquer le contenu, à réclaircir et à le rendre applicable à renseignement élémentaire; mais il doit se garder d*en faire un objet de critique on d'exposer, à côté ou en dehors du traité, un autre système.
c Là où il n'existe point encore de manuel pour les cours, le maître se bornera à la communication, par écrit, de certaines propositions, qu'il commentera verbalement pour les inculquer dans l'esprit d<'s élèves.
a II est interdit de dicter ou de faire rédiger des cahiers volumineux.
« Il est fort utile d'inviter les élèves à se préparer sur certaines matières en consultant les ouvrages qui s'y rapportent, de manière à pouvoir faire une leçon sans nulle assistance, et seulement sous la surveillance et avec les rectifications da
maître.
« A chacun des deux cours inférieurs on consacrera vingthuit leçons, au plus, par semaine; pour le cours supérieur dixhuit heures, au plus, sufGront, non compris la gymnastique, l'horticulture et les exercices de l'école d'application.
u Toutes les semaines, les devoirs ou rédactions des élèves, seront classés par le maître; ils serviront de point de départ pour les examens trimestriels ainsi que pour les révisions extraordinaires.
c II y aura suspension des études au moins nne fois par mois. Les élèves mettront ce jour à profit pour des récapitulations générales ou pour la ré-daction de travaux d'une certaine étendue.