IV. — De Vépître aux Philadelphiens
Un seul autel, comme un seul évëque avec le presbytère [ty.
Recourant aux apôtres comme au presbytère de l'Eglise catholique (5)
Ne faites rien séparément de l'évêque ; aimez l'unité ; soyez
les imitateurs de Jésus-Christ, comme lui-même est l'imitateur de son Père (( i .
Le Seigneur pardonne à tous les pénitents, s'ils font pénitence dam l'unité de Dieu et la communion du Sénat de* l'évêque i 7 .
(1) 'Y7îOTXYr,Tî Tu ÈTtia-xÔTiw -/.ai àXAv-jAO'.;, u>; Itytovç Xv.tto; tôj Ilarpi y.aTJ -ripxx, xai oî a7:&crro}.oi ziï> Xpiarâ. (S. Ign. Epist. ad Mag. n. i3.)
(a) "Oxav yàp T<î> Itz'.t/.6~'i> C-otxckjeg'Oe cî>; 'Ir,<7oy Xp'.<rr« à).).' \1T.0~.1a-
d£(T0a'. xai tw Kpzaêv-zpiu», w; 0?; inoardlotç 'Ir,aoû Xpiarov. (S. Ig>'. Episl. ad Trait, n. 2.)
(3) IlâvTE; èvTpe7î£(j6ti)(rav tov È~tV/.07rov w; 'Ir^oCv Xpurtov, ôVra flov toC Ilarpo;, touç 8k irpEaéuTÉpoyç w; (T'jvÉoptov Qeoû, xai Jj; ffw5e<T|tOT) à—ocrô/ti». Xcopiç toÛtcjv 'Exx>.T,(7Îa où xaXeÏTa'.. (/6ic/. n. 3.)
(4) "Ev 6-j<T'.a(7-:r,piov, û; eîç ètzia/.oTtoz, i\xx rw irpEaêUTepîo». S. (les. Epi'5/. «rf P/ii'/ad. n. 4.)
(5) rïpûffç-jywv toi; a7ro<7-6)>oiî ioç itpeaëurepfu 'E/./.).r,cr:a;. l/6id. n. 5.)
(6) Xwpi; to-j £7rt<7y.67voy (JLï)Skv icoietTS ttjv evuxtiv à-faTrâ-rs , fU{iT)Tai
Ytv£(76î 'Ir,aoC XpjffToC, «i; xai a-J-rb; toC IlaTpo; avTO-3. (/ôi'rf. n. 7.)
(7) riaaiv o-jv aïTccvoo-jatv i<pÉEt 6 Kûpio;, âàv (XîTavor.Twtrtv e!ç iv6-r-x Beoti xal auvéSptov toC Imax^nQU. (/6i<f. n. 8.)
Y. — De l'épitre aux Smyrniens.
Soyez tous attachés à l'évèque comme Jésus-Christ l'est au Père et au presbytère comme aux apôtres (i).
Que cette eucharistie soit estimée ferme et légitime qui est célébrée par l'évèque ou par celui à qui il l'a permis (2).
Là où se montre l'évèque, que là soit tout le peuple, comme là où est Jésus-Christ, là est l'Eglise catholique (3).
Il n'est pas permis de célébrer séparément de l'évèque ni le 'baptême ni l'agape; qu'on ne fasse séparément de l'évèque aucune des actions ecclésiastiques (4).
Je salue l'évèque digne de Dieu et le presbytère qui plaît à Dieu (5).
(1) niv-e; -u> immîàwû dncôXodOétTS, t<>; 'Ir^oC; Xpiator t<;> IlxTpi* /.a! râ 7T0E<jê-jTEpt'a>, w; toï; à7:o(TTÔ).o•.;. (S. Ign'. Epist. ad Smyrn. n. 8.)
(2) 'Exeîvr, [Bîêaia sJyap-.aTi'a rfteiabtù, j\ utcô tov knia-Aonov oOo-a. r, w av ■jii-ô; ï~'.-ç,ï'liTl. \Ibid.)
