CHAPITRE PREMIER
En médecine, on fait usage de l'électricité de frottement, de l’électricité de contact et de l'électricité d'induction. La première est aussi appelée électricité statique ; les deux dernières sont confondues sous le nom d'électricité dynamique.
Dans les applications à la physiologie et à la thérapeutique, alors qu'il s’agit d’en limiter ou localiser Paction dans les organes, est-il indifférent d'employer telle ou telle source électrique? Et puis, les propriétés physiologiques et thérapeutiques des différentes espèces d'électricité sont-elles identiques ?
Telles sont les premières questions qui se sont offertes à mon esprit, et qu’il suffit de poser pour en faire comprendre toute l’importance.
Mon intention n’est pas d’exposer les opinions fort diverses qui ont régné sur ce sujet. Ce serait entrer dans la question historique; forcé de me limiter, je désire, autant que possible, la laisser ici de côté. Je dois dire néanmoins que certains médecins, qui ont fait une étude spéciale de l'électricité appliquée à la thérapeutique, ont cru remarquer quelques différences entre les propriétés thérapeutiques de l'électricité statique et celles de l'électricité dynamique. Fabré Palaprat, par exemple, enseignait que l'électricité de
DUCHENNE. — d° édition. |
tension était principalement applicable aux paralysies du sentiment et à l’excitation des muscles de la vie de relation, tandis qu’au contraire l'électricité de contact convenait seulement à l’excitalion des muscles de la vie organique ou des organes délicats, tels que l'œil, l'oreille, etc.
Ces préceptes ont été reproduits dans quelques traités spéciaux, bien qu’ils ne reposent sur aucune recherche sérieuse, et qu'ils ne soient pas en harmonie avec les propriétés physiologiques des différentes espèces d’électricités, comme je le démontrerai bientôt. Il n’est donc pas étonnant qu’on n’en ait tenu aucun compte dans la pratique. On aurait tort, toutefois, de dire que l’actionthérapeutique de l'électricité est toujours la même, qu’elle qu’en soitla source. Sans avoir la prétention de résoudre complétement cette question difficile, ce qui exigerait de plus nombreuses expériences et une plus longue observation clinique, j'espère du moinsl’éclairer par mesrecherches, et démontrer, dans ce chapitre, que l'électricité de frottement, l’électricité de contact et l'électricité d’induction jouissent de propriétés physiologiques et thérapeutiques spéciales, et que chacune d’elles répond à des indications particulières.
ARTICLE PREMIER