ART. 1, $ IT. — PARALYSIE DU GRAND DENTELÉ
trice et élévatrice du trapèze, on trouve réunis les signes diagnostiques de chacune de ces affections, que je viens de décrire isolément. Dans ces conditions, l’épaule semble prête à se détacher du tronc ; le poids du membre supérieur occasionne souvent, dans les points correspondants aux attaches du trapèze, des tiraillements douloureux qui obligent quelquefois le malade à se coucher afin de se soustraire à l’action de cette pesanteur du membre supérieur.
Je dois dire, en terminant ce qui à trait à la pathologie du trapèze, que son atrophie ne dérange en rien les mouvements du bras, si l’on en excepte toutefois l'élévation verticale de ce dernier, mouvement, qui paraît seulement un peu affaiblie par la perte de la portion moyenne de ce muscle.
S HI. — Atrophie et paralysie du grand dentelé.
On a compris ou plutôt confondu, sous le nom de paralysie du grand dentelé, une affection complexe dans laquelle un ou plusieurs muscles ou faisceaux musculaires se trouvent ou atrophiés, ou paralysés, ou contracturés. C’est ce dont on se conväincra facilement, en relisant les observations de paralysies du grand dentelé qui ont été publiées (1), quand on aura pris Connaissance des signes qui Caractérisent chacune de ces lésions musculaires, signes qu’il m’a été permis d'établir, après en avoir constaté l'existence à l’aide de la faradisalion localisée.
Afin de faciliter et de rendre plus claires ces études de diagnostic différentiel, j'exposerai d’abord les signes qui n’appartiennent qu'à l’atrophie ou à la paralysie du grand dentelé, me réservant de grouper autour de celle-ci, soit les affections qu'on a faussement intitulées : paralysies du grand dentelé, soit celles qui les compliquaient ordinairement et qui cependant ont été méconnues.
C’est en faisant imprimer certains mouvements volontaires au membre du côté malade, que l’on voit se démasquer les signes vraiment pathognomoniques de la paralysie du grand dentelé. Je vais les décrire.
A l'instant où le malade écarte Le bras du tronc, et principalement lorsqu'il le porte en avant, on voit le scapulum exécuter deux mouvements principaux: {° un mouvement de rolation sur son axe vertical, de telle sorte que le borä spinal B (fig. 1486 et 187) de cet os s'éloigne des parois costales; 2° un mouvement de bascule par lequel l’angle inférieur A (fig 186), s'élève en se rapprochant de la ligne médiane, pendant que l'angle externe D est déprimé.
L'étendue de ces mouvements pathologiques du scapulum, pen-
(1) La Gazette des hôpitaux, du 21 juin 1845 au 5 juin 1818, à publié quinze observations de ces prétendues paralysies du grand dentelé.
dant l'élévation du bras, est en raison directe du degré de paralysie ou d’atrophie du grand dentelé. Ainsi au degré le plus avancé de cette lésion, le scapulum se détache du thorax, sous la forme d’une aile, en soulevant la peau qui se replie dans l’espace compris entre son bord spinal et la paroi costale, de manière à former une sorte de gouttière profonde (B, C, fig. 1487) de 4 à 5 cen-
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