‹ De l'éducation populaire dans l'Allemagne du nord et de ses rapports avecChapitre 75 sur 104 · XI. — Horticulture.— Culture de la soie; travaux manuels · texte numérisé non relu

XI. — Horticulture.— Culture de la soie; travaux manuels

L'enseignement de Thorticulture, de la culture de la soie et des travaux manuels (en vue de la position des futurs maîtres d'école, à qui des travaux de ce genre pourront procurer des ressources), devra être donné dans tous les séminaires.

Toutefois Forganisation de cet enseignement doit rester subordonné aux circonstances locales.

Les dispositions du présent règlement supposent un cours de trois ans. Pour les séminaires qui se bornent à un cours de deux ans, il appartient aux autorités provinciales de répartir les matières indiquées pour les trois cours, en tenant compte surtout des connaissances que les élèves pourraient posséder à leur entrée au séminaire.

On est fondé à espérer que, par Tapplicatioq des principes qui viennent d'être exposés, les séminaires rempliront d'une manière de plus en plus complète la mission qui leur est assignée. Les idées purement spéculatives^ individuelles, idées infructueuses au point de vue d'une instruction simple et saine du peuple, leur resteront étrangères. Ep s'appuyant sur la base du principe chrétien, ils deviendront de plus en plus ce qu'ils doivent être : des pépinières de maîtres pieux, dévoués, intelligents, ne s'écartant pas de la vie réelle du peuple ^ ayant le désir, la vocation et la capacité de se consacrer h l'éducation de la jeunesse, avec abnégation et en vue de Dieu.

BerlJD, 1*' octobre 1851 .

Le ministre des Cxilles, de V Instruction publique et des Affaires médicales.

Signé : De Racmer.

L'analyse dans laquelle nous sommes entrés, au chapitre précédent, nous dispense de toute observation de détail sur le document qu'on vient de lire. Nous nous bornerons à cette simple remarque :

Au point de vue général, le Règlement témoigne du soin

1, • Dem Leben des Yolkes nahestehende Lebrer. •

RÈGLEMENT GÉNÉHiL. 507

avec lequel la haute administration prussienne s'efforce de réaliser, dans le domaine de l'enseignement populaire, l'alliance de l'esprit chrétien et de Tesprit pédagogique.

Au point de vue particulier des écoles normales : tout en proscriyant l'esprit de spéculation pure, l'abus des théories, et ces systèmes hautains qui s'étaient glissés, pour en altérer le caractère, dans l'enseignement dispensé aux futurs maîtres, le ministre de l'Instruction publique a considéré comme un devoir de maintenir, en tète du programme des séminaires, l'étude de cette science pratique de l'éducation qu'il faut bien accepter sous un nom ou sous un autre, et qu'ondésigne aujourd'hui en Prusse sous le nom modeste de science de l'Ecole. {Schul-Kunde.)

Il convient de le dire : il y a ici une satisfaction donnée aux susceptibilités légitimes de l'opinion publique, plus qu'une abdication de la pédagogie elle-même. La science pédagogique renonce à d'ambitieuses allures, et dépouille les formes prétentieuses sous lesquelles elle égarait les esprits ; elle subsiste, en réalité, tout en changeant de nom. Aujourd'hui comme hier, après comme avant les règlements nouveaux, l'école normale doit c mettre le futur instituteur en état de rendre à lui-même et aux autres un compte clair et réfléchi de l'essence même et du but spécial de sa vocation » {aich seibsi %ind andere^er dos Wesen und die Aufgabe seines Berufs beumssie und klare Rechenschaft ztigeben). Or, telle a été, de tout temps, la mission de la science pédagogique.

Désormais, dans les séminaires allemands, plus de théorie sans pratique qui en précise le sens ; mais aussi point de pratique sans théorie qui l'éclairé. Rôle de l'école primaire dans ses rapports avec FEglise, la commune, la famille ; son organisation intime; programme des cours; principes fondamentaux de la méthode ; science de l'éducation en général et de la discipline scolaire en particulier : sur tous ces points

les faturs instituteurs continueront à recevoir, pendant hs trois années du cours, un enseignement qui les mette à même de féconder les notions techniques, et de s'élever jusqu*à Fintelligence de la valeur morale de leurs fonctions. Or, on ne saurait trop le répéter : sans un tel enseignement, l'école normale peut former des machines vivantes, capables d'enseigner à (c lire, écrire et chiffrer » ; elle ne saurait former des tni/ttuteurs.

Ainsi, les écoles normales primaires sont aujourd'hui, an delà du Rhin, ramenées des régions chimériques où on avait pn les égarer, au véritable sentiment de leur vocation ; mais elles y sont considérées, plus que jamais, comme le fondement du système général d'éducation populaire.

Les Allemands le comprennent ainsi qu'on le comprend en France : il en est de l'instruction primaire comme de toutes les forces sociales : instrument de vie ou instrument de mort selon qu'elle est bien ou mal dirigée. Or , les écoles normales sont, entre des mains intelligentes et fermes, le moyen le plus puissant de direction.

« Nous maintiendrons les écoles normales, me disait en Prusse un personnage éminent, comme nous conserverons les sources du fleuve qui féconde ce pays. Seulement, nous veillerons à une chose, c'est que la source soit toujours pure, et ne laisse point jaillir de flots empoisonnés. » •

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