AHT. 1T, § IV. — CONTRACTURE DU DELTOÏDE
pulum se rapprocher davantage de la ligne médiane, tandis que son angle externe s'abaissait. Élevait-il le bras en avant, le scapulum reprenait à l'instant son attitude normale, c'est-à-dire que son bord spinal s'appliquait contre le thorax; puis cet os exécutait le mouvement de bascule que l'on observe dans le second temps de l'élévation du bras (élévation au-dessus de la ligne horizontale); son angle externe s'élevait, et cela grâce à l'action du grand dentelé qui se contracte toujours synergiquement avec le deltoïde pour produire l'élévation volontaire du bras. Sans aucun doute, la contracture doit être rarement limitée au deltoïde.
Observation CXCIIt. — J'ai vu récemment cette contracture coexister avec une contracture du sous-scapulaire, chez une jeune fille âgée de nouf ans, pour laquelle j'ai élé consulté, ainsi que M. Bouvier. Celle du deltoïde était localisée dans le tiers antérieur de ce muscle; il en résultait que le bras était porté en dehors et en avant, et ne pouvait êlre rapproché du tronc. Cette contracture existait à un degré modéré ; l'attitude du scapulum n'en était pas considérablement troublée. Cependant le bord spinal de cet os était écarté du thorax, à peu près de 2 centimètres, de manière que la peau s'enfonçait dans leur intervalle, en formant unepetitegouttière,etson angle interne était plus rapproché de la ligne médiane. Cette attitude vicieuse de l'omoplate qui est représentée dans la figure 200 et qui est produite par un degré moyen de contracture du tiers antérieur du deltoïde, en peut donner une idée assez exacte. Enfin l'iiumérus était fortement maintenu dans la rotation en dedans existence d'une contracture du sous-scapulaire. La rotation de l'humérus en dedans augmentait le mouvement d'abduction du coude.
Fig. 200 (').
ce qui démontrait la co-
Dans l'atrophie du grand dentelé, l'omoplate éprouve, pendant l'élévation du bras, un mouvement pathologique semblable à celui qui est produit par la contracture du deltoïde. Il ne pouvait en être autrement, car dans l'atrophie du grand dentelé le deltoïde se contracte isolément (voyez h la page 939 l'explication de ce fait pathologique). Malgré ce point de ressemblance, on ne saurait confondre ces deux affections différentes, car dans l'atrophie du grand dentelé la déformation de l'omoplate n'apparaît que pendant l'élévation du
(*) Attitude vicieuse du bras et de l'épaule du côté droit, daus la contracture du tiers intérieur de ce muscle et du sous-scdpulaire.
bras, tandis que, dans la contracture, elle existe au repos du deltoïde et disparaît ou diminue pendant l'élévation du bras. On constate en outre, à l'exploration électrique, l'intégrité du grand dentelé.
ARTICLE III
PARALYSIES PARTIELLES DES MUSCLES MOTEURS DE LA MAIN (1). § I. — Paralysie des extenseurs îles doigts.
La paralysie partielle des muscles dits extenseurs des doigts s'observe consécutivement à la lésion traumatique du nerf radial ou de l'un de ses filets, dans la paralysie saturnine et dans la paralysie rhumatismale du nerf radial. Elle peut siéger dans tous les muscles extenseurs des doigts, animés par ce nerf ou seulement dans un ou plusieurs faisceaux; on la voit cependant le plus ordinairement coexister avec la paralysie de tous les muscles placés sous la dépendance de ce môme nerf. Enfin l'atrophie musculaire progressive peut attaquer primitivement, mais très-rarement, les muscles extenseurs des doigts.
Dans tous les cas, les troubles fonctionnels occasionnés par la paralysie des extenseurs des doigts sont les mêmes. Je vais les exposer brièvement, après avoir rappelé sommairement l'action propre de ces muscles.