‹ De l'éducation populaire dans l'Allemagne du nord, et de ses rapports avec les doctrinesChapitre 67 sur 107 · IV. — Realia · texte numérisé non relu

IV. — Realia

£i| ce qui concerne les r^oliii (géographie, histoire et histoire naturelle) le candidat devra posséder les notions données par de bons traités élémentaires, tels que celui de Theele et autres.

L'eDseigDement de la géographie se basera sur la connaissance du pays natal ; la description des plantes et des animaux indigènes formera le point de départ des leçons d'histoire

nalnreile.

y. «-Musique.

Le candidat doit avoir été exercé à lire les notes; il sera en état déchanter correctement cinquante mélodies chorales qui seront déterminées pour chaque séminaire.

Violon : exécuter des gammes et des morceaux faciles.

Clavecin : exécution correcte et prompte de toutes les gammes, et d*un morceau que le candidat aura étudié» à son choix ; exécution d'un morceau facile à vue.

Orgue : exécution intelligente des exercices élémentairesUe la méthode de Schutz.

A ces connaissances pratiques doivent être jointes les notions théoriques nécessaires pour l'admission au séminaire.

Là où les circonstances permettront de conduire les can* didats au delà du minimum des connaissances^ tel qa il vient Ukre fixe, on se gardera bien d'anticiper sur l'enseignement méthodique du séminaire, et de viser à une variété encyclopédique ; le but du présent règlement est que les candidats acquièrent les connaissances en harmonie avec leur vocation future. Le surplus du temps et des forces sera donc consacré à une élaboration approfondie des objets que nous venons d'indiquer.

On a lieu de présumer que, si l'on se conforme aux présentes dispositions, le séminaire recrutera des élèves familiarisés avec le but et le caractère de la vocation d'instituteur, optes à profiter des leçons ultérieures» et qui, sérieusement proparés^ dans les limites prescrites, permettront aux établissements dont il s'agit de remplir la mission

icoLEs ROiMAUs » ccmiimns. 255

imposée, à sayoir la formatioa d'isstitalnrs prinMins capt* blés et dévoués.

BerliD, 2 octobre 18S4.

LemtMÙiredes QiUes, de Flnsirmeiiam pubSjue et des Affairet imidicalet.

Signé: UEtLÂtUOi.

Certes, od ne reproebere pasao règlement qu'on vient délire de n'être pas empreint de Tesprit religienx et traditionnel ; on D'aceosera pas ses aoteurs d'avoir voulu détourner les futurs maîtres de la voie de simplicité dans laquelle il importe, atout priXy de les maintenir. Ce document est Tun de ceux qui témoignent le plus nettement, de la part des autorités prussiennes, d'une ferme résolution de rattacher l'école anx réalités vivantes : à l'Église, à la Commune, a la Famille. Eh bien ! on le voit cependant, l'homme d'État qui a signé ce règlement, le ministre qui4i fait une si rude guerre à Tesprit de désordre, dans toutes les sphères de l'enseignement publie, n'a pas craint de réclamer des candidats aux écoles normales on ensemble de connaissances qui peuvent paraître très étendues. En renonçant à de salutaires exigences, il aurait cru compromettre le caractère et l'existence des écoles normales : il ne l'a pas voulu.

Tai dit ailleurs quelle était, au point de vue qui nous préoc* cupe, la pratique des écoles normales anglaises. Dans les règlements de la national Society et de la british and foreign Society, j'ai trouvé, comme dans ceux des séminaires d'outre^ Rhin : 1^ des conditions d'admission d'une double nature : conditions de moralité établies par une enquête, conditions de capacité résultant d'un examen; "SPIb slipulalion d*un temps d'épreuve à l'expiralion duquel on prononce l'admission définitive.

254 TII0I91ÈMB PARTIE.

Ainsi ^ en Angleterre cômine en Allemagne « répreave dés* tioée à constater la capacité t^st placée au second rang, mais elle subsiste. Quelle que soit Timportance que Ton attache aux garanties se rapportant à l'ordre religieux et moral, on ne perd pas de vue que ta mission de Tinslituteur est d'agir sur riatelligenee par l'enseignement, en même temps que sur rame et sur le cœur par l'exemple. On croirait faire une chose funeste pour les écoles normales, et y paralyser, à l'avance,

l'enseignement des maîtres comme le progrès des élèves, si on

y admettait des candidats d'une capacité trop inégale. On exige nn certain niteau d'aptitude, à l'entrée de l'école, afin de pouvoir compter également sur un niveau indispensable, à la sortie. Ces faits doivent être médités. Nous anrons ultérieurement à en tirer des conclusions.

Le second point qui mérite d'attirer Tattention, dans Torganisation des séminaires allemands, c'est la Station de la durée du cours normal, et, comme conséquence, le mode de répartition de renseignement entre les années d'études.

