‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et à la thérapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 445 sur 505 · I. — GANTELET DES EXTENSEl'F.S DES DOIGTS · texte numérisé non relu

I. — GANTELET DES EXTENSEl'F.S DES DOIGTS

Produire artificiellement l'extension des premières phalanges, telle est l'indication prothélique à remplir dans la paralysie ou l'atrophie des extenseurs des doigts.

A. Un appareil inventé par Delacroix, dès l'origine de l'orthopédie, répond à cette indication. 11 consiste en une lame métallique appliquée sur la face dorsale de l'avant-bras, divisée à son extrémité inférieure en quatre tiges faisant ressort, et se prolongeant sur la face dorsale de la main jusqu'à l'extrémité inférieure des pre-

Fig. 231. — Gantelet des extenseurs des doigts de Delacroix (*).

mières phalanges qu'elles soulèvent à l'aide de petits anneaux fixés à leur extrémité, et qui embrassent les doigts au niveau de l'articulation de la première avec la seconde phalange.

C'est sans doute après bien des tâtonnements que Delacroix était arrivé à construire cet ingénieux appareil. Il l'employait empiriquement, sans pouvoir se rendre compte de son mécanisme physiologique, que mes recherches électro-physiologiques expliquent parfaitement aujourd'hui.

(*) A, lame métallique, fixée à la partie postérieure d'une manchette; B, plaque métallique articulée en H avec la lame métallique A, de manière à ne permettre que les mouvements latéraux de la main, à laquelle elle se fixe au moyen d'une courroie qui embrasse la paume delà main, lorsque les extenseurs de la main sont paralysés : si ces muscles ont conservé leurs mouvements, une articulation fixée en B permet la flexion et l'exteDsion volontaires. De l'extrémité inférieure de la plaque B, paitent des tiges rigides qui s'étendent jusqu'à l'extrémité inférieure des premières phalanges en se relevant un peu. A l'extrémité de ces tiges sont de petites poulies D, sur lesquelles glissent des cordes fixées, d'une part, à des anneaux F. qui embrassent l'extrémité des premières phalanges, et de l'autre à des ressorts C attachés à des boutons de la plaque dorsale de la main. Aux anneaux G qui embrassent le pouce s'attachent des muscles artificiels destinés à remplacer les extenseurs du pouce, dont les ressorts F se fixent à la lame métallique de l'avant-bras. Il suffit de cette description pour faire comprendre le mécanisme et les avautages de cet appareil.

1048 CEAP. XVIII. — PROTHESE MUSCULAIKE PHYSIOLOGIQUE.

Bien que l'appareil de Delacroix ait rendu des services réels (I),

il présente cependant deux défauts :

1° il condamne tous les mouvements du poignet ; 2° il est tellement apparent, que les malades éprouvent une grande répugnance à le porter. J'ai eu l'occasion de l'expérimenter plusieurs fois; je l'ai même modifié, en substituante la manière de Mellel le caoutchouc ou des ressorts à boudin (-2) aux tiges à ressorts ; les malades n'ont pas tardé à l'abandonner, parce qu'il attirait trop l'attention; enfin, cet appareil était incommode.

J'ai donc imaginé un appareil qui n'offre aucun de ces inconvénients :

c'est le gantelet des extenseurs des doigts.

J'ai expérimenté cet appareil dans une douzaine de cas ; la paralysie était limitée à un ou à plusieurs doigts, ou elle siégeait dans le muscle entier, ou elle s'étendait en môme temps à d'autres muscles extenseurs du poignet et moteurs du pouce. Nonseulement la fonction des extenseurs des doigts, et conséquemmenl l'usage de la main ont été immédiatement rétablis, pendant l'application du gantelet des extenseurs des doigts, mais cet appareil occasionnait si peu de gêne et était si peu apparent, que des malades qui recouvraient ainsi l'usage Fig. 232. - Gantelet des extenseurs des de ]a main ne sentaient plus assez

doigtsdeM. Duchennefde Boulo^ne.)(*i , , ., , , • ,

la nécessité de suivre les traitements

r (*) Voici en quoi il consiste : 1° un gant A dont les doigts vont jusqu'au tiers supérieur des deuxièmes phalanges, 1, sur lesquelles ils doivent être un peu serrés; 2° des tendons artificiels 6xés à l'extrémité supérieure des premières phalanges, glissint dans des coulisses, 2, cousus sur la face dorsale de chaque phalange, et rapprochés les uns des autres au niveau du poignet où ils sont terminés par de petits anneaux ; 3° une manchette de cuir, B, un peu roide, se laçint ou se bouclant sur l'avant-bras et unie à un bracelet d'étoffe C, de trois à quatre

(1) Delacroix rapporte qu'un artiste qui avait perdu ses extenseurs des doigts pouvait jouer du piano avec son appareil.

(2) M. Charrière a construit, d'après mes indications, l'appareil modifié de Delacroix, représenté dans la figure 231. Les ressorts primitivemenl de caoutchouc ont été remplacés par des ressorts métalliques en spirale C.

Page 1