‹ De l'éducation populaire dans l'Allemagne du nord, et de ses rapports avec les doctrinesChapitre 11 sur 107 · Concile de Nantes, Eichbox^» Kirchenrecht, p · texte numérisé non relu

Concile de Nantes, Eichbox^» Kirchenrecht, p

5. ...Provideatur igitur quod sint scholsB ubi non sunt {Tractattis de visitatione prœlatorum; Gerson. opéra). « ... PresbyCeri per villas et vicos scholas habeant... *» (Tl^eod. Àurehan., cap. 20.)

G. ..• Eos susciperé ac docere non renuant..... Gum ergo eos docent, nihil ab eis pr^tii pro bac ro exigant, (I6id.)

BETUE BISTOaiQUB. 7

éire exdo de Téeole pour caose d*indigenco^ ». Le catholicisme avait fait plas : devançant la pensée de Jean-Baptiste Lasalle, les disciples de Gérard van Groptc enseignaient anx enfants pauvres la lecture, l'écriture, la religion et quelques arts mécaniques; et, des Pays-Bas où ils étaient pés, ces/rèr^« du quatorzième siècle avaient porté les luiqiqres de leur charité sur les deux rives du Bhio, en Westphalie, en Saxe, en Poméranie, en Prusse et en Silésie. En même temps, les monastères de femmes avaient donné aux jeunes filles du peuple des institutrices que la réforme devait leur enlever <. Aujourd'hui, par des efforts qui sont un aveu, le pays 4e Hroswitha veut réparer sa faute. Une imitation tardive relève à Kaiserswerth^, à Berlin, k Dantzig, les ruiqes que les passions avaient faites, et redemande aux monuments du passé les inspirations de l'avenir. -? Ainsi, le catholicisme avait posé la pierfe angulaire ^ç V^Dseîgnement; pour le peuple coiqqio

). Il est curieax de voir, au quatorzième siècle, Pautorité ecclésiastique réprimer Tabus des châtiments corporels dans les écoles : « Michel Tapia clericos... Nobis gagiavit emendam pro eo quod, quadam die dominiça, manas injecil violenter in Colinumle Dancheeur, eum percussit do pugno pt de palroa tribus vicibus, et de pedibus in monasterio Gérasiensi. *> (Beg. des amendes de Cerisi, p. 39, cité par M. Delisle, dans les Eludes sur la condition des classes agricoles.)

2. Dès le douzième siècle, un grand nombre d'institutrices dirigeaicn t les écoles. — Schwarz parle d'une image qui se trouve sur plusieurs mu- Duscritsdu treizième siècle. VneSchulmeisterin tient un livre; dans sa main droite est une verge ; à ses pieds est un loup qui s'efforce d'épeler les les lettres. On lit au bas ces mots en vieil allemand:

WqI dsr schulmeisterynne Pie ereii schule uff haltet.

, Ir besefoe ist die minnoi Do mit sie schande von erea schaltet*

S. Établissement des Diaconesses créé par le zèle de M. le pasteur Fliedner.

8 PKEHIÊnB ViBTlE.

pour les lettrés, il était eu fond de toute la civilisation germanique.

Cependant, on ne saurait le méconnattre, aux approches du seizièmesîècle,lenerfde la société ecclésiastiqueen Allemagne, a perdu quelque chose de sa Tigueur ; et la commune y souffre comme l'église. Ici , l'école est renversée , et le pasteur, d'un ceil indifférent, voit les enfants courir an milieu des ruines ; là, le clerc est satisfait si ses élèves jouent les rôles de flgarants dans le mystère qu'aux jours de fête, od représente à la porte de Téglise; ailleurs, le mattre ee refuse à enseigner l'art d'écrire : U craindrait de diminuer le revenu que loi vaut le monopole du talent ' ; ailleurs encore, de mesquines rivalités de patronage empêchent la création des écoles*.

Od le voit trop : le catholicisme, pour un instant, semble avoir suspendu son action féconde; un vide s'est fait dans l'âme du peuple ; et c'est ce vide que la Réforme a la prétention de remplir. Il faut bien expliquer ainsi la rapidité de sa propagande. «Déplorable est partout, peut s'écrier Luther, la condition des églises. Les paysans ne savent rien, n'apprennent rien ; ilsne prient pas, ils ne se confessent pas, ils ne communient pas ; toute religion semble s'être évanouie { et s'ils foulent aux pieds les préceptes da pape, ils méprisent en même temps les nôtres'. * — « Hélas I dit-il ailleurs, assez longtemps

1. Voyez entre autres documents, un article de H. le conseiller Bormaatt (de Berlin), dans le Schulbiatt fur die Prcminz Brandenbttrg, 1839, 4' livr.

