‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et à la thérapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 208 sur 505 · ART. IV, § I. — PRONOSTIC · texte numérisé non relu

ART. IV, § I. — PRONOSTIC

ont déjà montré combien est grave le pronostic de cette affection. En effet, son diagnostic, une fois bien établi, on a toujours à craindre, môme dès le début, ou la perte des muscles essentiels à l'usage des membres, ou sa généralisation et la mort par la faim ou par une asphyxie lente, dans un temps quelquefois assez prochain. Cependant le médecin ne doit pas toujours considérer ce côté le plus sombre du tableau que j'ai tracé de celte terrible maladie. Il se rappellera surtout que j'ai établi, par des faits, qu'elle ne marche pas toujours vers cette terminaison fatale, comme on l'a voulu dire toutefois pour des affections musculaires générales, en les appelant progressives. On peut au contraire l'arrêter dans sa marche envahissante; elle reste môme quelquefois spontanément localisée dans un plus ou moins grand nombre de muscles, sans atteindre ceux qui sont essentiels à la vie. Oh 1 certes, si les muscles de la respiration ou de la déglutition étaient frappés dès le début, l'atrophie musculaire progressive serait rapidement mortelle ; mais heureusement, dans les faits très-nombreux que j'ai observés, j'ai vu ces muscles mourir en général les derniers.

Je vais montrer qu'il est encore un autre espoir auquel on peut se rattacher, dans certains cas. On sait qu'en général cette maladie, dans sa marche destructive, abolit successivement l'usage de la main, puis du membre supérieur, et qu'ensuite la marche et la station deviennent difficiles. Une telle perspective pour les maiadesestaffreuse; j'en connais qui, depuis des années, sont condamnés à vivre dans cet état déplorable; je cilerai comme exemple le sujet représenté dans les figures 130, 131. Eh bien ! j'ai remarqué que, lorsque les muscles du tronc, dont un grand nombre sont d'une utilité secondaire, sont attaqués primitivement, les muscles moteurs des mentbres et surtout ceux qui meuvent la main, ne sont atteints que trèslardivement et même restent intacts. Ainsi j'ai rapporté l'histoire d'un mécanicien, véritable squelette (voy. fig. 118,1 19), qui, bien que depuis bien des années ayant perdu la plupart des muscles du tronc, a cependant conservé intacts ceux des membres supérieurs; ce qui lui permet d'exercer son état. Lors donc que l'atrophie débute par les muscles du tronc, le pronostic paraît être moins grave que lorsqu'elle attaque primitivement les muscles de la main.

Que l'on me permette encore quelques considérations qui peuvent, dans certains cas, éclairer le pronostic de cette maladie. J'ai dit, en traitant de l'étiologie de l'atrophie musculaire progressive, qu'assez fréquemment cette affection se déclare sans cause appréciable, et conséquemment qu'il existe, pour elle, une diathèse comme pour un grand nombre d'autres maladies. Du degré de puissance de celte dialhèse dépend évidemment le degré de gravité du pronostic. Voici, je crois, dans quelles circonstances on peut

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reconnaître si, dans un cas donné, cette dialhèse est probablement légère ou grave. J'ai remarqué que cette maladie, lorsqu'elle se développe sans cause occasionnelle connue, se généralise plus rapidement et se termine ordinairement d'une manière fatale ; tandis que, si l'atrophie a été provoquée par un travail forcé chez les ouvriers, et s'est manifestée d'abord dans les muscles qui ont fatigué davantage, alors ou elle reste souvent localisée dans ces derniers, ou elle progresse moins rapidement, ou elle oppose moins de résistance à l'action curative de la faradisation localisée. Ne ressort-il pas de ces faits, que, dans ce dernier cas, là puissance de la diathèse est moins grande que dans le premier, et que, sans la cause occasionnelle, sans l'abus du travail par exemple, l'atrophie ne se serait pas sans doute développée? J'en conclus donc que le pronostic doit être moins grave, lorsque l'atrophie se montre localisée primitivement dans les muscles qui ont été surmenés par un travail excessif et trop continu.

§ II. — Traitement.

L'électro-thérapie peut-elle, sinon guérir l'atrophie musculaire progressive, du moins arrêter sa marche envahissante et améliorer l'état des muscles ? Je vais résoudre cette question par des expériences thérapeutiques que j'ai faites pendant une vingtaine d'années.

Agir, 1° périphériquement sur la nutrition musculaire, à l'aide de l'éleclrisation localisée ; 2° sur la moelle épinière, point de départ de la maladie, à l'aide des courants continus par action réflexe; telles sont les indications électro-thérapeutiques à remplir.

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