‹ De l'éducation pȯpulaire dans l'Allemagne du word et de ses rapports avec les doctrines philosophiques et religieusesChapitre 107 sur 136 · MARDI · texte numérisé non relu

MARDI

Beli(;ion.

Exercice de

compotitiont.

nittoirc et

géographie.

DeBaio.

Prda.

MBnCRRDI.

Rrlifpon.

L( ctiirr.

Idem.

Chant.

TraTSil

Poiguille.

CalcuL

Francis.

JRUDI.

Religion.

Exercice de

compositions.

nictoire naturelle.

Calligraphie.

Travta

Taiguille.

TEHDRRDI.

Reli|;ion.

Langue

alleniaude.

Hittoire et

géographie.

Chant.

Travail

Taiguille.

Calcul.

Françai».

lAMRDI.

Ri-lgion.

Exercice t e

contpotitionf.

Matbcma-

tique.

Géographie.

DeMin.

Calcul.

' Pendant ce travail, on fait repasser aux élèves l'histoire sainte, en leur adressant des ques'.ions. — Tout exercice oral est accompagné d*un travail manuel. Ceite excellente pratique, qui devrait être universelle dans les écoles de jeunes filles, est mise en usage avec un grand profit par M. le docteur Ratier, dans .^ou inléressant institut des jeunes aveugles.

ÉCOLES NORMALES INSTITCTRICES.

ment technique., et des notions positives, croyez- nous, le système est bon. Il a deux avantages : d'abord, il contraint les futures institutrices à n'admettre que des idées claires, nettes, simples, point obscurcies par Tambition du langage; en même temps, il les habitue à tout reporter, dans leurs études personnelles, au but réel de ces études, c'est-à-dire h l'enseignement de très jeunes esprUs.» Que de telles considérations aient une sérieuse valeur, on ne peut le nier, et d'excellents résultats le prouvent; mais elles supposent, on le voit, un enseignement pédagogique dont le caractère élevé puisse maintenir des esprits déjà murs à ce niveau moral dont, sous peine d^amoindrissement, ils ne doivent point descendre. Si, par une heureuse combinaison, on peut, à la simplicité de l'enseignement pratique, unir ainsi l'élévation de la pensée, assurément un difficile problème est résolu.

Dans le plan primitif, les séminaristes ne devaient point prendre part à l'étude de la langue française; mais beaucoup de jeunes filles, en entrant à Técole normale, possédaient déjà quelques notions de notre langue. On a jugé bon d'utiliser, dans le séminaire, les faibles éléments qu'un grand nombre d'institutrices futures apportaient, sans trop y penser, du foyer domestique. On s'est dit, chose remarquable dans un institut de maîtresses d'école, que la connaissance d'une langue étrangère était favorable au développement de l'intelligence, et l'on a inscrit la langue française au nombre des objets d'étude obligatoires. — Un autre motif a fait adopter ce parti : une fois à la tète d'une école, beaucoup d'institutrices donnent des leçons particulières. Or, toute éducation distinguée, au delà du Rhin, suppose nécessairement l'étude du français; non pas cette étude vague et superficielle qui permet , en faisant à coups de dictionnaire le siège de chaque phrase, de conquérir tant bien que mal le sens général d'un ouvrage; mais une élude sérieuse et complète, après laquelle

SI

TROISlèME PAETIÉ.

on parle et I'od écrit la langue étrangère qn^on a rendue sienne. La langue française, poar la plupart des institotriees allemandes, est donc un instrument très ntile. Celles qui 80^ tent de l'école normale de Munster, sont en état, plus ou moins, de manier ce délicat instrument.

Sur cinquante séminaristinnen^ seize seulement sont pcnsionnaires; les autres habitent la maison paternelle, ou, si elles sont étrangères à la ville, vivent au milieu de familles amies, sous des conditions déterminées par la directrice de réeole.

Cette coutume est analogue à l'usage adopté par les directeurs de la grande institution de Gray's tnn road^ à Londres; et, dans l'école normale de Munster comme dans les écoles anglaises de la National Society, le principal ressort de la discipline est le sentiment de la dignité personnelle.

Cette éducation en quelque sorte de famille atteint, — les faits le prouvent, — le but que poursuit le dévouement qui la donne. Elle devient réellement, selon cette belle parole de Rollin, c le législateur toujours présent qui montre le devoir et le fait pratiquer. » Phénomène remarquable : d*après un usage que les mœurs consacrent sans que la loi l'impose ea aucune sorte, les institutrices, dans la province de Munster, restent vouées au célibat, tant que, placées à la tète d'une école, elles sont chargées des fonctions de l'enseignement; on n'y admet pas que les devoirs de la mère de famille puissent se concilier, avec les obligations de Tinstitutrice. L'institutrice vient-elle à se marier? Elle abdique par le fait même les fonctions dont elle avait assumé l'exercice. Je ne juge pas ici un tel usage ; je le constate.