(3) "Oiîou "iv pav/j ô ÏT.iTv.rj-rj:. èxéî 70 -'/Srfio: Yo-toj" ojQ-Tiîp ottou àv r, Xp-.Tro: 'Ir,ao-3:. Ixâî ï| •/.a6o"/.'./.rc 'Ey.y.Xr^t'a. [Ibid.)
(4) O'jy. sEdv ÈaTiv /«pi? to-j è7u<7xd7rou g'jtï ^aircfÇsiv, o-jte àrfaTi^v r.o:zr.v. fj.r,ô=i; "/.wp-î r&lj litiaouwrau zijpoumèw tiôv àvv)-/tdvTtov îi; t/,v 'Ez/.>.r(Ttav. f/èi<i. 1
(5) 'A^-v.-oaa'. tov à::ô6;ov è— iV/.o-ov. -/.ai 6îO-p£;ii<7TXTOV tigeo-ô-jtîs'.ov. (/6id. n. 12.)
EXTRAIT DE LA (( TRADITION DE L'EGLISE SUR L INSTITUTION DES ÉVÊÇWBS », PAR MM. DE LA MENNA1S
Considérons, en premier lieu, le passage de l'Evangile où se trouve, dé l'aveu de tous les catholiques, l'institution de l'épiscopat. Pierre vient de confesser la divinité du Christ, et, pour récompense de sa foi, Jésus lui déclare qu'il sera le fondement de son Eglise (2 j : « Tu es heureux, Simon, fils de Jona, car la chair et le sang ne t'ont point révélé ces choses, mais mon Père qui est dans le ciel ; et moi je
te dis- Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise ;
et je te donnerai les clés du royaume des cieux, et tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans le ciel. » Remarquez la force singulière de ces paroles : et tibi dico, je te dis à toi, à toi seul, je te donnerai les clés du royaume du ciel. Le Sauveur fait manifestement allusion à un passage d'Isaïe où Dieu parle ainsi du personnage figuratif de son Fils (3) : (i Je mettrai sur son épaule la clé de. la maison de David : il ouvrira, et nul ne pourra fermer;. il fermera, et nul ne pourra ouvrir. » Les clés, dans l'Ecriture, sont l'image et le symbole de la souveraineté. C'est donc toute sa puissance que Jésus-Christ remet à Pierre, sans exception ni limites. Il l'établit à sa place pour lier et délier ; il le substitue, si on peut le dire, à tous ses droits ; et celui qui disait de lui-même (4) : Tout pouvoir m'a été donné au ciel et sur la terre, confie au Prince des Apôtres ce pouvoir infini, qui
(i) Voir 1. II, c. xn.
(2) Beatus es, Simon Barjona, quia caro et sanguis non revelavit tibi, sed Pater meus qui in cœlis est. Et ego dico tibi, quia tu *es Petrus, et super hanc
petram Eediflcabo Ecclesiam meam Et tibi dabo- claves regni cœlorum : et
quodeumque ligaveris super terram, erit ligatum et in cœlis; et quodeumque solveris super terram, erit solutum et in cœlis. {Matth. xvi, 17, 18, 19.)
(3) Dabo clavem domus David super humerum ejus : et aperiet, et non erit qui claadat; et claudet, et non erit qui aperiat.(/s. xxn, 23.)
(4) Data est mihi omnis potestas in cœlo et in terra. (Matth. xxviii, 18.)
doit être jusqu'à la fin des temps la force et le salut de l'Eglise.
Or, toute juridiction est une participation des clés qui n'ont été données qu'à Pierre seul; il est donc l'unique Source de la juridiction. De la plénitude de sa puissance émane toute autorité spirituelle, comme nous l'apprenons des Pères, des Papes et des Conciles.
