‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et la thérapeutiqueChapitre 308 sur 400 · ART. 11, $ II. — CONTRACTURE DU TRAPÈZE · texte numérisé non relu

ART. 11, $ II. — CONTRACTURE DU TRAPÈZE

L’aililude vicieuse de la tête (voy. fig. 197), et l'impossibilité de la faire tourner de gauche à droite, dépendaient évidemment de la contracture de la portion claviculaire du trapèze, dont on voyait la corde tendue, et dont on sentait la résistance.

La saillie du sterno-mastoïdien qui existait du côté gauche pouvait être artificiellement produite du côté droit, où le muscle homologue était habituellement dans le relâchemeut, en portant la tête en masse de gauche à droite, sans lui imprimer de mouvement rolatoire, et de manière à placer la verticale de la tête à droite de la verticale du tronc ; alors le sternomastoïdien gauche tombait dans le relâchement et n’élait plus en relief.

Si ensuite on plaçait la verticale de la tête sur le même plan que celle du tronc, les deux sternomastoïdiens faisaient une saillle égale de chaque côté.

Il est donc bien évident que la saillie habi-

Fig, 197 (*).

tuelle du sterno-mastoïdien gauche que l’on remarquait chez notre jeune malade dépendait du déplacement en masse de la tête à gauche, déplacement qui s’était produit, comme pour contre-balancer le déplacement du centre de gravité de la tête inclinée à droite.

Et d’ailleurs, il suffit de la moindre attention pour reconnailre les signes qui distinguent le torticolis de la portion claviculaire du irapèze de celui du sterno-mastoïdien. Dans le premier, la tête est penchée en arrière et du côté contracturé ; elle tourne sur son axe et du côté opposé, et le faisceau de la portion claviculaire du trapèze du même côté forme une corde tendue sous la peau, tandis que les sterno-mastoïdiens sont dans le relâchement ; dans le second, la tête tourne aussi sur son axe et du côté opposé à la contracture du sterno-mastoïdien, mais elle s'incline en avant et latéralement, etle sterno-mastoïdien fait un reiief considérable du côté incliné.

Enfin, si la contracture avait envahi le tiers moyen du trapèze,

(*) Attitude de la tête, torticolis gauche dans la contracture de la portion claviculaire du trapèze,

l'épaule eût été plus élevée que du côté opposé, ce qui n'existait pas chez mademoiselle X... (1).

C.— Portion inférieure. — La contracture de la portion inférieure du trapèze et des fibres de ce muscle qui s’attachent à la moilié interne de l’épine du scapulum doit être caractérisée par le rapprochement du bord spinal du scapulum de la ligne médiane, et par un léger abaissement de l'angle interne de cet os. L’épine du scapulum et le bord spinal de cet os n’ont plus leur direction normale : la première est plus oblique de dedans en dehors et de bas en haut; le second est plus oblique de haut en bas et de dedans en dehors. Mais, n’ayant pas encore eu l’occasion d’observer cette contracture pathologique, je dois avouer que je tire ces signes diagnostiques de l'expérimentalion électro-physiologique, en ajoutant que je n’en suis pas moins confiant dans leur exactitude.

S HKHE. — Contracture du splénius.

4° Lorsque l’on piace les rhéophores d’un appareil d’induction à intermittences rapides sur l’un des splénius, au niveau du point où il est sous-cutané, la tête tourne de son côté en se renversant en arrière. 2° Au moment de la contraction on voit, à la partie postérieure du cou et du côté excité, la peau atlirée de bas en haut et former quelques plis vers l’attache supérieure de ce muscle. 3° Si les deux splénius sont faradisés simullanément, la tête est renversée directement en arrière, et la peau de la partie postérieure du cou forme plusieurs plis transversaux au-dessous de la nuque.