Eh bien ! dans les conditions difficiles oà elles se trouvent les anciennes élèves de l'école normale de Munster ont défié, jusqu'à ce jour, lesatteintes de la malignité. Elles jouissent en Westphalie et dans les provinces rhénanes, d*une répufa-

ÉCOLES NORMALES B* INSTITUTRICES. 525

tioD à la pureté de laquelle n'oDt pas manqué d'éclalauls témoignages. «Je connais le corps des institutrices de la province de Munster, disait en 1848, à la tribune du parlement de Francfort, Ms^ l'évAque de Hayence^; et tous ceux qui le connaissent comme moi lui rendront témoignage : la moralité de ces institutrices est si élevée que nulle critique ni soupçon ne sauraient les atteindre. »

La vue du bien opéré dans les provinces rhénanes par récole normale catholique deMiinster a naturellement eicité, dans l'esprit de l'administration supérieure de Berlin, le désir d'assurer un avantage analogue aux provinces protestantes de Prusse.

Un séminaire d'institutrices a été créé tout récemment dans la Régence de Hersebourg, à Droyssig.

Nous ne pouvons, en ce qui concerne cet établissement, que citer, en l'abrégeant, la circulaire suivante adressée aux autorités scolaires parle ministre de Tinstruction publique, à la date du 36 mai 1854.

« L'école normale de Droyssig est destinée à fournir des maltresses à toutes les provinces de la monarchie. La durée du cours est de deux ans. Le personnel enseignant se compose : d'un directeur, d'un maître et d'une maltresse en pre« mier, d'un maître adjoint et d'une maltresse adjointe. Le bat de l'établissement « est de former des institutrices chrétiennes pour les écoles élémentaires et les écoles bourgeoises, d'après les principes de la doctrine évangélique; ces institutrices, à la sortie, doivent être en état de dispenser une instruction et une éducation chrétiennes. »

«L'enseignement embrasse toutes les matières applicables à

1. Ms' Von Ketleler.— Discours en réponse à rexposé des; motifs de M. Paur de Naisse.

l'éducation des femmes, y compris les travaux à l'aiguille et la pratique du gouvernement économique d'une maison. L'étude de la langue française y est prescrite.

« Â cet établissement doit être annexé un institut pour la formation de gouvernantes , de maltresses pour les écoles de jeunes filles d'un rang élevé. Outre l'instruction religieuse et pédagogique» on y fera des études plus avancées, notamment on y acquerra un usage familier de la langue française et de Fanglais, et la pratique de la science musicale. Les élèves de l'école normale, après leurs deux années d'étude, pourront être admises à l'institut.

c Le régime deTécole normale repose sur le fondement de la parole de Dieu, et est dirigé dans l'esprit d'une communauté chrétienne.

« Pour être admise, les conditions d'étude indispensables sont : une intelligence suffisante de la doctrine chrétienne, d'après le catéchisme et TÉcriture sainte; une connaissance facile des principaux traits de l'Ancien Testament; l'usage des chants religieux le plus en usage. — Il faut de plus : lire correctement ; pouvoir rendre compte avec justesse du morceau qu'on vient de lire, de vive voix et par écrit, sans faire trop de fautes contre la langue*, avoir la pratique des quatre règles; connaître ce qu'on apprend d'histoire nationaleet d'histoire naturelle dans la classesupérieure d'une bonne école primaire; savoir tricoter, racommoder et coudre; posséder les premiers éléments de la langue française, du piano, du chant et du dessin. »

En parlant des écoles normales d'institutrices deHunslcr et de Droyssig, nous avons voulu faire connaître le mouvement qui se produit, à l'heure qu'il est, au delà du Rhin; nous n'avons point prétendu y chercher des exemples pour la France.

ECOLES MOEMÀLES d'iNSTITDTEICES.

En ce qoi est des établissements destinés à renseignement des filles, la France D*a certes rien à envier à l'Allemagne.

Tandis que les maltresses manquent presque partout, de Vautre côlé du Rhin, la France recrute incessamment les institutrices de ses jeunes filles pauvres à une double et inépuisable source: d'un côté les congrégations religieuses, de l'autre, les dix écoles normales et les vingt-six cours normaux semés ça et là sur toute l'étendue de son territoire, pourvoient avec prodigalité aux besoins que développe chaque jour le sentiment des intérêts moraux. Des membres de ces saintes associations que le catholicisme ne cesse de peupler de victimes volontaires, président à la direction de la majorité de nos écoles pormales d'institutrices^ ; et la France, avec un légitime orgueil, peut entendre l'Angleterre et l'Allemagne protestantes répéter cet aveu d'une infériorité qui a conscience d'ellemême :

« Nous avons besoin de maîtresses qui chargent leurs épaules d'un rude fardeau ; qui ne regrettent la dépense ni de leur temps, ni de leurs forces, ni le sacrifice de leur comfort; qui dans l'esprit du Christ, accomplissent Toeuvre du Christ; qui ne comptent pour rien ni leurs aises ni leurs vies; qui, après rentière immolation d'elles-mêmes, soient encore humiliées de leur lâcheté, et s'écrient : Nous sommes des servantes inutiles 1^ >

1 . Sur dix écoles normales d'institutrices, sept sont dirigées par des religieuses ; treize cours normaux, sur vingt-six, sont également confiés aux membres des diverses associations.

Page 1