ÉCOLES NORMALES D* INSTITUTRICES
£n ce qui est des établissements destinés à renseignement des filles, la France n*a certes rien à envier à l'Allemagne.
Tandis qae les maîtresses manquent presque partout, de l'autre côté du Rhin, la France recrute incessamment les institutrices de ses jeunes filles pauvres à une double et inépuisable source : d'un côté les congrégations religieuses, de l'autre, les dix écoles normales et les vingt-six cours normaux semés çà et là sur tonte l'étendue de son territoire, pourvoient avec prodigalité aux besoins que développe chaque jour le sentiment des intérêts moraux. Des membres de ces saintes associations que le catholicisme ne cesse de peupler de victimes volontaires, président à la direction de la majorité de nos écoles normales d'institutrices^ ; et la France, avec un légitime orgueil, peut entendre l'Angleterre et l'Allemagne protestantes répéter cet aveu d'une infériorité qui a conscience d'ellemême :
c Nous avons besoin de maîtresses qui chargent leurs épaules d'un rude fardeau ; qui ne regrettent la dépense ni de leur temps, ni de leurs forces, ni le sacrifice de leur comfort-y qui dans l'esprit du Christ, accomplissent Tœuvre du Christ; qui ne comptent pour rien ni leurs aises ni leurs vies; qui, après l'entière immolation d'elles-mêmes, soient encore humiliées de leur lâcheté, et s'écrient : Nous sommes des servantes inutiles 1^1
1. Sur dix écoles normales d'institutrices, sept sont dirigées par des religieuses ; treize cours normaux, sur vingt-six, sont également confiés aux membres des diverses associations.