II. — THOUBLES FONCTIONNELS ET SIGNES DIAGNOSTIQUES
Deux fois seulement j'ai observé l'atrophie isolée du court péronier. Les sujets qui étaient atteints de celte affection ne pouvaient porter le pied dans l'abduction sans le fléchir ou sans l'étendre, en contractant ou le long extenseur des orteils ou le long péronier. Quelquefois ils parvenaient avec de grands efforts, et par la contraction synergique de ces deux muscles, à porter un peu le pied en dehors, en le maintenant entre la flexion et l'extension; dans la station debout, le dos du pied se renversait souvent en dehors sur son bord externe.
Je n'ai pas encore eu l'occasion d'observer l'atrophie ou la paralysie limitées au muscle jambier postérieur; mais il est permis de déduire des notions qui découlent de l'expérimentation électrophysiologique, que cette lésion musculaire doit être suivie de troubles fonctionnels analogues, mais en sens inverse de ceux qui résultent de la lésion du court péronier.
Lorsque le court péronier et le jambier postérieur sont paralysés ou atrophiés simultanément, le pied a beaucoup moins de solidité dans la station, c'est-à-dire qu'il se renverse facilement en dedans ou en dehors.
Les troubles occasionnés, soit dans les fonctions, soit dans l'attitude du pied, sont beaucoup plus considérables, lorsque l'un de ces muscles est paralysé que lorsqu'ils sont lésés tous les deux à la fois.
Consécutivement à la paralysie du court péronier, le pied a une tendance à prendre l'altitude du varus, pendant le repos musculaire, par la prédominance du jambier postérieur ; ce mouvement pathologique se passe alors dans l'articulation caleanéo-aslragalienne.
La paralysie de ce muscle produit en outre, à la longue, la déformation de l'articulation médio-tarsienne; l'avant-pied cédant alors