II. — TROUBLES FONCTIONNELS fcT SIGNES DIAGNOSTIQUES
En raison du privilège dont jouit le court abducteur, de mettre en rapport le pouce avec les phalangettes des doigts infléchis sur lui, la paralysie de ce muscle occasionne un grand trouble dans l'usage de la main, bien que le pouce puisse encore être opposé aux quatre doigts par la portion externe de son court fléchisseur; mais alors sa p.ulpe ne peut atteindre que la deuxième phalange (voy. la fig. 208). Si le malade veut tenir un objet quelconque entre le doigt et le pouce, il est alors forcé de maintenir sa première phalange dans l'extension, pendant qu'il fléchit les deux dernières (voy. la fig. 21 1). Cette attitude du doigt et du pouce, outre qu'elle est très-fatigante et cause de la maladresse, rend impossibles ou difficiles plusieurs fonctions importantes de la main.
Bien que la perte de la portion externe du court fléchisseur du pouce prive les malades du pouvoir d'opposer le pouce aux deux derniers doigts, les malades n'en éprouvent pas cependant une grande gêne, grâce à leur court abducteur qui dessert les deux premiers doigts, les plus utiles dans l'usage de la main.
L'altitude du pouce, au repos musculaire, se vicie consécutivement à l'atrophie des muscles de l'éminence thénar.
Le pouce obéissant alors à l'action tonique de son long extenseur, son métacarpien se place sur le plan du second métacarpien, et sa pulpe regarde directement en avant, comme les doigts (voy. la fig. 212).
Fig. 211
Fig. 212.
97 G Cil Al'. XVI. — PARALYSIES ET CONTRACTURES DES MEMBRES, ETC.
La main de l'homme perd alors, selon moi, son caractère dislinctif, c'est-à-dire que l'altitude du pouce qui indique qu'elle est destinée à servir son intelligence, attitude dans laquelle le pouce,
maintenu dans une demi-opposition pendant le repos musculaire (voyez la lig. 213), se trouve, par son rapprochement de l'index et du médius, toujours prêt a tenir ou la plume qui sert sa pensée, ou l'instrument avec lequel il exécute les merveilles d'habileté manuelle créées par son imagination.
Cette déformation du pouce de l'homme rappelle l'attitude du pouce qui, chez le singe (voy. la fîg. 214), est le cachet de
ia bêle, en indiquant qu'il est destiné à ramper à quatre pattes, quand il ne grimpe pas. En effet, l'attitude du pouce, qui est due à la prédominance de force tonique de son long extenseur, permet au singe de poser sa main à plat sur le sol, sans effort, sans fatigue.
Fig. 213.
Fie. 21 i.
i; Y. — Paralysie des faisceaux musculaires producteurs de l'adduction du pouce.
La perle des mouvements exercés par les faisceaux musculaires producteurs de l'adduction du pouce s'observe consécutivement à la lésion du nerf cubital et dans l'atrophie musculaire progressive.