‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et la thérapeutiqueChapitre 109 sur 400 · ART. V. — TRAITEMENT · texte numérisé non relu

ART. V. — TRAITEMENT

Cette possibilité de la guérison spontanée des paralysies générales spinales antérieures et même diffuses subaiguës, diminue donc singulièrement la valeur thérapeutique des guérisons obtenues, dans ces cas, par les courants continus ou interrompus; cependant, je crois pouvoir affirmer qu’appliquée à temps, ils peuvent hâter la guérison.

Mais il est un moment où l’on doit appliquer la faradisation Localisée, sous peine de laisser les muscles disparaître, et des infirmités incurables se développer. C’est lorsque Ja paralysie atrophique persiste et reste limitée, comme chez le sujet de l’observation LXXXIIL, dont les muscles animés par le nerf radial ou

cubital et ceux de l’éminence thénar me paraissaient menacés dans leur texture, le jour où il s’est présenté à ma clinique civile.

Mais à quelle source électrique et à quel mode d’électrisation devais-je ici recourir? J'ai donné la préférence à la faradisation localisée, parce que chez un sujet de ma clinique civile et dans des circonstances analogues, c’est-à-dire alors que la paralysie, après avoir été à peu près généralisée, s’élait concentrée dans quelques muscles qui restaient atrophiés et privés de leur contractilité électrique, j'avais déjà appliqué, sans aucun résultat appréciable, les courants continus de mes excellentes piles pendant vingt séances qui duraient chacune de 15 à 20 minutes. Le traitement faradique a déjà ramené (en une dizaine de séances) la motilité volontaire dans quelques-uns de üés mucelas (les radjaux et le cubital postérieur), qui cependant n’ont pas encore reCOUvVré leu» rantractilité électrique (phénomène toujours curieux pour ceux qui ne l’ont pas observé, et dont j'ai rendu témoins plusieurs pathologistes, entre autres MM. Charcot, Joffroy et Hallopeau).

L'influence hyposthénisante d’un courant continu descendant ou centrifuge par action réflexe me paraît cependant devoir exercer dans ces conditions pathologiques une heureuse influence thérapeutique sur la moelle, C’est pourquoi je conseille de l’employer concurremment avec la faradisation localisée, surtout pendant la période de développement et de généralisation de la paralysie.

Je viens de faire l’application de ce traitement mixte par le courant continu et par la faradisation localisée à M. X. (obs. LXXX VII) et en trente séances j'ai obtenu une amélioralion considérable. Aujourd’huï il peut fléchir les avant-brassur le bras, avec faiblesse il est vrai, de porter légèrement dechaque côté les membres supérieurs en avant, en arrière et en dehors. La force des membres inférieurs a

d’atrophie musculaire progressive qui n’appartenait pas évidemment à cette espèce morbide et qui était certainement un cas de paralysie générale spinale subaiguë.

augmenté considérablement, enfin la nutrition musculaire générale est en voie d'amélioration.

Je n’ose attribuer cette amélioration uniquement à ce traitement, puisque nous avons vu chez le sujet de l'observation LXXXIIT, la même guérisonsurvenirspontanément. Cependant je ferai remarquer que cette guérison s’est fait attendre longtemps (il est resté 43 mois généralement paralysé); landis que, dans ce dernier cas, l’action thérapeutique de l’électrisation mixte à commencé à se manifester après quelques séances, et qu’à dater de ce moment, l’amé-

lioration a été progressive.

Dans les cas de paralysie générale spinale subaiguë rapporté dans l’observation LXXXV, où une hypéresthésie musculaire rendait la faradisation musculaire localisée inapplicable (parce que, pratiquée une seule fois, elle avait augmenté considérablement cette hypèresthésie), j'ai saisi l'occasion d’expérimenter, pendant la période de généralisation, l’action thérapeutique du courant continu descendant, dans le trajet de la moelle et des nerfs des membres, les rhéophores étant aussi éloignés que possible (les symptôrnes et la marche de ces cas ont été exposés dans l'observation LXXXVI). Quel sera le résultat de ce traitement ? J'en suis déjà à la 90€ séance et je n'ai obtenu qu’un faible mouvement des bras en avant.

Serais-je encore forcé d’en venir à la faradisalion localisée, lorsque l’hypéresthésie musculaire n’existera plus, et que la paralysie atrophique sera limitée à quelques muscles? Mais avant cela, j’épuiseral ici lapplCatuoneners DEL ELEUE du courant continu.

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