Grâce à la connaissance de ces phénomènes électro-physiologiques, j'ai pu diagnostiquer la première contracture du splénius qui s’est offerte à mon observation, et établir les signes qui la différencient des autres contractures de la même région.

Inclinaison de la tête en arrière et du côté contracturé (vov. la fig. 198); gonflement et durcissement du splénius, sensible au toucher dans son tiers supérieur : tels sont les signes que j'ai observés constamment, dans un grand nombre de cas de contracture du splénius.

La contracture du splénius (fig. 198) offre, il est vrai, quelque point de ressemblance avec la contracture de la portion claviculaire du trapèze (fig. 197). Dans les deux cas, en effet, la tête est inclinée en arrière et du côté contracturé; mais la première (la contracture du splénius) se distingue de la seconde en ce qu’elle fait tourner la

(1) Cette jeune personne a été guérie par la faradisation localisée dans le faisceau claviculaire du trapèze du côté opposé. Je reviendrai sur ce fait thérapeutique.

tête de son côté (1), tandis que, dans l’autre, la tête tourne sur son axe du côté opposé à la contracture. J’ajouterai que la différence des reliefs musculaires suffirait pour distinguer ces deux contractures l’une de l’autre.

La contracture du sterno-cleïdo-mastoïdien, de même que celle du splénius, incline la tête de ' son côté. Mais dans la première la tête est penchée en avant et la tête tourne du côté opposé, tandis qu’elle est renversée en arrière dans la seconde et tourne du côté contracturé.

Est-il besoin de dire encore que chacune de ces contraciures se distingue de l’autre par le relief et la dureté du f muscle contracturé ?

Une fois seulement, il m’a paru que la contracture était parfaitement localisée dans le splénius ; on comprend que je ne saurais dire alors si les petits muscles rotateurs de la \ tête qui sont profondément si- Fi. 198. — Attitude pathologique (torticolis) de

à . fai la tête par contracture du splénius droit. tués, étaient ou non contracturés. Quelquefois ou l’angulaire de l’omoplate, ou la portion élévatrice du trapèze, ou le deltoïde, etc., étaient en même temps contraclurés simultanément du même côté. Alors les signes qui caractérisent ces contraclures s’ajoutaient à ceux qui sont propres à la contracture du splénius.

Forcé d’abréger cet article, je ne rapporte pas ici les faits intéressants de contracture du splénius que j'ai recueillis. Je n’en relaterai qu’un cas, en traitant de l’électrothérapie des contractures.

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S EV. — Contracture du deltoïde,

On savait que le deltoïde est l'agent principal de Pélévation du bras ; en faisant mouvoir celui-ci sur le scapulum, il en produit l’écartement du tronc ou en dehors avec son tiers moyen, ou en avant et en dedans avec son tiers antérieur, ou en arrière el en dedans

(1) Si cette figure 200 avait été dessinée de face comme pour la figure 197, on verrait que la tête est tournée à droite.

DUCHENNE. — 3° édition. 61

avec son tiers postérieur; mais on ignorait que la contraction isolée de ce muscle produit des désordres considérables dans attitude de l’omoplate.

Voici, en effet, ce que montre l’expérimentation électro-physiologique.

Pendant que le membre supérieur est écarté du tronc par la contraction isolée du deltoïde, il pèse de tout son poids sur l’angle externe du scapulum, et fait exécuter à celui-ci deux mouvements : 1° un mouvement de bascule, par lequel l’acromion est déprimé, tandis que l’angle inférieur B (fig. 199), s'élève et se rapproche de la ligne médiane ; 2° un mouvement de rotation sur un axe vertical ficlif place au niveau de l'angle externe, mouvement qui éloigne du thorax son bord spinal. Entre ce bord spinal et le point correspondant du thorax, on voit se former une gouttière plus ou moins profonde,

