ART. 11, $ II. — GALVANISATION MUSCULAIRE
dans la proportion moyenne de 10 grammes par demi-litre d’eau ; ou même avec l’eau salée,
Si l’on veut transporter l'appareil en ville, on le vide dès qu'il est chargé, cela fait, il fonctionne toute une journée sans perdre sensiblement de son intensité,
L'action calorifique et électrolytique, ai-je dit, est diminuée dans ies appareils à pelle surface et à un seul liquide que je viens de décrire (petite pile à colonnes, chaîne de Pulvermacher, pile à rubans de Duchenne, pile de A. Mathieu), mais elle ne l’est pas au point de ne pouvoir étre utilisée à l’occasion. En effet, ces appareils désorganisent parfaitement la peau, en la faisant passer par tousles degrés de la brûlure, lorsqu'on limite leur action dans cet organe, Ils peuvent, en conséquence, remplacer, jusqu'à un certain point (1), le moxa et la cautérisation transcurrente. Ils sont même quelquefois préférables à ces moyens, en ce qu’ils se graduent assez bien pour produire une Cautérisation ou une action électrolytique plus ou moins lente, suivant les indications particulières, tandis que le feu désorganise rapidement les tissus, et que la douleur cesse immédiatement après la formation de l’eschare. Ceux qui ont ordonné l’application thérapeutique de ces piles à petite surfaces ont oublié (rop souvent les dangers ou les inconvénients de leur action calorifique ou électrolytique,
Ces appareils, pouvant faire contracter assez énergiquement les muscles, semblent, au premier abord, devoir être très-utiles dans le traitement des paralysies, Malheureusement ils sont exposés à S’affaiblir rapidement, presque aussitôt après qu’on les a misen aclion. Pour en donner une idée, il me suffira de rapporter une des expériences que j'ai faitessur ce sujetavec une longue chaîne de M. Pulvermacbher. Je dirigeai un courant intermittent sur le biceps brachial, cet appareil étant à son maximum, La contraction du muscle fut telle, à la première intermittence, que l’avant-bras se fléchit violemment Sur le bras, et que le sujet éprouva une assez vive sensation. Mais Ia seconde contraction fut un peu moins forte que la première, et les contraclions suivantes s’affaiblirent de plus en plus, au point qu’après un certain nombre d’intermittences (une vingtaine), le biceps se contraclait à peine. Je renouvelai pendant plusieurs jours cette expérience sur différents muscles, et je constatai que cet affaiblissement élait d'autant plus rapide, que les intermittences étaient plus rapprochées. Le courant continu épuise l'appareil plus vite encore
(1) Si l’on voulait produire une cautérisation rapide et profonde, comme avec le moxa, il faudrait employer une batterie à large surface, comme celle qui à été ima. ginée par M. Jules Regnault, et que j'ai déjà mentionnée page 14, ou mieux encore la pile puissante et ingénieuse de M. Grenet.
que le courant intermittent. Ces petits appareils sont donc puissants.…. à la condilion, pour ainsi dire, de ne pas être mis en action! Mais cet affaiblissement n’est que temporaire ; car si le circuit est interrompu pendant un quart d'heure, l'appareil se recharge en général et récupère sa force première.
L’affaiblissement temporaire de ces petites piles voltaïques, même sous l'influence des courants intermittents, joint à leur épuisement progressif et continu, permet difficilement d'en mesurer et d’en calculer l’action. En raison de ces causes d’affaiblissement rapide auxquelles est exposée leur puissance physiologique, ces piles à petite surface sont, on le conçoit, peu applicables à la localisation de l'excitation électrique dans chacun des muscles ou des nerfs, surtout dans les études électro-physiologiques et pathologiques qui exigent une grande précision. Comment, en effet, mesurer une force qui subit de telles variations ? Comment la graduër de manière à en proportionner la dose au degré d’excitabilité des organes, si variable dans l’état de santé ou de maladie (1) ?
La polarisation considérable qui se produit rapidement dans ces petites piles voltaïques par le courant continu ne permet pas non plus de les appliquer à l’étude physiologique ou thérapeutique des courants continus.
Parmi les batteries galvaniques à plus grande surface et que j'ai décrites ci-dessus, celles dont le courant est plus constant et dont la force électro-motrice est la plus grande, sont les seules appiicables à la galvanisation musculaire localisée.