‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et à la thérapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 160 sur 505 · CIIAP. III. — PARALYSIES SPINALES DE L'ADULTE · texte numérisé non relu

CIIAP. III. — PARALYSIES SPINALES DE L'ADULTE

phique de l'enfance, dont le caractère anatomique est principalement, on vient de le voir (voy. chap. Il), l'atrophie aiguë des cellules antérieures de la moelle, ne se rencontrait pas chez l'adulte; mais ayant observé quelquefois chez celui-ci celte môme symptomatologie, j'en ai conclu naturellement qu'alors la paralysie devait être produite par la même lésion anatomique. Cette considération m'a donc engagé à la désigner sous le nom de : Paralysie spinale antérieure aiguë de l'adulte, ou par atrophie des cellules antérieures'.

§ I. — Exposition 'des faits.

Voici un fait clinique qui établit l'existence de cette espèce de paralysie, chez l'adulte.

Observation LXIX. — Une demoiselle âgée de 22 ans, habituellement bien portante, se réveille un matin avec de la fièvre, un brisement général et de la difficulté à se mouvoir, et cela, sans cause connue ; une heure après, environ, douleurs dans le trajet de la colonne vertébrale extrêmement vives, surtout au niveau delarégion cervicale, et rayonnant dans les membres supérieurs, avec fourmillements dans les doigts ; alors abolition de tous les mouvements. Cependant, la sensibilité de la 'peau reste intacte, et il n'existe aucun trouble dans la miction et la défécation. — Quatre jours après le début, la fièvre disparaît; mais la paralysie persiste pendant deux mois et demi, après lesquels les membres inférieurs commencent à recouvrer progressivement leur motililé,à l'exception toutefois de la flexion du pied sur la jambe du côté gauche. — Vers le troisième mois, quelques mouvements apparaissentdans les membres supérieurs; à ce moment, les douleurs rachidiennes qui, depuis un mois, avaient diminué d'intensité, ont complètement disparu, mais les membres supérieurs se sont atrophiés principalement à droite, au niveau de l'épaule, du bras et de l'éminencethénar.

Six mois après le début de sa maladie, celte demoiselle m'a été adressée de la province, et alors j'ai constaté : 1° que la motilité était revenue dans les muscles moteurs des membres inférieurs, excepté dans le jambier droit qui était atrophié, ce qui avait produit, de ce côlé, un commencement d'équin ; 2° qu'au membre supérieur droit, le deltoïde, le sousépineux, le fléchisseur de l'avant-bras sur le bras, les inler-osseux et les muscles de l'éminence thénar ne se contractaient ni par la volonté, ni par l'excitation électrique ; que ces muscles, surtout le tiers postérieur du deltoïde, étaient atrophiés, que, du côté opposé, la paralysie s'était localisée dans le grand dentelé el dans les fléchisseurs des doigts.

L'état de cette jeune fille a élé Irès-amélioré par la faradisation localisée des muscles atrophiés. Mais le deltoïde et le court abducteur du pouce, du côlé droit, et le jambier antérieur gauche ne donnaient pas encore signe de vie, après une vingtaine de séances. L'examen microscopique d'une petite portion de ce dernier muscle, que j'ai enlevée à l'aide

de mon emporte-pièce histologique, m'a démontré qu'il était en voie de dégénération.

Dans cet ensemble de phénomènes morbides (paralysie subite généralisée, se localisant, plusieurs mois après, dans un certain nombre de muscles qui s'atrophient à des degrés divers, et cela sans troubles de la sensibilité, ni des fonctions de la vessie ou du rectum), qui ne reconnaîtra la symptomatologie de la paralysie atrophique de l'enfance?

Au moment où je rédige cette observation, je viens de recueillir deux nouveaux cas qui suffiraient pour démontrer l'existence réelle de celte espèce de paralysie se déclarant spontanément chez l'adulte. Voici, aussi sommairement que possible, la relation de l'un d'eux, le second sera exposé à l'occasion du pronostic (voy. obs. LXXV).

Observation LXX. — Le 21 mars 1870, j'ai été appelé par mon confrère, M. Martin, en consultation auprès de M. X.,âgé de 42 ans environ, demeurant à Passy, et dont voici l'histoire : d'une forte constitution, et habituellement bien portant, n'ayant jamais fait de maladie grave, mais ayant contracté depuis une vingtaine d'années l'habitude, de prendre chaque jour un verre d'absinthe et de fumer, du matin au soir, un tabac contenant une grande quantité de nicotine (le tabac de caporal) ; tels sont les seuls antécédents qui méritent d'être notés, comme ayant pu le prédisposer à l'affection nerveuse dont il est atteint. — En 1848, soulevant de terre un lourd fardeau avec de grands efforts, il sentit, dit-il, un craquement dans les reins, suivi de douleurs très-vives, s'irradiant dans les membres; en môme temps, engourdissement des jambes et des pieds, fourmillements dans les orteils, puis affaiblissement des membres inférieurs qui alla croissant, et se termina, en peu de temps, par une paralysie complète. — La paraplégie a guéri progressivement en deux mois environ ; mais l'agilité des membres inférieurs n'est jamais entièrement revenue; sa santé s'est conservée parfaite, jusqu'en juillet 1869, époque à laquelle, sans cause appréciable, il éprouva tout à coup, dans la journée, un sentiment de lassitude, bientôt suivi de courbature générale qui le força à se mettre au lit. — Alors survint une fièvre qui dura plusieurs jours et fut accompagnée de douleurs dans les membres; peu de temps après s'être couché, il eut une peine extrême à se mouvoir et, le lendemain matin, il se trouva presque entièrement paralysé ; en outre, il ne put faire le moindre mouvement dans son lit. — Celle paralysie motrice généralisée dura complète jusqu'au mois de décembre, et alors quelques mouvements apparurent dans les membres supérieurs, d'abord, dans les fléchisseurs de l'avant-bras sur le bras, puis dans les fléchisseurs de la main, ensuite dans les élévateurs du bras sur l'épaule, commençant d'un côté, et ne se montrant que huit à quinze jours après, du côté opposé; ces mouvements, faibles d'abord, augmentèrent peu à peu, tandis que les extenseurs du poignet et des doigts et les muscles de l'éminence

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