Tertullien, si près de la tradition apostolique, et, avant sa chute, si soigneux de la recueillir, écrivait dès le second siècle (1): « Le Seigneur a donné les clés à Pierre, et par lui à l'Eglise. » Dirat-on que c'est 3 une exagération de Tertullien? Convenez donc que toute l'Afrique exagère également, car voilà saint Optât de Milève qui répète (2) : « Saint Pierre a reçu seul les clés du royaume des cieux pour les communiquer aux autres pasteurs. » Et saint Cyprien avant lui, et après lui saint Augustin ne s'expriment pas avec moins de force : « Notre-Seigneur, dit le premier (3), en établissant l'honneur de l'épiscopat, dit à saint Pierre dans l'Evangile : Vous êtes Pierre, etc., et je vous donnerai les clés du royaume des cieux, etc. C'est de là que, par la suite des temps et des successions, découle l'ordination des évoques et la forme de l'Eglise, afin qu'elle soit établie sur les évèques. » Saint Cyprien ignorait-il la dignité de l'épiscopat? L'évèque d'Hippone en trahissait-il les droits, lorsqu'instruisant son peuple, et avec lui toute l'Eglise qui lit avec tant de vénération ses admirables discours, il disait (4) : « Le Seigneur nous a confié ses brebis, parce qu'il les a confiées à Pierre? »
Si de l'Afrique nous passons en Syrie, nous entendons saint Ephrem (5) louer Basile « de ce que, occupant la place de Pierre et
(1) Si adhuc clausum putas cœlum, mémento claves ejus hic Dominum Petro, et per eum Ecclesitc reliquisse. [Scorpiac. c. x. Oper. Tertull., p. 4q6-)
(2) Bono unitatis, beatus Petrus et prseferri apostolis omnibus meruit, et
claves regni cœlorum, communicandas ceteris, solus accepit. (Lib. VII cont. Parmen. n. 3. Oper. S. Optât, p. io4-)
(3) Dominus noster, cujus prœcepta metuere et observare debemus, episcopi honorem, et Ecclesiœ suœ rationem disponens, in Evangelio loquilur, et dicit Petro : Ego tibi âico, etc., et tibi dabo claves, etc., et quœ ligdverîs, etc. Inde per temporum et successionum vices, episcoporum ordinatio et Ecclesiee ratio decurrit, ut Ecclesia super episcopos constituatur, et omnis actus Ecclesiœ per eosdem prœpositos gubernetur. (EpisL. XXXIII, éd. Pear., xxvii, éd. Pajiel. Oper. S. Cypr., p. 216.)
(4) Commendavit nobis Dominus oves suas, quia Petro commendavit. (Serm. ccxcvi, n. 11. Oper. S. Auc, t. V, col. 1202.)
(5) Basilius, locum Pétri obtinens, ejusque pariter auctoritatem libertatemque participans , Valentem redarguit. (Encom. S. Bas. Oper. S. Ephrem, p. 725.)
APPENDICE II l'jY
participant également à son autorité et à sa liberté, il reprit avec une sainte hardiesse l'empereur Valens ». On le voit, l'autorité de cet illustre évêque n'était qu'une participation de celle de Pierre; il le représentait : il tenait sa place, dit saint Ephrem, au même sens que saint Gaudence de Bresce (l) appelle saint Ambroise le successeur df Pierre, et que (îildas, surnommé le sage, ditque (a) « les mauvais évèques usurpent le siège de Pierre avec des pieds immondes »; au même sens enfin que tous les évèques d'un Concile de Paris (3), déclarent n'être que les vicaires du Prince des Apôtres, enjus vicem indigni gerimus, et que Pierre de Blois ( ' !\ | écrit à un évèque : « Père, rappelez-vous que vous êtes le vicaire du bienheureux Pierre. »
Saint Grégoire de Nysse, un si grand docteur, confesse en présence de tout l'Orient la même doctrine, sans qu'aucune réclamation s'élève : « Jésus-Christ, dit-il (5), a donné par Pierre aux évèques les clés du royaume céleste, » Et il ne fait en cela que professer la foi du Saint-Siège, qui par la bouche de saint Léon prononce (6) que « tout ce que Jésus-Christ a donné aux autres évèques, il le leur a donné par Pierre ». Et encore : « Le Seigneur a voulu que le ministère (de la prédication) appartint à tous les apôtres; mais il l'a néanmoins principalement confié à saint Pierre, le premier des apôtres, afin que de lui, comme du chef, ses dons se répandissent dans tout le corps. »
Avant saint Léon, Innocent Ier écrivait aux évèques d'Afrique -
(i) lanquam Pétri apostoli successor, ipse erit os universorum circumstantium. sacerdotum. (S. Gaudent. Brix. Tract, habit, in diesaœ ordinal., Magna Biblioth. vet. Palrum, t. Il, col. 5g, éd. Paris.)
