So beruht der Untersehied zwischen onserer 2^t als der
puissances qui doivent diriger et vivifier l'éducation ^ Et renseignement religieux est, dans sa pensée, non point cet enseignement humanitaire que Basedow vient offrir indifféremment au Turc, au Chrétien et au Juif, mais renseignement positif et pratique : « une religion générale , déclare le philosophe, est une chimère, non moins qu'une langue commune et une nationalité universelle*, i
De ces trois puissances dont parie Schleiermacher » les deux dernières seulement, à vrai dire, sont appelées par Pestalozzî à élever l'édifice qui doit abriter les générations nouvelles. «Aujourd'hui, s'écriait -on an parlement de Francfort, aujourd'hui, l'État est resté dépositaire de la religion humanitairef l'État est devenu plus religieux que l'Église, et c'est k l'État seul qu'appartient l'enseignement.» Pestalozzi n'a point parlé ce langage révolutionnaire des politiques de Francfort ; et quand, de ses lèvres mourantes, s'échappaient les paroles de pardon qu'il adressait h ses ennemis, c'était certes le chrétien qui se révélait au moment suprême. Cependant, il faut le confesser, Pestalozzi n'a jamais assigné un rang principal et distinct à Téléraent religieux dans l'éducation : le point de vue duquel il jugeait la nature humaine en voilait pour lui Tune des faces; et, qu'on le sache ou qu'on l'ignore, il est un des pères de la doctrine qui se résumait, en 1848, dans la devise devenue célèbre de l'autre côté du Rhin : émanr
cbristlichen und der frUheren sis der beidnischen darin, dass unsere Zeit, die chridtliche, ausser dem gemeinsamen Leben im Staate noch das Leben in der Rîrche kennt. Eind kann aber dem andern nichi subordiairt werden. » {Erziehungslehre, s. t3.)
1. «Es kommt bei der Erziehung ailes darauf an, dass Familie, Staat ond Kirche in Ueber^instimmung ihren Binflnss aaf die jtfngere Génération ansUben. • (IM.)
t. • Eine allgemeine Religion nnd eine von aller NationalitSit eniblosste Sinne sind eben seiche GbimUren, wie mne allgemeine Spracbe nnd ein, allgemeiner Staat. •
SECONDE PARTIE
cipation de Vécole, Dans les derniers jours d'une vie pleine de déceptions, ce noble esprit, assure-t-on, avait reconnu l'erreur qui paralysa de généreux efforts; et n'est-ce pas en ce sens qu'il faut entendre l'aveu que lui dictait un sentiment profond : a J'avais perdu la vérité intérieure , et j'en étais venu h honorer les airs de trompette et les recettes de charlatan avec lesquels le temps actuel prétend sauver l'humanité. »
Aujourd'hui, l'école conservatrice allemande porte un jugement sévère sur l'influence exercée par Pestalozzi. Le créateur d*Yverdun n'est plus entouré de ces hommages incontestés qui semblaient devenus une sorte de culte. On se croit en droit de faire remonter jusqu'à lui , en partie du moins, la responsabilité de cette insurrection, morale qui , depuis trente années, a éclaté dans le monde pédagogique au delà do Rhin ; on l'accuse, lui et ses disciples, d'avoir méconnu « le but, la mission et les lois de l'école populaire* ; » on lui dénie le pouvoir de résoudre le problème ; on déclare hautement qu'il n'en possède pas les éléments.
Quel rapport, à première vue, entre les conceptions métaphysiques et l'enseignement de l'école primaire? Qu'on ne s'y trompe pas cependant, tout système de pédagogie procède d'une pensée supérieure et y retourne. Cette pensée sera tantôt le christianisme, tantôt le naturalisme de Rousseau et de Basedow ; et s^il arrive que le panthéisme s^empare un jour des régions élevées de la science, l'école primaire, qu'on n'en doute pas, alors comme toujours, sera l'écho des universités.
Que dit la philosophie allemande depuis cinquante ans ?
1. • Bine so augenfallige Unwissenheit iiber Zweck, Zîel, Aofgabe
and YerhSltnisse der wirkIicheD Yolkscbule (Einrichiungs-wïd Lehr-
flan, voQ Theod. Goitzsch ; p. 2 ; ouvrage auquel a souscrit, on le sait, le Ministre de rinslruction publique, pour le répandre dans toute la Prusse).
aÔLE DE LA S€lEiNCE PEDAGOGIQUE.
