X. — Musique
La musique est enseignée, au séminaire, en vue de son influence religieuse et morale; mais, en outre, elle a pour but (le former des maîtres de chant pour l'école élémentaire , des chantres et des organistes pour l'Église. Cet enseignement doit être constamment grave et subordonné à un but moral. Jamais l'art, en lui-même, n'est le but des études au séminaire.
Par ce que nous venons de dire, la voie est tracée à la méthode.
L'enseignement du violon, au moyen d'exercices élémentaires gradués, strictement méthodiques, développe le talent musical en général : le but est atteint aussitôt que l'élève est on état Je jouer avec sftrelé les airs en usage à l'école. La musique de couecrt ne rentre pas dans le cadre de rensei-
RÈGLEMENT GÉNÉRAL
gnemcDt. On examinera seulement si l'on doit permettre, en vue de solennités musicales exécutées au séminaire, de suivre des cours de perfectionnement. De telles solennités doivent avoir des tendances morales, et ne prendront jamais le caractère de concerts publics.
L'enseignement du piano se lie étroitement à la théorie de l'harmonie, et sert d'introduction à l'orgue. Nous recommandons ici une méthode sévère, et un choix de morceaux de musique grave et sévère.
Orgue. On commencera le plus tôt possible l'étude de mé*
locUes chorales.
Les sujets chez lesquels il y a manque absolu de talent pourront être dispensés des leçons d'orgue.
Quant h ceux qui y prennent part, il faut qu'ils sachent, en sortant du séminaire, accompagner chacun une cinquantaine de mélodies chorales, et qu'ils puissent diriger le chant des fldèles à l'église.
Dès que les circonstances le permettront, on désignera, pour tous les séminaires de la monarchie, un seul et même livre de chorals, h l'usage des futurs chantres et oi^anistes.
On pourra, ainsi, se rendre compte du but commun que Ton poursuit, et subordonner l'arbitraire individuel à l'idée générale consacrée par l'expérience.
C'est sous ce point de vue que Ton doit dès h présent envisager l'enseignement de l'orgue ; le séminariste s'exercera à reproduire avec sûreté ce qui est adopté h l'église, plutôt qu'à inventer du nouveau*
Chani. Pendant la première année, une leçon par semaine suffira pour exercer l'oreille, pour former la voix par des exercices rhythmiques qui se lieront à renseignement de l'Iiariiionic. Une seconde leçon sera consacrée à l'étude de chorals et do Liedei* populaires h une ou à deux voix.
TftOISlÈME PARTIE.
Les deux cours supérieurs sont combinés dans deux leçons de chant ; rien n'empêche que les élèves des coars inférieurs 7 prennent part.
Dans le chant d*église, le choral figure en première ligne ; les élèves doivent arriver à chanter au moins soixante mélodies sans Faide du livre de chorals; chacun, à tour de rôle, figurera comme préchantre. 11 va de soi que Ton donnera les renseignements nécessaires sur les altérations que les mélodies primitives ont pu subir dans les diverses provinces, sur leur caractère et la manière de les étudier.
Le chant liturgique mérite toute notre attention. Il s* en faut que tout soit dit, que tout ait été fait à l'égard du culte évangélique. C'est une raison de plus d'exiger de la part des séminaristes et de leurs maîtres respectifs, que, dans une participation intime à la vie de l'Église, ils aient soin d'étudier les besoins qui se manifesteront à cet égard et d'y satisfaire. Nous leur recommandons provisoirement les exercices liturgiques de la cathédrale royale, à Berlin, publiés par F. A. Strauss.
L'exécution des motets, hymnes, psaumes etc., de composition ancienne ou moderne, tels qu*ils se trouvent dans les recueils de Hientzsch , Erk et Graef , Jacob et A., servira à former le goût et le sens musical des élèves \ en outre, elle les familiarisera avec l'usage des chœurs; et là est le plus puissant moyen de relever extérieurement le culte évangéliquc.
Dans ces mêmes recueils, on pourra faire un choix de chœurs séculiers parmi lesquels le LzW populaire , dans sa forme la plus noble, et les chants patriotiques doivent figurer en première ligne; les séminaristes auront ainsi les matériaux nécessaires pour pouvoir, dans la suite, par l'école et les sociétés chorales , lutter avec succès contre le chant trivial , efféminé et mou.
Do Ih suit que, danf; le choix des morceaux, on doit être
RÈGLEMENT GENERAL. 305
dirigé non-seulement par des considérations musicales, mais aussi par des vues pédagogiques : le directeur du séminaire aura donc à surveiller ce choix. 11 va de soi, que le texte des lieder sera expliqué dans les leçons de langue allemande.
Enseignement du chant. Le maître doit ici se tenir en garde contre Terreur de croire qu'il a mission de faire des élèves du séminaire de véritables compositeurs. Le but le plus prochain de cet enseignement ne peut être autre que de les mettre è même de comprendre un morceau de musique, en tant qu'organistes et maîtres de chant.
Jamais cet enseignement ne pourra être purement théorique ; chaque élève devra faire immédiatement l'application pratique de ce qu'il vient d'apprendre.
Quatre leçons par semaine, à répartir entre les trois cours, suffiront pour l'étude de l'harmonie et pour l'enseignement des méthodes de chant en usage dans l'école élémentaire.