3. Des faits analogues se retrouvent en France : En 1453, par exemple, les habitants d'Appeville veulent élever une école. Maie l'écoUtre de CoatnnfrflHallègne que les enfants de cette paroisse sont tenus de suivre l'école

. L'échiquier jugea qu'on ne pouvait, en effet, priver l'écolâtre

;e qu'il réclamait. (Léop. Delisle, p, ITB.)

re à Spalaliu ; Lutkers Brieft von de Wette : - Sic enim sua

neglexerunt, uoslra contemnunt... <•

lussi la préface du Pelilcol^Aùme de Luther: «...L'homme du

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noQs sommes demearés dans un abaissement bestial. Les nations Toisines nous appellent brutes allemandes [deuttche Bes-

iien), et le nom est mérité On a laissé grandir les jeunes

générations conmie le bois sauvage dans les forêts. Ce n*est que broussailles stériles, bonnes seulement à être jetées au feu ! • Et Reucblin confirmant la plainte de Luther n*hésitait pas à écrire à l'électeur de Saie (1518) : < Les étrangers tiennent le peuple allemand pour un peuple barbare et bestial {barbariêch, viekiseh); que leur répondre? »

Les docteurs de la réforme, il faut donc l'avouer, eurent une large part à saisir dans le gouvernement moral du peuple ; ils n'y manquèrent pas. L'œuvre de Luther, à ce point de vue, peut se résumer en ceci :

En principe, i^ il posa l'éducation par la famille comme la base de toute amélioration socialOi comme le fondement même de l'ordre politique *.

2° D proclama cette idée qu'un grand nombre de familles ne pouvant, ou ne voulant pas pourvoir par elles-mêmes à l'éducation des enfants, suppléer les familles dans ce rôle était le devoir et l'intérêt de l'État. c ..• Il est donc absolument nécessaire, lisons-nous dans le discours adressé aux magistrats des villes d'Allemagne*, d'avoir des instituteurs publics (y^-

peuple ne sait rien de renseignement chrétien... Il ne connatt ni lepater, m le symbole, ni les dix commandements ; et Luther saisit cette occasion de jeter cette invective aux év^nes allemands : « ibr BischOfe I was wollt ihr doch Christo immermehr antworten , dass ibr das Volk se schftndltch babt lassen hingehen, und ener Amt nicht ein augenblick beweiset.... ach UBd weh Uber euren Hais ewiglich 1 » ( Vorrede doct. Martini Lutheri,)

1 . « Da ist das erste Régiment; davon einen Ursprung aile andren Regimente nnd Heerschaften haben. *> {Âuslegung von 2, mes. 20, 21.) — « Si le père et la mère gouvernent mal, n'espérez pas gouverner beureasement ni le village, ni la ville, ni TEmpire. {Ibid., ei dans les Tischreden, et passim.)

2. Schrift an die Ratsherrm aUer Stâdte DeutscMands dass sie christ-liche Schàlen aufriohten wtd haUen soUen. (Écrit adressé aux magistrats

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meine Zâichimei^ier) pppr les enfants... Et il convient que les magistrats consacreift leurs soins l^s plus actifs (allergrossesie Sorge) à la jeune génération. La prospérité de TEtat ne dépend pas seulement de Tabondance des revenus, de la solidité des remparts, de 1^ beay(é des édifices. Posséder des citoyens polis, instruits , l^pnorables , d'une raisqn éclairée, voilà son premier intérêt, son sajut, et sa fprce. >

5° \\ formulft le principe de l'obligation légale de l'instruction et mit aux mains de la puissance publique, pour TéducatîQn des jeunes citoyensi un droit de contrainte sur ceux 4^s psfrents qui se refi|sent à l'accomplissement de leur premier devoir, % J'afprme, s'écrie le moine de Wittemberg, que l'autorité a le devoir de forcer ceux qui lui sont soumis (t.. die Obrigkei,t schul^ig sei die Untevthanen zv, zwingen) à ejivoypf les enfaiits à Téçole. Eh quoi I si l'on pept, en fenips de gue^r^ , obliger les citoyens à porter Fépieu et l'arquebuse, combien plus peut-on et doit-on les contraindre à instruire leurs enfants, (^uand il s'agit d'unp guerre .bjen plus rudp à soutenir, 1^ guerre avec le mauvais esprit qui rôde autqur de nous, cherchant à dépe^ipler l'État d'ames vertueuses! C'est pourquoi je veille, autant que j'y puis veiller, à ce que tout enfant en âge d'aller à l'école y soit enyoyé pcir le magistrat*. »

En fait : l^la multiplication et l'amélioration des écoles fut

de toutes les villes d'Allemagne pour démontrer quMls doivent élever et entretenir des écoles chrétiennes.)

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