‹ De l'éducation pȯpulaire dans l'Allemagne du word et de ses rapports avec les doctrines philosophiques et religieusesChapitre 72 sur 136 · Rheiniiche Blàtier, lS52,p · texte numérisé non relu

Rheiniiche Blàtier, lS52,p

SECONDE PARTIE

soumission aveugle, fait de lui un esclave.*.. C'est pourquoi, de tout temps, les prêtres ont cherché à dominer l'humanité; c'est pourquoi la théologie a voulu sUmposer comme la reine des sciences, et tenir les autres sous sa dépendance. Assec longtemps cela a été souffert.... Pour rétablir la paix dans l'individu comme dans l'humanité , de deux cho^ ses l'une : ou l'on immolera toute idée nouvelle en contradiction avec la foi ; ou bien , quelle que puisse être Tissue de la lutte, il faut la poursuivi*e hardiment, n

Lutte contre les religions positives : tel est le mot d'ordre. Qu'on déblaie le terrain des dogmes vieillis 1 qu'on fraie un libre accès à la vraie religion^ !

Je n'ai pas le droit d'attribuer à l'école dont les Rheini$€hê BlUttertormvlent les doctrines, cet axiome de Hégel : c Dieu ne se connaît que dans l'esprit de l'homme. » H. Diesterweg fait très explicitement allusion à l'existence d'un Orèaieur >. Comment, dans les conditions qui lui sont assignées, la créature conserve-t-elle l'indépendance et la personnalité? cela est difficile è dire. Ce qui est incontestable, c'est que cette école, en niant le dogme de la déchéance originelle', attaque le christianisme dans son principe; c'est que, bannissant systématiquement de l'école, comme dégradant et pernicieux, tout enseignementd'une religion positive^, et, pour par*

1. « Wir wollen durch Hinwegralimung der veralteten Dogmen dem Einzag der wabren RoligioD Babn machen.* (P. 293). Y. le ehap. 2* de lai'* partie.

S. • Dasinachâte... ist die lebendige BrkennUiiss von der Ezistem ond der Wesenheii des SchOpfers. •

S. Voyez Particle Zut ReUgioniuntmiehtê'Frage. (1S52).

4. • L'instruction religieuse ordinaire rend l'homme esclave, ao liea de raffranchir... Les défenseurs de renseignement dogmatique-confessionnel (des confusioneUdogmatisehen ReUgUmsuntenichtes) ^ étius l'éeole popalaire, sont les adversaires de la vraie religion .. Je les nomme les eunamif du genre humain et de Dieu.» {Rheinische BlUlier, p. S97, fSftS).

aÔLE DE LA SCIENCS PÉDAGOGIQUE.

1er son langage, tout enseignement eonfessionnel, elle rompt en visière avec la pensée traditionnelle, et jette un défi anx vérités premières qui sont le fondement de l'ordre moral.

On le sait : les prétentions de Técole dont nous signalons à la fois rinflnence et les écarts» ne sont pas restées dans Tombre des iéminairei. Elles ont été insolemment présentées aux mandataires de l'Allemagne assemblée : « L'école ne doit dresser

rbomme pour aucun but déterminé Si elle est soumise à

une influence spirituelle , elle ne peut atteindre sa fin principale qui est />ur^^/ humaine.... c'est pourquoi il faut abriter la jeunesse et contre l'influence de l'Église, et contre toute influence quelconque d'une opinion imposée par l'État. »

Qui parlait ainsi? le rapporteur du comité de l'enseignement au comité de Francfort t « Le clergé, continuait naïv^ent l'organe du comité, le clergé porte en lui-même, daM son costume, dans son regard, dans l'expression de sa physionomie un caractère de contrainte qui démontre son impuissance à conduire la jeunesse au but d'un libre développement. . . Qu'est-ce que l'instituteur? avant tout, le représentant d'une inspiration affranchie de toute contrainte. Si l'instituteur n'offre pas à la jeunesse des idées qui soient le résultat d'un travail intime et personnel; si sa pensée mûrie au milieu d'une atmosphère d'indépendance n'éclate pas dans son regard et ne se révèle pas dans ses actes, Vil n'en est pas ainsi, il faillit à sa mission < I »

1. A quoi M. Hoffinanii (de Ludwisburg) répondait fort sensément : • Quoi 1 point de but déterminé I J^avoae ne pas bien comprendre œ qa*on entend par là. N^avoir pas de but déterminé me paraît tolérable ponr Pécolier, détestable pour le maître. Nos écoles populaires, ce me semble, ne sont pas des laboratoires où le progrès spéculatif se prépare, mais de simples réunions où Ton fait participer les élèves à des résultats acquis. On dit encore : « TÉglise donne à l'École une direction qui n'est jugée bonne que par un parti religieux ! » C'est vrai ; la direction protestante n'est point au gré des catholiques, et la direction catholique n'est point

SECOISDË PAHTIE.

Ainsi les instituteurs sont créés tout exprès pour se mettre en quête de mondes nouveaux ; qu'on se tienne pour averti : ils forment Tavant-garde de l'tiumanité. Tout maître d*éeole est un prophète, si même il n*est pas un messie. C'est toujours, comme on voit, l'ingénieuse théorie des Bheinische Blàtier : c Un train de plaisir en pleine mer! »

A la faveur du mouvement développé par les libres com^ mimes, beaucoup d'écoles, de 1846 à 1S50, ont été créées, pour répondre à cet idéal, dans les différents pays de TAIIemagne, notamment dans les villes de Nordhausen, Hagdebourg, Halberstadt, Halle, Weissenfels, Elbing, Breslau, Lôwenberg, Hambourg, Tilsit, Egeln, Zeitz, Stendal, Dessau, Kônigsberg, Holzbausen, Nuremberg, etc. etc.

i: Le canevas de l'enseignement religieux, dans cesécoles, était ie caiécAisme du pasteur Ubiich. On y professait cette maxime de H. Diesterweg : « Peu importent les notions que Ton se forme sur l'essence et l'activité de Dieu, et sur la manière dont le monde a été appelé à l'existence. » On y chantait des poésies du genre de celles que publie H. Ulilich dans sa FeuiUe du Dimanche, pour la plus grande édification des nouveaux fidèles.

L'ancienne et la nouvelle Eglise.

< Il y a ici-bas une maison qu'on appelle la maison de Dieu. Ses dômes brillent au loin et dominent le pays ^ .

au gré des protestants. Quoi de plus naturel? Mais chaque communion est satisfaite de la direction qu'elle donne. Que veut-on de plus? Changez cela, tous les partis seront également mécontents, hors celui des indifférents et des athées ».

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