ART, INT, == NOTE CRITIQUE
des symptômes (paralysie de la contractilité volontaire, diminution ou perte de la contractilité électro-musculaire, el consécutivement dégénérescence granuleuse ou graisseuse des muscles).
Depuis longtemps je professe cette opinion ; voici en effet ce que j'écrivais en 1854; « En raisonnant par analogie, j'ai été conduit à penser que le point de départ de ces paralysies de l’enfance pouvait résider dans le système nerveux spinal, En effet, dans presque toutes les lésions traumatiques de la moelle qu’il m'est donné d'observer, chez l'adulte, les désordres musculaires symptomatiques de la lésion médullaire sont exactement les mêmes que ceux observés dans les paralysies atrophiques de l'enfance, Dans les unes et les autres, la paralysie marque le début de la maladie; puis, après un temps plus ou moins long, les muscles qui dépendent des points de la moelle les plus légèrement atteints recouvrent leur motilité volontaire et leur nutrition, tandis que ceux qui reçoivent leur influx nerveux des points plus profondément lésés s’atrophient ou deviennent graisseux. Il est difficile de ne pas reconnaitre, dans des phénomènes aussi semblables, l'expression symptomatique d'une lésion analogue de la moelle.
« Cette question de la physiologie pathologique de la paralysie atrophique de l'enfance a été encore rendue nécessaire par une opinion exprimée sur ce sujet par M. Bouchut (1).
S'appuyant sur un cas de paralysie atrophique de l’enfance, recueilli dans son service et dans lequel l’autopsie n'avait révélé aucune lésion appréciable de la moelle, s’autorisant en outre de trois faits empruntés, deux à MM. Rilliet et Barthez, et l’autre à M. Edw. Meryon, ce pathologiste, dis-je, a soutenu, contrairement à l'opinion générale, que dans cette affection « c’est la maladie du muscle qui produit la paralysie et conséculivement l’atrophie graisseuse ». 11 a conséquemment proposé de l'appeler paralysie myogénique; il a assimilé cette affection à l’atrophie musculaire progressive de l’enfance et à l’atrophie musculaire progressive de l'adulte, Enfin, il a prétendu que cette manière de voir s’autorise de certains faits encore peu connus. de pathologie comparée ; qu’en effet, chez le cheval, après une longue fatigue, il arrive quelquefois que le train postérieur cesse de se mouvoir librement, ou qu'une paralysie subite se montre chez un animal qui a travaillé toute la journée ; que, dans ces cas, l’autopsie, pratiquée deux ou trois jours après l'accident, a montré que tous les muscles du train postérieur paralysé sont jaunâtres, granuleux, infiltrés de graisse, tandis que ceux des membres antérieurs ont leur couleur rouge naturelle et sont sains ; que la moelle épinière est saine el que latrophie musculaire n'a pas eu le temps de se produire. « Il est incontestable, dit-il, que ces faits ont une grande analogie avec la paralysie graisseuse (2).»
Cette question de pathogénie et de la physiologie pathologique a été discutée à la Société de Médeciue de la Seine, dans la séance du 7 mars
(1) Bouchut. De a nature et du traitement des paralysies essentielles de l’enfance (paralysie myogénique, paralysie graisseuse alrophique, paralysie temporaire des enfants), (Union méd,, 1867, nos 130, 131 et 134.)
PV LOCHCN
5b 4 CHAP, V, — ATROPHIE MUSCULAIRE PROGRESSIVE,
1868; voici les conclusions de mon argumentation contre l'opinion de M.Bouchut:
Les faits que j'ai eu l'honneur d’exposer démontrent :
1° Que, par leur symplomatologie, par leur marche et par leurs altérations musculaires consécutives (atrophie et dégénérescence granuleuse, granulo-graisseuse), la paralysie atrophique graisseuse de l'enfance et la paralysie spinale de l’adulte ont entre elles une parfaite ressemblance ;
2° Que, raisonnant par analogie, il est rationnel d’en conclure à l’identité d'une lésion spinale primitive, dans la paralysie atrophique de l'enfance et dans la paralysie spinale de l'adulte ;
3° Que cette hypothèse a été confirmée par l’examen microscopique de trois moelles provenant de sujets qui avaient été atteints de paralysie atrophique de l'enfance. — Deux d’entre eux ont été observés, en 1863, dans le service de MM. Bouvier et H. Roger, et le troisième par M. Cornil. (voy-4n6102 pl);
4° Que, sur les quatre faits anatomo-pathologiques prétendus négatifs, opposés par M. Bouchut aux trois précédents, deux (ceux de MM. Rülliet et Barthez qui lui même les récuse ici) n’ont aucune espèce de valeur dans la présente question, et que le troisième (celui de M. Meryon) appartient à une autre espèce morbide (la paralysie pseudo-hypertrophique), ainsi que je le démontrerai dans le chapitre suivant ;
5° Que le fait anatomo-pathologique observé par M. Bouchut dans son propre service, et qui seul mérite d'être pris en considération, ne renverse pas les trois faits observés par MM. H. Roger, Cornil, Duchenne et Laborde, parce que, dans ce cas isolé et exceptionnel, la lésion inflammatoire primitive de la moelle peut bien avoir disparu, après plusieurs années ; — ce que l’on observe du reste quelquefois, chez l'adulte, et dans des lésions inflammatoires primitives de la moelle ;
6° Que la pathologie comparée, invoquée par M. Bouchut, à l’appui de son opinion, est contraire à sa doctrine ; car, dans le cas particulier sur lequel il se fonde, la paralysie subite (chez le cheval de trait, après un travail forcé), et qu’il attribue à une lésion musculaire, est, de l’avis des observateurs les plus autorisés, produite en général par une lésion primitive de la moelle où des nerfs, c'est ce qui ressort de la savante discussion soulevée sur cette question, en 1865, par M. Henri Bouley, à la Société impériale et centrale de médecine vétérinaire, (Voy. Arch. gén. de méd. : Revue vétérinaire de 1864 et 1865, vol, XI, p. 78.)
ARTICLE IV