(2) Sedcm Pétri apostoli immuadis pedibns usurpantes Judam quodam-
modo in Pétri cathedra Domini traditorem statuunt. (Gild. presb. in Eceles.
ord. acris correptio. Biblioth. PP. éd. Lugdun., t. VIII, p. 710.)
(3) Dominus beato Petro, cujus vicem indigni gerimus, ail : Qaodcamque ligaverix, etc. Conc. Paris. VI, t. VII Conc, col. 1661.)
(4) Recolite, pater, quia beati Pétri vicarius estis. {Epist. cxi.viii, Oper. Petr. Blés., p. 233.)
(5) Per Petrum episcopis dédit (Cbristus) claves cœlestium honorum. (Oper. S. Greg. Nyss., t. III, p. 3i4, éd. Paris.)
(6) Si quid cum eo commune ceteris voluit esse principibus, nunquam nisi per ipsum dédit quicquid aliis non negavit. (Serai. îv, wi nat. ipsius, n. 2. Oper. S. Léon, ed Ballerini, t. II, col. 16.)
Hujus muneris sacramentum ita Dominus ad omnium apostolorum officium pertinere voluit, ut in beatissimo Petro apostolorum omnium summo, principaliter collocarit; et ab ipso, quasi quodam capite, dona sua velit in corpus omne manare. {Episl. X, ad. episc. prov. Viennens. n. 1. Ibid., col. 633.)
(7) Scientes quid apostolicœ sedi, cum omnes hoc loco positi ipsum sequi
u Vous n'ignorez pas ce qui est dû. au Siège apostolique, d'où découle l'épiscopat et toute son autorité. » Et un peu plus loin (i) : « Quand :on. agite des matières qui intéressent la foi, je pense que nos frères et coévèques ne doivent en référer qu'à Pierre, c'est-à-dire à l'auteur de leur nom et de leur dignité. » Et dans une autre lettre adressée à \ ictrice de Rouen (2) : « Je commencerai avec le secours de l'apôtre saint .Pierre, par qui l'apostolat et l'épiscopat ont pris leur commencement en Jésus-Christ. »
- .De siècle en siècle, on entend la même voix sortir de toutes les Eglises. « ,Le Seigneur (3), en disant pour la troisième fois ; M' aimez-vous ? paissez mes brebis, a donné cette charge à vous premièrement, et ensuite par vous à toutes les Eglises répandues dans l'univers. » Ainsi s'exprime Etienne de Larisse dans une requête à.Boniface II. .
« Comment oserais-je, écrivait (4) à saint Grégoire, Jean, évèque de Ravenne, comment oserais-je résister à ce Siège qui transmet ses droits à toute l'Eglise.1 »
Citons encore saint Césaire d'Arles qui écrivait au Pape S\mmaque (5) : « Puisque l'épiscopat prend son origine dans la personne de l'apôtre saint Pierre, il faut que Votre Sainteté, par ses sages décisions, apprenne clairement aux Eglises particulières les règles qu'elles doivent observer. 1) Jusqu'au schisme d'Occident, on ne connut point d'autre doctrine en France ; mais, pour ne pas nous
desideremus apostolum, debcatur, a quo ipse episcopatus et tota auetoritas nominis hujus emersit. (Epist. XXIX, Innoc. I ad Conc. Carth. n. 1 Inter Epist. Rom. Pont. éd. D. Coustant, col. 888.)
. (1) Ouoties fidei ratio ventilatur, arbitror omnes fratres et coepiscopos nostros nonnisi ad Petrum, id est, sui nominis et honoris auctorem, referre debere. (Ibid. Epist. XXX, nd Conc. Mileu. n. 2. Ibid., col. 896.)
(2) Incipiamus igitur, adjuvante sancto apostolo Petro, per quem et apostolalus et episcopatus in Christo cœpit exordium. (Epist. II S. In:xoc. ad Victric Roth. n. 2. Inter Epist. Rom. Pont. col. 747-)
(3) Domino dicente tertio : Amas me? posée aves meas ; tradidit prius vobis mandatum ostendens, et per vos deinde omnibus per universum mundum sanctis ecclesiis condonavit. (T. IV Conc, col. 1692.)
