‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et à la thérapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 456 sur 505 · ART. II. — TROTIIESE MUSC. DES MEMBRES INFERIEURS · texte numérisé non relu

ART. II. — TROTIIESE MUSC. DES MEMBRES INFERIEURS

•sant exactement la partie supérieure de la jambe, lacée en dehors, •et pouvant être serrée au niveau de la jarretière, de manière à être maintenue aussi solidement que possible. Des boutons fixés à celte molletière servaient de points d'attache aux muscles artificiels: mais je n'ai pas tardé à remarquer qu'elle était insuffisante. Chez les enfants dont les membres malades étaient amaigris ou atrophiés, elle n'était pas applicable, parce qu'elle ne pouvait être solidement maintenue et descendait sur la partie inférieure de la jambe, sous l'influence de la traction exercée par les muscles artificiels. Lorsque les muscles de la partie postérieure de la jambe étaient assez développés pour soutenir la molletière, la compression circulaire qu'il fallait alors exercer au niveau de la jarretière pour résister à la pression exercée par les muscles artificiels, ou ne pouvait être longtempssupportée, ou augmentait l'atrophie de la jambe.

Alors j'ai essayé de soutenir la molletière à l'aide d'un cuissard qui prenaitson point d'appui au-dessus du condyle du fémur (voyez les figures 240 et 242). Pour fixer solidement ce cuissard, deux coussins de 8 à 10 centimètres de diamètre, et d'un centimètre à un centimètre et demi d'épaisseur, ont été fixés à la face interne et externe de la cuisse et placés un peu au-dessus des condyles du fémur. De celle manière le cuissard, comprimant la cuisse transversalement, était retenu par les condyles, et maintenait solidement la molletière à laquelle il se reliait, à l'aide de courroies placées latéralement; il n'occasionnait aucune gêne, parce qu'il n'exerçait pas de compression circulaire.

Cet appareil, on le voit, a une grande ressemblance avec celui de la main, qui a été décrit antérieurement (voyez la fig. 232), qui, lui aussi, prend son point d'appui principal sur les tubérosités interne et externe de la partie inférieure de l'humérus. Mais il n'est malheureusement pas applicable dans lous les cas, surtout lorsque les muscles artificiels doivent agir avec une grande puissance. Il faut alors serrer très-fortement le cuissard, et il en résulte un amaigrissement rapide de la partie inférieure de la cuisse, et surtout au niveau du vaste interne et du vaste externe. Cet amaigrissement de la cuisse est même inévitable après un long usage de ce cuissard, quelque modérée que soit la compression. Ainsi, j'ai observé que le volume de ces muscles avait diminué d'un tiers et quelquefois de moitié après une à. deux années d'usage.

Cette espèce d'amaigrissement des extenseurs de la jambe sur la cuisse, occasionnée parle cuissard, contre-indique l'emploi de ce dernier, lorsque ces muscles sont déjà affaiblis, paralysés ou atrophiés en même temps que les muscles moteurs du pied. De plus, le cuissard est très-incommode et difficile à porter et à maintenir, pendant les chaleurs de l'été, à cause de la transpiration abondante

qu'il provoque. Enfin, il est des cas assez nombreux où il faut combiner la force élastique avec la force rigide, ce qui nécessite l'emploi de tuteurs métalliques.

L'appareil représenté dans la figure 243 répond à toutes les indications pour les paralysies partielles des muscles moteurs du pied. Il est composé, comme les appareils orthopédiques ordinaires, d'un ou de deux tuteurs métalliques sur lesquels sont fixés deux cercles également de métal, C, G', dont la moitié antérieure est articulée et peut s'ouvrir pour recevoir le membre; d'un étrier métallique B, auquel est fixée une semelle de cuir, quelquefois consolidée par une plaque métallique aussi légère que possible. Le métal est partout recouvert de peau ou de coutiL

Lorsque le pied est mis dans sa guêtre, le membre est placé dans l'appareilcommedanslafig. 243, et une bottine maintient solidement toutle système, comme l'indiquentles lignesponcluées quientourent le pied et la partie inférieure de la jambe. Alors les muscles artificiels D,E, F, etc., sont tendus et fixés au cercle supérieure, enpassant les boutons .rivés sur ce dernier dans les trous de leurs courroies.

Mes expériences sur la prothèse musculaire physiologique des membres inférieurs ont été faites, en grande partie, dans des cas de paralysie spinale de l'enfance. J'ai procédé alors différemment, suivant la période delà maladie où j'étais appelé à intervenir. La plupart des jeunes sujets m'ont été adressés à une période assez avancée de leur affection musculaire. Lorsque j'ai eu à les traiter au début ou à une époque voisine du début, c'est-à-dire à un moment où la paralysie régnait encore dans les muscles moteurs du pied, ou bien, lorsque, par l'exploration électro-musculaire, il m'a été démontré que certains muscles paralysés devaient s'atrophier ou étaient menacés de se transformer en graisse, j'ai fait appliquer immédiatement l'appareil représenté dans la fig. 243, en limitant la course de son étrier pour laisser peu de jeu au mouvement d'extension ou de flexion du pied; puis j'ai tendu tous les muscles artificiels de manière à rétablir l'équilibre des forces toniques qui pendant le repos musculaire maintiennent la forme normale du pied. Cet appareil, dont le but principal est d'aider à la marche et de contenir solidementle pied, n'estappliqué que le jour. C'est un appareil d'attente; caraussiltôtque les musclesquiont été moins lésés dans leur innervation commencent

Fig. 243. — Prothèsa à force lise et élastique des muscles moteurs du pietl. Appareil de jour.

ART. III

PROTHESE DU TRICEPS SURAL.

à recouvrer leur motililé et leur force tonique, je tends davantage les muscles artificiels destinés h suppléera leurs antagonistes paralysés, afin deprévenir les déformations partieliesqui, sans cette équilibration des forces, se seraient infailliblement produites à la longue. Jl arrive un moment où la paralysie se localise, en d'autres termes, où un certain nombre de muscles ont recouvré complètement leur motilité et leur force: alors la prothèse musculaire doit être modifiée suivant les cas particuliers, comme je vais l'exposer brièvement dans les paragraphes suivants.

Prothèse du triceps sural.

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