‹ De l'éducation pȯpulaire dans l'Allemagne du word et de ses rapports avec les doctrines philosophiques et religieusesChapitre 64 sur 136 · M. Eichhorn · texte numérisé non relu

M. Eichhorn

RÔLE DE l'Église év Angélique.

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par des moyens énergiques. » (Triste resssource, en vérité!) Et, au même moment, le roi de Saxe, dans son discours d'ouverture des ctiambres, laissaitentendreces paroles : « Les troublesquise produisent^ menacentde dépasser toute mesure. Vous m'aiderez à préserver l'Église de cet ébranlement ; je dois empêcher quelespiliersde l'État, les fondements de l'existence humaine, la religion et la foi s'affaissent et s'écroulent. » Aujourd'hui même, n'est-ce point l'autorité civile qui, dans la lutte contre l'athéisme des libres communes', se substitue au Conseil supérieur ecclésiastique, et s'empare, au nom de la politique, du rôle assigné à l'autorité doctrinale? Si les temples des amis de la lumière ne reçoivent pius, à l'heure qu'il est, les populations égarées, ce n'est pas l'enseignement de rÉglise qui en a éloigné les sectaires en conquérant leurs esprits, c'est la main de l'État qui en a fermé les portes 3.

De quel droit , TÉtat fait-il lapolice des choses religieuses'*, et, au milieu des oscillations de la foi protestante,

1. L'agitation suscitée par les Annales hégéliennes de Halle.

2. Voyez les discussions de la première chambre, 15 mars 1S52 ; discours du ministre de l'intérieur et du ministre de Tinstruction publique. • Laissez, disait M. de Raumer, laissez la jeune génération grandir dans ces principes et sans croyance en Dieu (ohne den Glauben an GoU)^ vous ne tarderez pas à en recueillir les fruits. •

3. Circulaire du 29 septembre 1851 à tous les présidents de provinces, pour les engager à agir contre les libres communes : « ... Ist aber fUr die Staatsregierung die unabweisbare Pflicht e.^wachsen, denselben mit allen gesetzlichen Mittein entgegen zu treten.»

4. • Pour peu qu'on se représente fidèlement Tétat vrai des opinions religieuses dans la grande majorité du clergé protestant de la Prusse, on voit tout de suite combien les croyances diffèrent aujourd'hui des symboles reconnus à la paix de Westphalie. Or, ce sont ces symboles que l'édit du 30 mars 1847 (l'édit de Tolérance dont nous avons parlé), érige en critérium suprême pour rejeter quiconque ne les admet pas, du sein des Églises établies, approuvées et salariées par le gouvernement ; c'està dire que, l'orthodoxie prussienne étant, en somme, une question demajo* rité (ce qui est la seule base possible de toute orthodoxie protestante), une minorité assise dans les consistoires par un pouvoir purement laïque

SECONDE PARTIE

adopte- t-il, selon le reproche adressé par les dissidents, une formule qui le crée pape? Là n'est pas la question ; au besoin, il invoquerait pour excuse cette jnstiflcation des droits mal établis, la nécessité. Quoi qu'il en soit» TÉtat demandait à l'Église, dans Tordre doctrinal , c un point fixe qui fût en même temps un point d'appui et un point d'arrêt* ; » rÉglisc allemande ne lui a présenté que le vide. Au lieu d'être un élément conservateur, elle a été presque partout un principe de dissolution ; loin qu'elle fortifiât TÉtat, l'État s'est affaibli h son contact; et si cette Église, aujourd'hui encore, semble se survivre à elle-même, elle doit cette vie factice à l'intervention contre nature d'un pouvoir étranger, pouvoir qui la subjugue en la protégeant, et ne la soutient qu'à la condition de l'absorber.

impose néanmoins les formulaires de 164S à cette masse ardente portée dans de plus larges sentiers. Le concile diplomatique de 1648 doit donc faire date pour les questions de dogme comme pour les questions de politique; mais, tandis que l'histoire a déjà deux ou trois fois bouleversé la politique décrétée par les négociateurs du dix-septième siècle, la stricte dévotion de ces pieux évangélistes nés, eux-mômcs, il a quelque vingt ans, ne reconnaît d'Ëglise normale que les Églises conformes aux principes religieux des doctes Pères de Munster et d'Osnabruck. • (M. Alexandre Thomas, Revue des Deux-Mondes), 1. M. Guizot.

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