‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et à la thérapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 52 sur 505 · CHAI'. III. — LES PRINCIPALES MÉTHODES D'ÉLECTRISATION · texte numérisé non relu

CHAI'. III. — LES PRINCIPALES MÉTHODES D'ÉLECTRISATION

serve aucune différence enlre elles, quant à l'influence qu'elles exercent sur la sensibilité de la peau.

La sensation cutanée développée par l'électropuncture masque la sensation musculaire produilepar l'excitation directedu muscle dans lequel l'aiguille est enfoncée. On pourrait penser alors que ces deux sensations sont les mêmes et se confondent; mais il n'en est pas ainsi, comme le prouvent les expériences suivantes. Chez des blessés, j'ai enfoncé des aiguilles dans des portions de muscles dénudés, et dans des points où ces muscles étaient recouverts par la peau intacte; puis je les ai électrisés successivement. Dans la première expérience, la sensation fut sourde comme est la sensation spéciale à l'excitation musculaire : elle fut semblable à celle qui se produit ordinairement sous l'influence de rhéophores humides, placés sur la peau intacte. Dans la seconde expérience, la sensation fut très-vive ; elle eut le caractère propre à l'excitation électro-cutanée qui caractérise la faradisalion par des fils métalliques excitateurs posés sur la peau sèche.

On ne peut produire à volonté, par l'électropuncture, la contraction d'un muscle ou d'un faisceau musculaire, ou seulement de quelques fibres musculaires. En effet, bien que j'aie eu le soin de placer les aiguilles loin des troncs nerveux, les contractions musculaires observées dans mes expériences, ont presque toujours été irrégulières et imprévues, ainsi tantôt elles étaient fibrillaires et limitées dans un certain rayon de l'aiguille, tantôt elles s'étendaient au muscle entier, quelquefois même à plusieurs muscles à la fois. Il est évident que, dans ces différents cas, les effets ont varié, suivant que l'aiguille a rencontré les filets nerveux qui s'étendaient à un ou plusieurs muscles, ou qu'elle se trouvait en rapport seulement avec les fibres musculaires. On voit donc que, dans l'électrisalion musculaire par l'électropuncture, le hasard seul préside à la production des phénomènes de contraction et domine la volonté de l'opérateur.

Sarlandière prescrivait de placer les aiguilles loin des troncs nerveux; il professait que l'influence thérapeutique de l'électropuncture était plus grande en agissant sur les extrémités nerveuses. Contrairement à ces principes, Magendie eut la hardiesse de pratiquer l'électropuncture en traversant les troncs nerveux avec des aiguilles. Cette dernière opération peut paraître facile à ceux qui possèdent quelques connaissances analomiques; mais elle n'est pas aussi simple qu'on pourrait se l'imaginer, lorsqu'on ne l'a pas essayée. S'il est vrai, par exemple, que l'on peut atteindre quelquefois les nerfs médian, cubital et crural, il n'en est pas de même des nerfs radial, sciatique et poplités. A la face, il est possible de planter des aiguilles dans les nerfs sous-orbitaire et mentonnier. Mais qui prétendrait piquer à coup sûr le tronc de la septième paire ou les

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