La raison crée (oui ce qu'elle conçoit; en pensant le inonde extérieur, le moi l'objective, et lui donne l'existence. Le moi est donc le principe de tout et l'unique réalité, h la fois sujet et objet, ces deux faces de l'absolu. Voilà le principe de Fichte; et le philosophe teiminait un de ses discours par ce défi de l'orgueil : « Dans la prochaine leçon, nous créerons Dieu ! »
De là aux formules de Feuerbach, il n'y a que la distance de la conséquence au principe : c L'homme porte en lui-même ce qu'il adore sous le nom de Dieu... Il n'adore un objet qu'après s'être transporté dans cet objet. C'est la formule définitive qui se concentre en celle-ci : L'homme s'adore lui-même, l'homme ne peut pas ne point s'adorer lui-même^»
Fichte partait du mai pour conquérir ïabsolu ; il créait Dieu. Schelling se plaça du premier bond au sein de l'absolu. «Tout est un, dit-il, et identique quant à l'essence. > Pendant vingt années, pendant toute la première partie d'un enseignement dont l'illustre vieillard, en inaugurant la philosophie de larévélcUion*, a déserté les conséquences, toute h philosophie de la nature n'est que le développement de ce principe. Survient Hegel : Dieu , déclare le philosophe , n'est Dieu qu'en tant
1. Feuerbach, Qu^est-ce que la religion? trad. d'Ewerbec, p. II.
2. «Je reconnais^ aditll. de Schelling, daus son dernier enseignement, le fils de Dieu fait homme, et tout le contenu de la révélation comme autant de faits. Je les admets, quoique ce soient des mystères. • — La révélation , dit-il encore, est au-dessus de la raison autant que Dieu est audessus de Thomme. Elle dit elle-même qu'elle dépasse toute intelligence humaine. Et que serions-nous si cela n'était pas? La raison est ballottée de doute en doute. Or, ce ne peut être là sa doctrine dernière. Sa doctrine dernière est la science suprême. La science suprême est la foi. C'est le port assuré qui est offert à la raison errante sur l'Océan agité par la tempête. C'est donc là qu'il faut diriger ceux qui cherchent la science. La science est consommée dans Jésus-Christ; et saint Augustin a eu raison de dire : Prœter Christum scire est nihil scire,»
Le philosophe admet la Trinité, la chute, la rédemption, l'Eglise; mais en expliqvMnt les mystères, il renouvelle, à bien des égards, les doctrines du gnosticisme.
SECOMDE FARTIB.
qu'il se connaît ; et il ne se connaît qu'en tant qu'il a conscience de soi dans l'esprit de rhomme.
Arrêtons-nous sur le nom de Hegel. Le problème de Téduoation a vivement préoccupé l'audacieux sophiste aux pieds duquel rAllemagne moderne a semblé, vingt années durant, abdiquer son indépendance.
Quelle est l'idée qu'implique le mot â*èducaiion1 L'idée de développement. Or, se développer, devenir (werden) , c'est là le fond de la métaphysique de Hegel. Pour Hegel, l'être, l'essence absolue, Dieu, n'««/pas, il demeni. DemémequeT^/rtf, selon une théorie que nous ne nous chargeons pas de rendre intelligible, sort du sein du néant, pour arriver, par une force latente d'expansion, è la conscience de son infinité; de même l'individu part d'un état inférieur, état où il est asservi par l'instinct, et par les panions, pour s'élever Jusqu'à Tétat où il n'obéit qu'aux lois générales , et participe au dmn { das GbitUche).
Le point de départ de Hegel, on le voit, est fort différent de celui de Rousseau et de Basedow. Pour lui, la nature n'est point bonne; bien loin delà* : «L'homme, par sa nature, n'est pas ce qu'il doit être... La première naturaliié doit être détruite... C'est un enseignement de l'Église, dit enoojre le philosophe , que l'homme nait mauvais, et que cette per* versité est un vice dont héritent les générations. Le péché originel est donné par l'Église comme ayant sa cause dans un acte accidentel du premier homme. En réalité, la notion même de l'esprit implique ce principe que l'homme est naturellement
I. Ce point de vue de Hegel est curieux : «Der Natarzustand ist der Stand der Rohheit, Gewalt and Ungerechtigkeit... der Menaoh ist oicht Yon Natur, was er seinsoll... die Nalur ist bOse von Hanse ans, der Menach iat an sicb das Ebenbild Gottes, in der Existera nor ist er natttrlich und das was an sioh ist, soil hervorgebracht werden. Die ersta NatUi Uchkeit soU aufgehoben werden. Dies ist diedeedes Christentbums UberhaupU*
maoYais et l'on ne peut même se représenter qn'il en soit autrement ^ » Ainsi, l'idée d*un vice intime, sinon le dogme de la chute originelle, devient, en quelque sorte^ le fondement de sa théorie. La pédagogie sera donc Fart d'enfanter l'individu è une nouvelle vie, de transformer sa première nature en une seconde^nature intellectuelle {teine ersie Natur zu êiner zwêiien geisiigen imzuwandeln). Dans une certaine mesure, la pensée philosophique de Hegel se rapproche, au point de départ, de l'enseignement chrétien. Mais quelle sera cette seconde nature? Sur quel fondement reposeront les lois générales dont l'observation élève l'homme, de l'état naturel (nafUrKch) è l'état moral {siiiUchyt Ici tout devient arbitraire; car l'être, l'essence absolue, Dieu, est, pour Hegel» nne abstraction métaphysique. Dès lors , quelles règles précises assigner à la liberté de l'homme? Et conséquemment, quel sera le caractère positif de l'éducation? Hegel veut, il est vrai, que T&me subjugue le corps, le réduise en servage, et s'empare de lui comme d'un instrument qu'elle fera servir à ses desseins' ; il déclare que « la domination exercée sur ce qui tient au corps, et, pour employer ce mot barbare, sur la corporalité (Leiblichkeit) ^ est la condition de l'affranchisaement de l'ftme et de la possibilité où elle est d'arriver à
1. «BekannleLehre der Kirche iti es, dass der Mensch vod Nalur bOse iey, un dièses bOsesein von NatDr wird als ErbsUade bezeicbset... in der Tbat, liegtes im Begriffdes Geiates, daas der Menacb too Natur bOae iet, und mon hat iich nicht vorzustelUn^ dass di$s oucJb sein kànnU* •
Voyez les quatre volumes composés des morceaux de Hegel sur TédncAtion, f t publiés par le docteur Gustav Thaulow, professeur à Toniversité de Kiel : Hegel's Ànsiohteniibsr Erxiehung unâ Unieniehi (1853, Kiel), !«' vol. p. 57 et 58.
