‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et la thérapeutiqueChapitre 210 sur 400 · T. — CAUSES · texte numérisé non relu

T. — CAUSES

L'espèce de paralysie que je décris est produite, ai-je déjà dit, par l'impression du froid humide, d’un courant d’air, etc., agissant spécialement sur l’avant-bras. Le nombre des faits que j'ai recueillis dépasse aujourd’hui une centaine. Dans presque tous les cas, l’action prolongée d'un léger refroidissement sur l’avant-bras a produit immédiatement la paralysie complète du nerf radial, et, chose singulière, presque toujours pendant le sommeil. Il importe donc de savoir comment cette paralysie peut se produire, — Des ouvriers se sont endormis par exemple sous un hangar, pour faire leur sieste selon leur habitude générale; l’un des bras, ordinairement nu, étant exposé à un courant d'air, tantôt les bras croisés pendant la station assise, et tantôt l’un de ceux-ci soutenant la tête ou appuyé sur le sol frais ou humide; ils sont restés dans cette position une heure ou deux. C’est à leur réveil qu’ils se sont vus paralysés de ce bras. — J’ai observé plusieurs individus qui, par un temps chaud, après s’être endormis à l’ombre de la même manière sur l'herbe, avaient gagné immédiatement une paralysie semblable, — Il n’est pas moins dangereux de s'endormir les bras nus, hors du lit, et placés sur la tête, car il suffit alors d’un courant d’air arrivant sur un des bras en moiteur pour produire cette même paralysie; j’en possède plusieurs exemples. Enfin, j'ai vu cetle paralysie se produire de la manière suivante : deux personnes s’endorment les bras nus et croisés sur la poitrine, auprès d’un poêle ou dans une pièce chaude, la croisée ou la porte étant entr’ouverte (dans un cas, c'était une portière qui, lorsqu'elle était assise sur ure chaise, s'était endormiele soir dans sa loge, après avoir fait une petite lessive, et les bras encore humides et croisés sur sa poitrine (Voy. obs. CXXX); dans l’autre, c'était un coiffeur de la Villette qui, en manches de chemise, faisait sa sieste, assis également sur une chaise (Voy. obs. GXXXI). A leur réveil, les voilà paralysés comme les sujets précédents, le bras atteint est justement celui sur lequel le courant d'air avait frappé et sans qu'il eût été exposé à la moindre compression.

En voilà certes assez pour démontrer que la cause de cette espèce de paralysie est occasionnée par l'impression du froid ou d’un courant d’air froid. Je conviens que, dans quelques cas, la compression de la parte postérieure de l’avant-bras ou du nerf radial a dû exercer une certaine influence; mais il me paraît incontestable que, dans les nombreux faits cliniques que j'ai observés depuis plus

de vingt ans (une centaine environ), l'impression du froid a rempli le principal rôle dans l’étiologie de cette espèce de paralysie (1).

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