On a agité, an delà du Rhin comme en FraAee, la question de savoir s'il convenait d'étendre à trois années, où de restreindre à deux ans la durée du cours des études normales. Cette question, au moment où je visitai l'Allemagne, venait d'être résolue dans le sens de la triennalité : c'est par exception qu'au séminaire de Côpenick la durée des études a été resserrée en des limites plus étroites. Voyons donc comment on plaide, en Allemagne, la cause de la triennalité, et laissons parler un des directeurs d'écoles normales les plus autorisés; il est utile^ surcesujet, d'entendre M. Stolzenburglui-ménfie^

a Ce n'est pas trop d'avoir à agir sur l'intelligence et la volonté des fnturs maîtres et à fortifier leurs sentimens chrétiens

1. Fartgesefizte Naehrichtm Uber dm Zustand und Geist des ShuUehrer^ Seminars zu Bunzlau; 1852.

ÉCOLES NORMALES d'iNSTITCTEIIRS. 255

jusqu'à TAge de Si ans^ pour que la missioa d'instituteur puisse leur être confiée a?ee une certaine assurance de suocàs. Le ré» fabiissement d'un cours d'études de irais ans a été accueilli par tous les séminaires avec une vive satisfaetioBé Et, en effet| cette prolongation est salutaire partout où l'école normale est dirigée selon l'esprit qui doit l'animer ; le but de la prolongation n'est pas d'ajouter, pendant la troisième année, de nou* veaaiL objets d'études, mais de revenir sur les matières enseignées pendant les deut premières années» de manière non pas à entr^rendre une sècfae répétition , mais à fortifier les connaissances acquises, et à donner au futur maître une intelligence claire des besoins de Técole; de manière surtout à ce qu'il ne s'agisse pas d'un travail mécanique, mais de l'étade qui convient à un homme raisonnable, à savoir la pratique intelligente de l'enseignement à ses différents degrés.

c II est facile de se convaincre que cette troisième année d'école, loin d'être superflue, est indispensable pour l'achèvement de la tâche qu'on se propose» Mais, dira-t-on, cette prolongation d'études développera des sentiments de vanité. Erreur, que rérute l'expérience. La vanité se développe par la demi-éducation, quiaveugieTbommesurson ignorance réelle; mais elle s'évanouit là où, le chrislianisme étant d'ailleurs le fondement et le principe inspirateur de Téducation, on s'attache à faire sentir à l'élève le peu qu'il sait, en lui inspirant le désir d'acquérir davantage. «>

c Les séminaristes, continue M. Stoizenburg, reçoivent les derniers perfectionnements de leur éducation pédagogique dans récole annexe où ils enseignent eux-mêmes. L'école*modèie est donc en même temps Técole d'exercice {Ubungsschvky « Les futurs maitres ne peuvent, dans leurs fonctions, obtenir un véritable succès s'ils n'y apportent uu esprit sincère d'amour et de dévouement ; il ne suffit donc pas qu^ils acquièrent, dans le séminaire, rinstruction nécessaire et la pratique

de la méthode ; il est désirable que, pendant la dernière an* née, ils entrent en relation avec un instituteur qui soit pour eux un modèle, qui leur montre, par son exemple de tous les jonrs, comment on consacre à une école toute son activité et tous ses soins, comment on acquiert la connaissance individuelle des enfants pour développer leurs facultés; comment , enfin, un véritable maître trouve son bonheur dans Taccomplissement de ses devoirs.»

Ce à quoi M. Stolzenburg attache la plus grande importance, c'est aux exercices de Técole annexe, où les jeunes maitresde troisièmeannée appliquent les connaissances acquises.

a Cette école, à Bunziau, est ouverte le matin de 8 heures è 11 heures, et le soir de i heure à 5 heures. — On partage ainsi les heures entre les divers objets d'études :

c 1~ heure. Religion, première et troisième classes.

n 2*" heure, a. Lecture,grammaire, dessin ; première classe, b ; seconde et troisième classes : Lecture et écriture.

« 3* heure, a. Première classe i Calcul, histoire naturelle, écriture, b. Seconde classe : Leçons de choses, calcul et chant, c. Troisième classe : Leçons de choses et calcul.

a L'instruction est donnée par les séminaristes de dernjère année, sous la direction et avec Tassistance d'un maître-adjoint

de récole. »

Ainsi, le but de la prolongation du cours, pendant une troisième année, est « non pas d'ajouter de nouveaux objets d'étude, mais de revenir sur les matières enseignées,» et de tout ramener à la pratique. Il en est ainsi dans les séminaires allemands; et il en doit être ainsi dans toute école normale où une intelligence sérieuse de la mission d'instituteur préside à la direction des études.

H faut voir, d'après ce principe, comment est distribué renseignement dans les séminaires d'oulre-Rhin.

