II. TRAITEMENT
J'ai obtenu la guérison de la paralysie pseudo-hypertrophique à sa première période, à l’aide de la faradisation musculaire, secondée par l’hydrothérapie et le massage. Lorsque ce traitement a été appliqué au moment où elle était arrivée à sa seconde période, 1l n’a produit qu’une amélioration passagère, et n'a pas empêché la
CÉ nouveau fait anatomo-pathologique vient justifier les considérations que j'ai exposées en 1868, au point de vue de son diagnostic anatomique différentiel et surtout de sa pathogénie et de son existence comme entité morbide distincte des autres affections caractérisées par des lésions de nutrition musculaire.
Voici en effet les déductions qui me paraissent ressortir de ce dernier cas corroboré par un fait anatomo- pathologique analogue, observé antérieurement par MM. Cohnheim et Eulenburg (loc. cit.).
1° Le travail irritauif (irritation formatrice) qui produit l’hyperplasie du tissu connectif interstitiel, et secondairement la transformation adipeuse n’est pas symptomatique d'une lésion quelconque appréciable des centres nerveux.
90 Dans ce nouveau cas anatomo-pathologique, l'examen histologique après la mort des muscles atteints de paralysie pseudo-hypertrophique à sa période ultime, confirme, en les complétant, ceux qui ont été faits antérieurement sur le vivant. En cffet, au début de cette maladie, les fibres musculaires pâlissent (en même temps que la force diminue) et leur striation devient plus fine (voy. fig. 162;; un peu plus tard, le tissu interstitiel s’hyperplasie (voy. fig. 160,161); dans une période encore plus avancée des vésicules adipenses plus ou moins grosses et abondantes se mélent au tissu fibroide interstitiel (voy. fig. 163, 164). C’est ce que j'avais montré, on se le rappelle, dans cette espèce d’anatomo-pathologie vivante, à l’aide de mon emporte-pièce histologique ; enfin ce qui avait été observé seulement sur le vivant par des pathologistes allemands : Billroth, Griesinger ; etc., dans une période ultime, le tissu fibroide hyperplasié se transforme en tissu adipeux. L'autopsie de Gruard et l’examen histologique de ses muscles confirment donc ce qui avait été vu sur le cadavre par Cohnheim et sur le vivant par Billroth, etc. Mais tout le monde reconnaitra que les belles préparations colorées au carmin que j'ai photographiées et qui ont été faites par M. Pierret, élève distingué de M. Charcot, démontrent beaucoup mieux qu’on ne l'avait fait jusqu'ici le passage de la prolifération fibroide interstitiel à la substitution graisseuse. M. Charcot a bien fait ressortir ce résultat de l'examen histologique de ce cas, dans la communication qu’il a faite de ce cas à la Société de Biologie, en octobre 1871. Mes figures photographiques montrent aussi dans le ptrimysium des muscles de nombreux vaisseaux capillaires hypertrophiés, qui prouvent l’existence du travail irritatif dans cette maladie périphérique.
3° Des nécropsies éclairées par l’examen histologique ont établi d’une manière irrécusable que les lésions de nutrition musculaire ubservées dans un certain nombre d’affections paralytiques où non (les paralysies spinales aiguës ou subaiguës, l’trophie musculaire progressive), qui ont fait le sujet de plusieurs des chapitres de la seconde partie de ce livre, correspondent toujours à l’atrophie des ceilules antérieures de la moelle ; les nouveaux faits anatomo-pathologiques, qui viennent d’être exposés, démontrent que la paralysie pseuco-hypertrophique ne peut être rangée dans cette classe d’espèces morbides,
:marche envahissante et la terminaison falale de cette maladie. - D’autres médications très-variées (strychnine, seigle ergoté, iodure de - potassium, etc.) ont également échoué dans celte seconde période.
J'expérimente actuellement l’action thérapeutique des courants continus.