De l'electricite, du magnètisme et de la capillaritè
L’électricité en mouvement produit des attractions ou des répulsions entre les conducteurs qui la transmettent; elle fait dévier la boussole, aimante le fer et l’acier, excite des courants par influence; elle échauffe les corps qu elle traverse, les fond, les volatilise ou les rend éblouissants de lumière; enfin elle les décompose en leurs éléments.
De nos jours, une activité nouvelle a circulé dans toutes les branches de la science et a suscité de grandes découvertes, de brillantes théories, d’utiles applications.
L’électro-dynamique a été créée, et de son sein est sortie l’invention de l'aimant électrique, qui a révélé la vraie nature du magnétisme et a donné la vie et la fécondité à la science des aimants. C’est alors qu’a surgi une foule d’applications ingénieuses, telles que les horloges électriques, les régulateurs, les interrupteurs, et ces appareils variés qui, dans les gares, sous les tunnels, sur les voies ferrées ou dans les wagons, servent à surveiller et à
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couvrir les convois, à serrer les freins au moment opportun, ou à réclamer les secours nécessaires. Mais les plus importantes de ces applications sont celles qui ont transformé la télégraphie électrique. Wijourd’liui l’électricité se fait la messagère de l'homme; elle traduit la pensée en caractères de convention, faciles à interpréter; elle l’imprime avec les types de l’alphabet; au besoin, elle retrace l’écriture qui en a été la première expression. Les distances ne sont rien pour elle; les profondeurs de l'Océan ne l'arrêtent pas: en un clin d’œil elle s’élance d’un continent à l’autre.
De nouveaux horizons se sont ouverts lorsque, par l’influence du courant électrique, on a pu exciter d'autres courants. Au commencement du siècle, qui aurait pensé que des flancs mêmes de l’aimant sortiraient des commotions foudroyantes ou des flots étincelants? Cependant aujourd'hui, pour les besoins de la science el de l’industrie, les grandes machines d’induction versent des torrents d’électricité, de chaleur et de lumière. Installés au bord de la mer, les foyers de ces magnifiques irradiations lancent au loin des feux qui rivalisent de puissance avec ceux des meilleurs phares.
La chaleur a été disciplinée à l’art de mettre l’électricité en mouvement dans les circuits métalliques. Cette découverte a fourni le premier exemple de la loi fondamentale qui règle le rendement des sources électriques : par l’assemblage de la pile thermo-électrique et du galvanomètre, elle a donné le précieux appareil qui a si prodigieusement étendu la science du calorique rayonnant.
Les décompositions voltaïques se soumettent à la grande loi d’équivalence qui préside aux opérations de la chimie; les métaux alcalins et terreux sont revivifiés par l’électricité; l’aluminium, extrait par la puissance de cet agent, présente des propriétés imprévues, qui lui assignent un rang parmi les métaux utiles à l’industrie.
Docile à la main de l’homme, l’électricité apprend à donner aux métaux la forme et la cohésion ; elle recouvre d’or et d’argent des matières moins précieuses, et, en étendant ainsi l’usage des métaux inoxydables, elle fait pénétrer un luxe de bon aloi jusque dans les plus modestes demeures.
C’est elle qui a revêtu d’une couche de cuivre protectrice les candélabres de la ville de Paris et les grandes fontaines des places Louvois et de la Concorde.
L’électricité rivalise avec les ciseleurs les plus habiles par la délicatesse et le fini de ses ornements.
Elle copie avec une fidélité merveilleuse les gravures sur bois ou sur acier, et ses planches de cuivre, qui supportent jusqu'à quatrevingt mille tirages, peuvent se renouveler pour ainsi dire indéfiniment, sans que le type primitif soit altéré.
De ses doigts invisibles l'électricité moule, pour la nouvelle salle d’Opéra, des chapiteaux et des statues dont le cuivre n'a pas connu le fourneau du fondeur.
Elle a fait les portes de l’église Saint-Augustin.
Elle a élevé la nouvelle colonne Trajane, dont les bas-reliefs de cuivre galvanique reproduisent avec une rare perfection le monument de l'art antique.
Les conquêtes que nous venons d’indiquer à grands traits sont l’œuvre collective des nations savantes de l’Europe et de l’Amérique; des physiciens distingués, éminents et même illustres, les ont préparées ou accomplies; et, sur le terrain scientifique, pas plus qu'aillcurs, les Français ne sont restés en arrière du mouvement.
Le but de ce rapport est de faire connaître quelle part légitime peut revendiquer la France dans le succès commun.
Los d ('couvertes y seront exposées dans leur ordre naturel et classées d’après les propriétés générales des courants électriques. Rattachées à la science, les idées ne sont plus isolées; elles s’appellent les unes les autres, et forment une chaîne dont les anneaux, harmonieusement unis, représentent tous les progrès.