D, Comme celte action perturba-

177 Ryre du deltoïde sur l'attitude ÂN | no del COpISS était (gnogee ann

1 mes recherches électro-physio- L logiques, il n’est pas étonnant que la contracture dece muscle, ou plutôt le mécanisme et la cause des désordres partiels qu’elle occasionne aient été également méconnus ; la description de la contracture du deltcïde était donc encore à faire,

J'ai observé un cas de contraciture en masse de tout le deltoïde. Le bras était constamment écarté du tronc, en dehors, et le scapulum offrait l'attitude vicieuse que l’on produit artificiellement par la faradisation de ce. muscle, telle que je l’ai décrite et représentée ci-dessus dans la figure 199. Le sujet pouvait rapprocher lhumérus du tronc par la contraction de la portion externe du grand dorsal et de la portion inférieure du grand pectoral, sans toutefois pouvoir lappliquer contre le corps. Alors on voyait l'angle inférieur du sca-

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Fig, 199 |*}.

(*} Mouvement pathologique dn scapulum droit occasionné par la paralysie du grand dentelé, pendant l’élévation du bras. — Mème mouvement anormal du scapulum gauche par l'excitation électrique du deltoïde gauche.

pulum se rapprocher davantage de la ligne médiane, tandis que son angle externe s’abaissait. Élevait-il le bras en avant, le scapulum reprenait à l'instant son attitude normale, c’est-à-dire que son bord spinal s’appliquait contre le thorax; puis cet os exécutait le mouvement de bascule que l’on observe dans le second temps de l'élévation du bras (élévation au-dessus de la ligne horizontale); son angle externe s'élevait, et cela grâce à l’action du grand dentelé qui se contracte toujours synergiquement avec le deltoïde pour produire l'élévation volontaire du bras. Sans aucun doute, la contracture doit être rarement limitée au deltoïde.

OgsenvarTion CXCIIL. — J'ai vu récemment cette conträcture coexister avec une contracture du sous-scapulaire, chez

une jeune fille âgée de neuf ans, pour la- Pride

quelle j'ai été consulté, ainsi que M. Bouvier. W \

Celle du deltoïde était localisée dans le tiers ( (77

antérieur de ce musele ; il en résultait que AU /

le bras était porté en dehors et en avant, el ÿ, N

ne pouvait être rapproché du tronc. Cette contracture existait à un degré modéré ; l'attitude du scapulum n’en était pas considérablement troublée. Cependant le bord spinal de cet os était écarté du thorax, à peu près de 2 centimètres, de manière que la peau s’enfonçait dans leur intervalle, en formant une petitegouttière, etson angle interne étail plus rapproché de la ligne médiane. Cette attitude vicieuse de l'omoplate qui est représentée dans la figure 200 et qui est produite par un degré moyen de contracture du tiers antérieur du deltoïde, en peut donner une idée assez exacte. Enfin l’humérus était fortement maintenu dans la rotation en dedans ; ce qui démontrait la coexistence d’une contracture du sous-scapulaire. La rotation de l'humérus en dedans augmentait le mouvement d'abduction du coude.

Fic. 200 (*).

Daus l’atrophie du grand dentelé, l’omoplale éprouve, pendant l'élévation du bras, un mouvement pathologique semblable à celui qui est produit par la contracture du delloïde, Il ne pouvait en être autrement, car dans l’atrophie du grand dentelé le deltoïde se contracte isolément (voyez à la page 939 l’explicalion de ce fait pathologique). Malgré ce point de ressemblance, on ne saurait confondre ces deux affections différentes, car dans l’atrophie du grand dentelé la déformation de l’omoplate n'apparaît que pendant l'élévation du

x) Attitude vicieuse du bras et de l'épaule du côté droit, dans la contracture du tiers antérieur de ce muscle et du sous-scapulaire,

bras, tandis que, dans la contracture, elle existe au repos du deltoïde et disparaît ou diminue pendant l’élévation du bras. On constate en outre, à l’exploration électrique, l'intégrité du grand dentelé.

ARTICLE III

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