LETTRE DE S. ÉM. LE CARDINAL CAVEROT
Archevêque de Lyon.
Mon très Cher et Révérend Père.
M*r Mermillod et moi avons été les confidents du dessein nourri par vous depuis si longtemps, de condenser toutes les études de votre vie dans un travail consacré à l'exaltation de la Sainte Eglise notre .Mère. L'Eglise est la grande œuvre de la divine Majesté dans le temps : elle se résume en la personne adorable du Verbe incarné pour la gloire de son Père et pour le salut du monde. Vous avez donc eu la pensée de la présenter aux catholiques ses enfants, non pas sous un aspect nouveau, mais à ce point de vue où les théologiens se sont généralement abstenus de l'offrir à notre vénération et à notre amour.
Je n'ai pas besoin d'expliquer, dans cette lettré, en quoi vous pouvez différer de ceux qui ont écrit avant vous sur le mystère admirable de l'Eglise et sur sa constitution. M?r Mermillod a, ce me semble, merveilleusement exposé, clans celle qu'il vous adresse à ce sujet, l'ordre de vos idées et le plan de votre ouvrage.
Il ne me reste donc qu'à vous exprimer ici toute la joie que me cause le service éminent que vous rendez à l'Epouse de INotre-Seigneur Jésus-Christ, en montrant sa divine origine, ses prérogatives, son autorité et toutes ses splendeurs.
Les liens d'étroite amitié qui nous unissent depuis tant d'années me font prendre au succès de votre livre un intérêt tout exceptionnel. Aussi nul plus que moi ne se réjouira et des éloges qui lui seront décernés et des fruits qu'il est appels à produire.
Je vous bénis, mon cher ami, du fond du cœur et de toute la force de ma vieille et paternelle affection.
f L -M., cardinal Caverot,
archevêque de Lyon.
Lvon, Jî avril 1 :
LETTRE DE S. ÉM. LE CARDINAL MERMILLOD Evèque de Lausanne et de Genève,
Mon Révérend Père et cher Ami,
Je me félicite d'avoir réclamé depuis longtemps la publication de vos profondes et savantes études sur l'Eglise et sa divine constitution. Lorsque vous me communiquiez quelques pages de votre manuscrit je les lisais avec avidité et admiration; j'avais hâte de voir se produire au grand jour
LIYTBI8 DAFPROBATIOM ^
.iii.m.s rjui ii u- i*l, nt la beauté de Ih sainte Bpouse de N hrisl.
l'apologie en face du protestantisme, les luttes < outre les
empiétements du pouvoir civil ont forcé les théologiens à exposer l'archi-
ire ilu deh< idre les remparts de l'institution du Sauveur. Les
combats sur le parvis faisaient oublier la contemplation du sanctuaire, du
temple «Je Diou. de cette heureuse vision de la paix : hrata poeii visio | i
Théologien et cénobite, passant la meilleure part de vos jours et de vos nuits ou au milieu de- livres de la tradition catholique ou près «le l'autel, chantant les louanges de la liturgie, vous avez vécu dans ce cénacle de l'Eglise, et vous non- montrez bien cette cité de Dieu, cette société divine hommes, personnalité vivante, parlant à Dieu, sanctifiant les Ames, perpétuant à travers l'espace et les siècles le corps mystique du Christ. Vous neconsid ilemenl sous ses aspects extérieurs cette arche gar-
dienne de la révélation et des espérances du genre humain; vou6 pénétrez sa splendeur trop souvent voilée jusqu'ici par la poussière de la bataille.
livre ni'- parait un appel merveilleux, emprunté à l'Apocalypse, conviant à ce spectacle ravissant clergé et fidèles : « Venez, et je vous montrerai l'Epouse de l'Agneau. Veni, et ostendam tibi Spontam, Vxorem \gni.
le dites avec raison, la Sainte Eglise est !<* commencement et la n de toutes chos L'I . le Christ lui-même; l'Eglise, c'est la « plénitude », l'accom-» V-
ment du Christ, son « . . t- 1 » — et «on développement réel et mystique: Cliri«t total et accompli.
l'Eglise occupe parmi les œuvres de Dieu la place même du Christ: le Christ et l'Eglise, c'est un même ouvrage de Dieu.
\ ou- commentez les paroles du grand martvr saint Ignace; dans \otre
1 apparaît le plan divin. Dieu est le chef du Christ; le Chri-t est le
universelle; l'évêque est le chef de son Eglise particulière :
le* «livisions naturelles de votre travail; et au-dessus vous faites entre-
éternelle société du Père et du Fils de laquelle procède l'Eglise,
«.quelle elle a sa forme et son exemplaire, à laquelle elle est associée, et
laquelle elle remonte comme vers son centre, sa béatitude et sa con-
lion.
Jamais, peut-être, livre ne fut plus utile à notre génération jalouse de
indépendance hautaine, défiante envers le -urnaturel, passionnée dans
-itations, et pourtant découragée devant les ruines et les antinomies de
nés. Les chrétiens eux-mêmes n'ont pas toujours le sens et l'amour
de I Eglise : les exigences douloureuses de notre époque, les intérêts des uns,
petites dévotions des autres, amoindrissent «t naturalisent cette Sainte
i) Hymne de la Dédicace ds i'Eerlise.
(a) Apoc. xxi, 9.