A rÉroîe normale de Berlin, la lecture, l'écriture, la gram-

icmxs icoBHiLES D^msTiTtTEims. 257

maire, rbistoire', l'histoire oatorelle, la géographie et la géomélrieBontcomplélementétudiées dans les denx premières aonées; c'est en les enseignaot eui-m6iaeB aux élèves de l'école aDDeie, et seulement ainsi, que les futurs iDstituleurs, pendanl la troisième année, s'entretiennent et se perTeclion- DentdDns ces couDaissances.

Voici, pour les autres objets d'enseignement, ce qui est assigné à la troisième année:

Religion (S heures par semaine). Parties principales de l'histoire ecclésiastique.

Pédagogie (réservée è la troisième année). Semestre d'été : Notions générales sur la science de l'éducation, fondées sur l'étude des points les plus essentiels de la psychologie. — Parties priDcipales de l'histoire de l'éducation , surtout depuis la Réiome.

— Semestre d'hiver : Étude raisonnée de l'oi^anisalioa et de la marche d'une école.

Histoire naturelle. Répétition des éludes précédentes. Notions de minéralogie et de géographie.

Physique. Notions élémenlaires.

Dessin. Dessin ornemental, de la tète, des anîmaui.

C/umt. Chœurs. Etude méthodique de l'enseignement du chant.

Telles sont uniqnemeDt les matières réservées à la troi- ^ëme année, dans le SchuHehrerseminar de Berlin. Tout le rente, je le répète, appris dans les deux premières années, est enseigné par les futurs instituteurs, pendant la

1, Programme du eovrs S'Bistoà-e.—t" année: Par l'histoire des peuples anciens; époqnee les pins importa littéraire i biographie de quelques grands hommes; tra mœurs des sociétés anciennes par le christianisme. — 3* da Brandebourg , de Prosse et d'Allemagne, en y rail nôtres peuples.

258 TROISlèVE FAETIE»

riode, aux élèves de Técole annexe. On eût cru paralyser tout progrès, et porter un coup fatal aux études normales si, soos prétexte de simplification^ l'on eût accumulé les objets d'enseignement dan3 la dernière année. On a compris qu'agir ainsi eût été placer les élèves-mattres hors des conditions d'un travail sérieux, et habituer leurs esprits, dans une course précipitée à travers un champ trop vaste, è se payer de mots en négligeant les idées.

Prenons maintenant, non plus un séminaire gouverné par les traditions de Tesprit administratif prussien ^ mais un établissement placé sous une influence d'un caractère tout à fait différent, prenons l'École normale catholique de Fulda : les objets d'étude nous y paraîtront choisis, et la distribution entre les trois ans opérée d'après des principes absolument conformes à ceux qui règlent l'organisation intérieure du séminaire protestant de Berlin. Il faut lire avetî attention les articles suivants du règlement de l'Ecole normale de Fnlda :

§ 11. — Les objets d'étude, au séminaire, pendant le cours des trois années; sont :

a. La religion, jointe à la connaissance des histoires bibliques et de rhistoire ecclésiastique.

b. Notions sur les facultés de l'àme et sur la logique, qui sont le fondement de la pédagogie; et science des méthodes.

c. La langue allemande. Cette étude comprend des exercices de lecture, de prononciation, d'écriture et de composition, d'après un thème donné.

d. Arithmétique et étude des formes. Cette dernière conduisant è la géométrie.

e. Connaissance du monde. Géographieb, istoire naturelle, éléments de géographie, histoire, et spécialement histoire nationale.

/. Calligraphie.

ÉCOLES NORMALES d'iNSTITTIEURS. 259

g, Dâssifii

h. HasiqQe, chant, piano, ofgne, baise, yiolon, accord de l'orpe» du piano.

t. Science de la direction de Técole et instructions str la part réservée à l'instituteur dans le service des églises. Exercices pratiques dans Técole annexe et répétitions données aux séminaristes les plus faibles.

/.Notions d'horticulture, et de la taille des arbres fruitiers; éveatudlement aussi» éducation des vers à soie.

Il doit être organisé des exercices gymnastiques.

§13. — L'ense^nement triennal du séminaire se divise en trois cours annuels, et en conséquence, les séminaristes sont divisés aossi en trois classes. Dans les cours de première et seconde année ^ les séminaristes apprennent comme diciples ce que, plus tard, ils doivent enseigner comme maîtres; le cours de troisième année est consacré au développement progressif de rinstituteur, et Ton y ramène tout à TapplicatioD.

§ 13. — La répartition des objets d'enseignement entre les cours est faite par le directeur du séminaire en conseil des maîtres ordinaires; elle doit être soumise, au mois de février, à Feiamen de la Régence provinciale. Toutefois, le plan suivant ( qu'on peut modifor selon tes exigences spéciales) doit être coDsidéré comme modèle.

MÉi

HIVIBS.

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