ARTICLE QUATRIÈME
DE LA VALEUR THÉRAPEUTIQUE DE LA GALVANISATION PAR COURANTS INTERROMPUS ET PAR COURANTS CONTINUS DIRECTS OU INDIRECTS.
§ I. — Historique (expériences anciennes).
Les expériences qui ont été faites sur la question importante qui fait le sujet de ce paragraphe, sont tellement nombreuses, qu'elles pourraient fournir le sujet de plus d'un volume, s'il me fallait les exposer avec quelques détails. Ne voulant pas sortir des limites que je suis forcé de m'imposer, je me bornerai à résumer sommairement les principaux faits mis en lumière par ces expériences.
Au début de mes recherches, l'excitation galvanique, par courants continus, des troncs nerveux me paraissait le meilleur procédé d'éleclrisation applicable aux paralysies, en général. Je savais en
effet que, dès d795, Alex, de Humboldt avait ouvert la voie de la galvanothérapie par une expérience qu'il avait faite sur lui-même et qui est trop connue pour la relater ici, et par l'impulsion qu'il avait imprimée à ces recherches. Mes lectures m'avaient appris qu'immédiatement aprè3 la découverte de la pile de Volta, les courants galvaniques avaient été appliqués, en Allemagne, au traitement de quelques paralysies et affections nerveuses, jusqu'en 1804 ou 1803 (I), et que ces essais thérapeutiques avaient été repris en 1823 par Aldini et ensuite parNobili et Matteucci.
Il me semblait que les découvertes des Galvani (2), Volta (3), Ritter (4), Alexandre de Humboldt (5), Jean Aldini (6), Valli (7), Lehot (8), et, depuis 1827, celles des Marianini (9), Nobili (10), Matteucci (II), pouvaient, seules, fournir les éléments d'une électrothérapie rationnelle. Ces travaux apprenaient que chez les animaux on peut anéantir ou diminuer l'excitabilité d'un nerf, et en môme temps paralyser un membre placé sons sa dépendance, en prolongeant pendant un temps donné le passage d'un courant continu et d'une certaine intensité dans ce nerf; que, par un courant intermittent direct ou inverse (12), dirigé sur ce nerf ainsi modifié
(1) Voici les principaux auteurs qui, de 1797 à 1823, ont expérimenté" encore après de Humboldt l'action thérapeutique d?s courants galvaniques: — Loder, Journal fur chirurgie, t. III ; — Grapprmgiesser, Versuche den Galvanismes zur Heilung einiger Krankheiten auzuuwenden, Berlin, 1801; — Augustin, Versuch einer vollstaendigen system. Geschichte; — Struve, System der mediùnischen Eleciricitatlteher mit liùckisicht auf den Galvanismus. Breslau et Leipz:g, 1802.
(2) Galvani, Sur l'irritabilité" hallérienne, Mémoires communiqués à l'Institut de Bologne, 9 avril 1772. — Sur les mouvements musculaires des grenouilles, 22 avril 1*73. — Sur faction de l'opium sur les nerfs des grenouille^ 1774. — Commentaire De viribus electricitatis, 1791 .
(3) Volta, Collezione délie opère. Firenze, 1816.
(4) V. Ritter, Preuves qu'un galvanisme indèpeivlant accompagne le processus vital dans le règne animal. Weimar, 1798.
(5) Versuche ùber die gereizle Muskel vnd Nerveii faser (Recherches sur l'excitation des muscles et des nerfs). Posen et Berlin, 1797, t. I, 324. — Expériences sur le galvanisme. Paris, 1793.
((i) Aldini, Essai théorique et expérimental sur le galvanisme. Paris, 1804.
(7) Valli, Lettres sur l'électricité à Desgenettes et de Lamétrie. 1792.
(8) Lehot, Mémoire lu à l'Institut, 20 frimaire an IX.
(9) Marianini, Mémoire sur la secousse qu'éprouvent les animaux au moment où ils cessent de servir d'arc, au moment où ils cessent de servir de communication entre les pôles d'un électro-moteur, et sur quelqites autres phénomènes physiologiques produits par l'électricité [Annales de chimie et de physique de Gay-Lussac et Arago. Puris, 1829, t. XL). — Mémoire sur le phénomène électro-physiologique îles alternatives voltdiques, c'est-à-dire sur les phénomènes que présentent les muscles des animaux récemment tués, si l'on soumet longtemps ces muscles au courant électrique (Annales de chimie et de physique. Paris, I83'<, t. LVI).
(10) Nobili, Analisi sperimentalie teorica degli effAtielectro-fisiologici délia rann, con un' Appendice intorno alla natura del tetano, délia paralisi ed al modo di curare quexte due mal ai lie colla e/ettricità. Firenze, 1834.
(11) Matteucci, Traité des phénomènes é ectro-physio/ogiques des animaux. Paris, 1844.
(12) On produit un courant direct (centrifuge, descendant) en plaçant les rhéo-