LETTRE DE M-' JOSEPH MARCHAL
Archevêque de Bourges.
Bourges, le i" juillet i885.
Mo* Révérend Pèrb,
J'ai re i hier votre ouvrage de l'Eglise et de sa divine Constitution et
aujourd'hui votre lettre qui me rend si agréable et si précieux le don que
ivez bien voulu m'offrir. Je me suis empressé hier soir de lire l'intro-
:i et les deux premiers chapitres, laissant tout pour obéir à un mou-
vement de curiosité excité par le sujet du livre et par mon affection pour
est assez pour que je jouisse par avance de la satisfaction que me
B la lecture de tout l'ouvrage, et que je me promette autant de proBt
que de plaisir de cette lecture. Vous êtes remonté à la source la plus haute
et la plus pure, et déjà j'ai pu constater que l'eau que vous y puisez garde
M limpidité, grâce à celle de votre langage
\ ouille* me croire, je vous prie, bien cher et Révérend Père, votre très humble et très affectionné serviteur.
•{• Joseph, Archevêque de Bourges
LETTRE DE S. ÉM. LE CARDINAL ADOLPHE-LOUIS PERRAUD Eoêque d'Autan.
Autun, le 3 octobre i885.
Mo* Révérend Père.
I .ii enfin pu, après nos retraites ecclésiastique-,, entreprendre la lecture
Ire Traité de l'Eglise. J'avais hâte de vous adresser mes remerciements
- félicitations.
Vous avez donné au public le fruit de méditations approfondies, et un tel
st moins sorti du travail discursif dans lequel on peut s'aider des
labeurs il autrui, que d'une application «le vos réflexions personnelles au
XII LETTRES D APPROBATK )N
mystère de la survivance de Jésus-Christ dans l'Eglise dont elle est le corps et la plénitude » et qu'elle continue dans l'universalité de ses états et de ses fonctions à travers toutes les vicissitudes du temps.
Dans la partie purement théologique de votre ouvrage, vous avez très heureusement rapproché les uns des autres les textes du Nouveau Testament relatifs à la société spirituelle fondée par le Sauveur, et formé pour ainsi dire avec eux un foyer de lumière qui éclaire non seulement la structure extérieure de l'Eglise, mais les rouages les plus intimes et permet de voir jusqu'aux plus secrets ressorts de son organisme et de sa vie.
La déduction à la fois très simple et très logique, en vertu de laquelle l'Eglise se rattache directement au dogme de l'Incarnation et par lui aux lois essentielles de l'Etre même de Dieu atteint dans votre savante exposition la rigueur d'un théorème de géométrie. Qu'on vous accorde les prémisses inséparables des premiers axiomes de la foi chrétienne; et tout aussitôt les conséquences se déroulent dans un ordre invincible, excluant d'avance toutes les conceptions erronées qui, à diverses époques, ont tenté de se substituer au concept divin dont l'Eglise est sortie. Rien n'est fort et décisif comme une semblable méthode d'établir la vraie doctrine. Elle s'impose à l'esprit avec une irrésistible évidence, et elle lui permet de ne pas s'attarder à la réfutation détaillée de systèmes et de théories incompatibles avec ce que saint Cyprien appelle si bien « la consistance divine et les célestes mystères de l'unité ».
Les considérations exposées dans votre introduction et dans vos premiers chapitres m'ont plus d'une fois rappelé la grande théologie de nos premiers Pères de l'Oratoire, et surtout le» méditations dues au fondateur de cette Société toute sacerdotale, le prêtre éminent en science et en piété appelé par le pape Urbain VIII « l'apolre du Verbe incarné ».
Dans la partie canonique et historique de votre travail, l'érudition de l'ancien élève de l'Ecole des Chartes a fortifié votre thèse dogmatique par des témoignages nombreux et décisifs.
Ils font très bien comprendre toute l'économie du gouvernement de l'Eglise et les relations par lesquelles les diverses parties de sa constitution sont étroitement reliées entre elles pour former cette hiérarchie à la fois multiple et une où se reflète, comme une vivante image, l'ordre ineffable de la Très Sainte Trinité.
Enfin, la tendresse filiale avec laquelle vous parlez des Ordres religieux et des Eglises monastiques rappelle à ceux qui ont suivi le développement des desseins de Dieu sur vous l'œuvre à laquelle vous avez consacré votre vie en renouvelant parmi nous cette institution si vénérable des Chanoines Réguliers qui fait, pour ainsi dire, le point de jonction entre le clergé appliqué aux œuvres extérieures du saint ministère et la milice plus spécialement vouée à la prière perpétuelle.
Votre livre a déjà reçu les approbations éloquemment motivées de l'Eminentissime métropolitain de notre province de Lyon, le cardinal