‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et à la thérapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 7 sur 505 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

DE i/ÉLECTRICITÉ MÉDICALE.

En médecine, on fait usage de Y électricité de frottement, de l'électricité de contact et de Y électricité d'induction. La première est aussi appelée électricité statique ; les deux dernières sont confondues sous le nom d'électricité dynamique.

Dans les applications à la physiologie et à la thérapeutique, alors qu'il s'agit d'en limiter ou localiser l'action dans les organes, est-il indifférent d'employer telle ou telle source électrique? Et puis, les propriétés physiologiques et thérapeutiques des différentes espèces d'électricité sont-elles identiques?

Telles sont les premières questions qui se sont offertes à mon esprit, et qu'il suffit de poser pour en faire comprendre toute l'importance.

Mon intention n'est pas d'exposer les opinions fort diverses qui ont régné sur ce sujet. Ce serait entrer dans la question historique; forcé de me limiter, je désire, autant que possible, la laisser ici de côté. Je dois dire néanmoins que certains médecins, qui ont fait une élude spéciale de l'électricité appliquée à la thérapeutique, ont cru remarquer quelques différences entre les propriétés thérapeutiques de l'électricité statique et celles de l'électricité dynamique. Fabré Palaprat, par exemple, enseignait que l'électricité de

duchenne. — 3' édition. 1

tension était principalement applicable aux paralysies du sentiment et à l'excitation des muscles de la vie de relation, tandis qu'au contraire l'électricité de contact convenait seulement à l'excitation des muscles de la vie organique ou des organes délicats, tels que l'œil, l'oreille, etc.

Ces préceptes ont été reproduits dans quelques traités spéciaux, bien qu'ils ne reposent sur aucune recherche sérieuse, et qu'ils ne soient pas en harmonie avec les propriétés physiologiques des différentes espèces d'électricités, comme je le démontrerai bientôt. 11 n'est donc pas étonnant qu'on n'en ait tenu aucun compte dans la pratique. On aurait tort, toutefois, dédire que l'action thérapeutique de l'électricité est toujours la môme, qu'elle qu'en soitla source. Sans avoir laprétention de résoudre complètement cette question difficile, ce qui exigerait de plus nombreuses expériences et une plus longue observation clinique, j'espère du moins l'éclairer par mes recherches, et démontrer, dans ce chapitre, que l'électricité de frottement, l'électricité de contact et l'électricité d'induction jouissent de propriétés physiologiques et thérapeutiques spéciales, et que chacune d'elles répond à des indications particulières.

ARTICLE PREMIER

ÉLECTRICITÉ STATIQUE. § I. — Propriétés physiologiques.

Les principaux procédés en usage pour l'application de l'électricité statique sont, on le sait, l'électrisation par simple contact, qu'on appelle bain électrique; l'électrisation par étincelles; enfin, l'électrisation par la bouleille de Leyde. Les autres procédés ne me paraissent pas dignes d'être discutés.

A. Bains électro-positif et négatif. — Le bain électrique a été longtemps considéré comme un des agents thérapeutiques les plus précieux.

Voici, selon Giacomini (1), comment s'administre et comment se comporte le bain électro-positif : a On isole le patient, et on le met en communication avec le conducteur de l'appareil. Toute la surface du corps se trouve ainsi électrisée, tandis que l'air qui entoure le corps est, par induction, rendu électro-négatif. L'électricité positive qui charge l'organisme est limitée, probablement accumulée, à la surface du derme, en vertu de la loi que nous avons indiquée plus haut, car elle n'affecte aucunement les organes intérieurs ; ni le pouls, ni les sécrétions, ni les fonctions intellectuelles, ni la res-

(1) Cité dans la Bibliothèque du médecin ■praticien. Paris, 1850, t. XIV, p. 90.

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