(4) Quibus ausibus ego sanctissima' il 1 i sedi, quœ universali Ecclesiœ jura sua transmittit, prœsumpserim obviare? (Epist. Jo.vnn. Ravenn. Inter Epist. S. Greg. I, 1. III, epist. LVII. Inter Oper. S. Greg. t. II, col. 668.)
(.">) Sicut a persona beati Pétri apostoli episcopatus sumit initium, ita necesse est ut disciplinis competentibus Sanctitas vestra singulis ecclesiis quid observare debeant evidenter osteiidat. (C^svr Arelat. exemp. libell. ad Sjrmm. t. IV, Conc, col. 129.4.)
APPENDICE II J-'î
étendre à l'infini, nous ajouterons seulement aux passages qui pré-
cèdènl les paroles d'un Concile de Reims, dans la sentence qu'il porta contre les assassins de Foulques, archevêque de Reims (i) :
Vu nom de Dieu et par la vertu du Sainl-Esprit, ainsi que par l'autorité divingmenl conférée aux évêques par le bienheureux Pierre, prince des Vpôtres, nous les séparons de ta sainte hglise. n
C'en est assez. Si saint Pierre a reçu seul les clés pour les communiquer aux autres pasteurs, de qui ceux-ci les recevront -ils, s'ils ne veulent plus les recevoir de Pierre.' Sera-ce de l'Eglise universelle.' Mais l'Eglise universelle, en tant qu'on lui attribue la juridiction, qu'est-ce autre chose que le corps des pasteurs? Ce sera donc les pasteurs qui se donneront eux-mêmes les clés; et. puisqu'ils les donnent, ils les ont donc, et tout ensemble ils ne les ont pas, puisque la question est de savoir de qui ils les recevront . Se peut-il imaginer de contradiction plus manifeste ? car remarquez cet enchaînement : Pierre reçoit seul les clés, non pour en remettre la pleine et entière disposition, mais pour en communiquer l'usage aux autres pasteurs. Donc les autres pasteurs sont privés des clés jusqu'à ce qu'ils les aient reriies de Pierre. En admettant le principe, on ne peut nier la conséquence, et nous venons de voir le principe posé par Tertullien, saint Cyprien, saint Optât de Milève, saint Augustin, saint Ephrem, saint Grégoire de Nysse, saint Innocent et saint Léon. On passe outre cependant, et l'on dit : L'Eglise donnera les clés aux pasteurs. Mais qui les donnera à l'Eglise elle-même? Les mêmes Pères nous l'apprennent : « Jésus-Christ a donné les clés à Pierre, et par lui à l'Eglise. » On n'avance donc rien en recourant à l'Eglise, si on ne présuppose le consentement de Pierre. N'importe, oublions pour un moment la maxime de Tertullien ; demandons seulement quelle est cette Eglise douée de juridiction, cette Eglise de qui les pasteurs recevront les clés.1 Il n'y a point à hésiter, ce sont les pasteurs mêmes. Ainsi l'on soutient ensemble ces deux propositions ; les pasteurs n'ont point les clés; les pasteurs se donneront les clés. On met la plénitude de la juridiction là où on a supposé l'absence de toute juridiction, et, pour ne pas reconnaître les droits du Saint-Siège, on outrage sans remords ceux du bon sens.
(Tradition de l'Eglise, etc., Introduction, pp. xxxni-xxii.)
(i) In nômine Domini, et in virtute Sancti Spiritus, necnon auctoritate >%piscopis per beatum Petrum principem apostolorum divinitus conlata, ipsos a sanctae matris Ecclesiac gremio s«greççamus. (T. IX Conc, col. 48'-)
TABLE DES MATIÈRES
Lettres d'approbation, h'.i.mi ltiohs v"
Préi \.<:e. •
Chvpitre I. — De la place de l'Eglise dans le plan divin 5
Chapitrh II. — De la nature et de l'excellence de l'ordre que Dieu
a établi dans l'Eglise l «