ART. II. § II. —PROTHÈSE MUSCULAIRE DU POUCE
qui a rendu de grands services à mon malade, a cependant des inconvénients que je dois signaler: 1° il exerce une pression circulaire sur un point trop limité du pouce et gêne en conséquence la circulation; 2° il a trop peu d'action d'extension sur la deuxième phalange; 3° il est insuffisant pour le travail à l'aiguille; 4° le caoutchouc vulcanisé subit trop l'in-
Fijj. -il. — Gintelet du court abducteur et de l'oppOSaut.
tluence des variations de température. — (Le malade a dû remplacer le caoutchouc par un ressort métallique.)
Je pourrais rapporter aussi plusieurs observations d'atrophie limitée au court abducteur du pouce, desquelles il ressort que l'usage de la main en était presque aussi gravement lésé que dans le cas précédent, où tous les opposants étaient détruits. — On conçoit que le court abducteur artificiel a dû rétablir l'intégrité des fonctions du pouce.
Quant à l'atrophie du court fléchisseur, il ne cause pas assez de perturbation dans l'usage de la main pour compenser la gêne occasionnée par l'appareil lui-même.
II. — PROTHESE DES MUSCLES LONG EXTENSEUR, COURT EXTENSEUR, LONG ARDUCTEUR ET LONG FLÉCHISSEUR DU POUCE.
A. La paralysie du long extenseur du pouce existe rarement isolément. Je ne l'ai observée qu'une fois (à la main droite), consécutivement à une contusion de la partie postérieure et inférieure de l'avant-bras. L'usage de la main n'en fut pas très-compromis ; le sujet écrivait aussifacilement qu'auparavant. Cependant l'opposition constante du pouce et l'impossibilité de le relever pour une foule d'usages occasionnaient de la maladresse. Un long extenseur artificiel (voy. 3, fig. 232) fit disparaître la gêne et rendit l'habileté manuelle. C'est, on le voit, un tendon artificiel, 3, qui suit la direction
1056 CIIAP. XVIII. — PROTnÈSE MUSCULAIRE PHYSIOLOGIQUE.
anatomique du long extenseur, et s'attache à un ressort E fixé à la manchette B.
B. La paralysie simultanée du long extenseur et du long abducteur du pouce s'observe communément dans la paralysie saturnine. Il en résulte que le premier métacarpien se trouve constamment dans une opposition exagérée, et que le pouce tombe dans la paume de la main (voy. la fig. 238).
On prévoit que l'usage de la main est bien plus gêné par celte attitude vicieuse du pouce que dans le cas précédent. Le long extenseur artificiel du pouce décrit ci-dessus (voy. 3, fig. 234) suffirait, à la rigueur, pour rétablir la fonction et l'attitude à peu près normale du pouce; mais l'absence du court fléchisseur (seul producteur réel de l'abduction du premier métacarpien) occasionne de la difficulté dans certains actes, comme lorsqu'en écrivant, en dessinant, le trait est dirigé d'avant en arrière. On remarque en effet (voy. la fig. 239) que, dans ce mouvement, le premier métacarpien se porte dans l'abduction, pendant que les deux phalanges sont fléchies, ou, en d'autres termes, que ce mouvement, opposé à celui qui trace le trait d'arrière en avant, est produit par le court extenseur et le long fléchisseur du pouce.
Les malades se sont bien trouvé?, dans ces cas, d'un abducteur
artificiel ajouté au long extenseur artificiel. Un ruban de fil fixé à l'extrémité supérieure et postérieure delà première phalange, glissant dans une coulisse qui suit la direction naturelle du court extenseur, s'ouvre au niveau de la face inférieure et externe du radius et se relie à un ressort fixé à la face postérieure de la manchette : ce muscle artificiel, dis-je, produit les mouvements propres du cour! extenseur.
Je n'ai pas encore eu l'occasion d'appliquer le long fléchisseur artificiel du peuce.
ART. IJ, § III. — PROTHÈSE MUSCULAIRE DU POIGNET. 1057 § III. — I*rothèse musculaire du poignet.
N'ayant pas encore eu l'occasion de faire l'application du gantelet des fléchisseurs artificiels de la main, il ne sera question dans ce paragraphe que des extenseurs de cette partie.