2. • Die menschliche Seele hat viel damit w thun, sich îhre Leiblichkeit zo'm Mitlel zu machen. Der Mensch muas aeioen KOrper gleicbsam erst in Besitz Dehmen, damit er daa Inatroment aeiner Seele aei. {HegeVs Au" sichten^ etc., p. 77).
8EC0»DE PÀETIE.
la conscience objective^ i. Mais, Tâme une fois dans la plénitude .de Tactivité et de la puissance, vers quel point du monde moral se dirigeront cette puissance et cette activité? Voilà la question décisive. Je vois s'ouvrir une carrière immense, infinie; je ne vois ni une direction ni on but. Se développer, devenir (werden), ces deux mots, sans une restriction qui en fixe le sens et en détermine la portée, contiennent à eux seuls tous les périls de l'avenir; et dans la théorie de Hegel je découvre d'avance les dédains des politiques de Francfort pour les leçons du passé, et la rupture violente avec le vieil esprit allemand.
Émancipation , indépendance ! Tel a été , depuis Hegel, le fond de la doctrine scolaire. Indépendance de Dieu, de la tradition, des lois consacrées : cela a été enseigné, sous toutes les formes, dans les chaires des universités, dans les livres, dons les revues périodiques, dans les almanachs qui se glissent furtivement sous le toit du pauvre, pour y prendre place, à côté de la Bible, dans la bibliothèque de famille*; cela est descendu, plus ou moins modifié, dans les feuilles populaires rédigées par des pasteurs ; et
1. Die BemUchtigUDg der Leiblichkeit bildet die Bedingung des Freiwer dens der Seele, ihres Gelangens zum objectiven Bewusstseyn... (Begd's Ansichten^ etc., p. 77.)
On ue voit pas trop, du reste, comment cette idée, aussi juste que peo nouvelle, de la lutte de TÂme contre le corps, s'accorde avec la théorie de l'unité substantielle de l'une et de l'autre : « Die Seele ist die substantielle Einheit aller Bestimmtheitendes Leibes ; beide, Leib und Seele, $ind nicht unterschiedenen welcbe zusaramenkommen, sondern eine und dieselbe Totalitat derselben Bestimmungen... so ist auch das Leben nur als die Einheit der Seele und ihres Leibes zu erkennen. »
S. Catéchisme de la libre Commune, par Schneider. — Alnuinach des Paysans.^ par Neff. — Âlmanach du peuple (1850), par LUders, sous le patronage d'Ârnold Ruge : on y enseigne la sainteté du divorce, l'organisation de*la polygamie, l'anéantissement des religions. — Almanach des sujets et des t;aie(;,^etc., etc..
de chute en cbate s'est infiltré dans l'école par les fissures de l'enseignement pédagogique.
« Toute Église, s'écriait -on an parlement de Francforts quel que soit le nom qu'elle porte, ou le principe dont elle est issue» est un obstacle à la civilisation. Chaque Église, par cela seul qu'elle a des articles de foi , est un obstacle au libre essor de l'esprit humain. Je veux cet essor illimité; c'est pour cela que je ne veux point d'Eglise. »
«Point d'Eglise! » répétaient les pédagogues « d'accord avec les pasteurs des libres communes « Nous tenons les dogmes de l'Église pour décrépits, son enseignement pour pétrifié; ils ne répondent plus en rien à la vie du siècle. » Telle était, on ne l'a pas oublié, la profession de foi des Bheinische Blàtler. Et, il faut bien le dire, après avoir suivi dans ses développe^ ments l'histoire de l'évangélisme prussien, ce n'est pas au nom du principe protestant que nous irions condamner dans la bouche du pédagogue le cri insurrectionnel que la logique absout dans la bouche du pasteur : pourquoi M. Diesterweg ne serait-il pas en droit d'élever dans l'école le drapeau que M. Uhlich arborait dans le temple?
Que le maître d'école se donne donc libre carrière! c Une religion' qui se proclame immuable, éternelle, s'écrîera*t-il avec M. Diesterweg, affiche, comme telle, des prétentions à la domination absolue de l'homme, exige de lui une