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DOCTRINE PROTESTANTE

= D Pour la Réformation, la « CONFORMITÉ AVEC L'ÉCRITURE » (qui impli- #4 Se que la pureté de la doctrine et du culte, la fidèle prédication de 4

la Parole et l’exacte administration des sacrements) est « la mar-

-que unique » de la vraie Eglise. — Le Protestantisme: posant

avant tout la Bible, la vérité de la doctrine constitue pour lui la

pureté de l’Eglise. — Au point de vue protestant, la question de

la « vraie Eglise » doit donc se résoudre par la comparaison des pe diverses Eglises entre elles et avec l’Ecriture; c es pe la nn Fat Pr oique ».

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Après notre examen des prétentions de l'Eglise romaine, la question reste tout entière : À quelles marques reconnaître a l'Eglise véritable ou une véritable Eglise? —. Les Réformateurs donnèrent pour marque unique la pureté | de la doctrine et du culte ou la fidèle prédication de la Paroleet l’exacte administration des sacrements; en d’autres termes, la «conformité avec l’Ecriture » (1). 2 On a critiqué celte vue comme méconnaissant l'élément constitutif de l'Eglise et s’arrêtant trop à sa forme. C’est oublier que les Réformateurs ne se proposaient pas là de définir l’essence de l'Eglise, mais d'en déterminer le caractère externe, Ce sont des marques, € n0læ ». | | On lui a reproché encore d’être trop oem Ge 4 fait

(4) Calvin : Inst., Liv. IV, ch. I, $ 10-12.

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membre de l'Église, a-t-on dit, ce n’est pas l'admission de tel” ou tel symbole, la participation à tel ou tel rite, mais l'union intérieure avec Jésus-Christ, mais la vie de la foi et de la

charité. — Sans doute, et les Réformateurs le disent et le

répèlent continuellement; ce n’est donc pas la question. Il s’agit

ici de l'Eglise visible et non de l'Eglise invisible; il s’agit de Pinstitution au moyen de laquelle doivent se former l’union avec Christ et la vie de la foi. Or, l'union avec Christ, la vie de la foi supposent une doctrine. Ainsi, le point de vue de la Réformation reste ou revient toujours.

Ce point de vue fait dominer la Bible sur l'Eglise comme sur chaque fidèle ; et c'est là le caractère fondamental, le principe constitutif du Protestantisme ; c’est par là surtout qu'il se sépare du Catholicisme : toutes les autres différences viennent de celle-là. D'un côté, la Bible {toute la Bible, rien que la Bible) et rejet de toute doctrine ou pratique qui ne se légitime point par la Bible; de l’autre côté, l'Eglise, source première de la vérité et de la grâce, donnant la Bible elle-même, l'interprétant par son enseignement, la complétant par sa tradition. Le Catholicisme pose d’abord l'Eglise, et arrive à la Bible par l'Eglise ; le protestantisme pose avant tout la Bible, et arrive à l’Eqlse par la Bible, parce que, pour lui, la Bible seule est le dépôt de la Parole divine et la règle souveraine de la foi (1). Il est évident

(1) Les Réformateurs, il importe de le rappeler, ne s'en formèrent pas moins une idée très élevée de l'Eglise. « Il faut tenir ce point résolu, dit « Calvin, que par la clémence de Dieu, moyennant le mérite de Jésus- « Christ, par la sanctification de son Esprit, la rémission des péchés nous « à été faite et nons est faite journellement, en tant que nous sommes unis « au corps de l'Eglise. Et de fait, c'est pour cela que le Seigneur a donné « les clefs à son Eglise, afin qu’elle eût la dispensation de cette grâce pour « nous en faire participants... Il faut ici observer trois choses : la « première est que, quelque sainteté qui soit aux fidèles, néanmoins « pendant qu'ils habitent en ce corps mortel, ils ne peuvent subsister « devant Dieu, sinon en ayant rémission de leurs péchés. La deuxième, « que ce bénéfice est donné à l'Eglise comme en garde, tellement que « nous ne pouvons obtenir pardon de nos fautes devant Dieu qu'en

ñ que la vérité de la doctrine, ou la conformité avec l'Evangile, constitue en effet la pureté de l'Eglise, puisqu’au fond la dôc- : wine et l'Eglise ne font qu'un. Une société religieuses, avec ses institutions de discipline et de culte, n’est, en dernière analyse, l que l'expression extérieure d’une doctrine religieuse. Une. société qui aurait abandonné ou complètement perverti la doc-

trine chrétienne ne serait plus, en fait, une église chrétienne

lors même qu’elle en reliendrait le nom. Aussi, avons-nous vu

que toutes les autres marques auxquelles en appellent les catho-

liques supposent ou ramènent celle-là ; parce qu'on ne peut, quoi qu'on fasse, se soustraire à la nature des choses. Il en est de mème des directions actuelles qui, réduisant lout à la vie, atta- | quent également la maxime dela Réformalion relative à la vraie Eglise; car la vie évangélique est la vie de la foi, et la for, redisons-le, implique la connaissance de son objel, par consé-. à quent une doctrine. Pour s'appliquer celte parole de saint Paul: Christ est ma vie, il faut avoir le Christ de saint Paul. — La | question qui nous occupe doit donc se résoudre par la Symboligue. où l’on compare les diverses communions chréliennes Îles

unes avec les autres et avec l’Ecriture 4

« persévérant dans la communion d’icelle. Le troisième est que ce bien « nous est distribué et communiqué par les ministres, tant en la prédi= “4 « cation de l'Evangile qu'aux sacrements; et même, la puissance des clefs « est principalement comprise en cela. » (Inst. Liv. IV, ch. 1, $S 2 fin. et 22). | Se

Les Réformateurs, en placant la seule marque de l'Eglise dans la 0 « conformité avec l’Ecriture », n’allèrent pas jusqu'à exiger une entière pureté de doctrine, de culte, ni de mœurs. Ils firent, à tous ces égards, des concessions fort larges dans l'intérêt de la paix et de l’union (voir Inst. Liv. IV, ch. U, S 1). Le principe de l'Eglise, comme institution-extérieure-divine, tenait plus de place et exercait plus d’empire chez eux qu'il ne l’a fait bien souvent depuis, qu'il ne le fait maintenant.

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