‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et la thérapeutiqueChapitre 356 sur 400 · ART, V. — PRONOSTIC ET TRAITEMENT · texte numérisé non relu

ART, V. — PRONOSTIC ET TRAITEMENT

Mais il est une autre région où il semble que l’on doive mieux triompher du spasme fonctionnel ; il n’en est malheureusement pas toujours ainsi, comme me l’a prouvé un Cas de spasme fonctionnel des deux sterno-mastloïdiens qui se produisait chez un ancien paveur, pendant la station assise ou debout, et dans lequel la faradisation a échoué. Cette observation a été longuement exposée dans la précédente édition (1).

Il ressort de mes observations que la faradisation localisée, de quelque manière que je l’aie pratiquée, n’a exercé, en général, ancune influence curative sur le spasme fonctionnel, bien qu’elle ait paru quelquefois améliorer momentanément l’état des malades.

Cet insuccès de la faradisation localisée concourt à confirmer Ja théorie du spasme musculaire fonctionnel, que j'ai exposée précédemment, el qui fait dépendre ce trouble de la locomotion d’une lésion morbide d’un point du centre nerveux. On comprend donc que celte excitation toute périphérique et localisée dans un muscle soit incapable de modifier ou de faire disparaître un troubie fonctionnel symptomatique de cette lésion nerveuse centrale.

Si, au contraire, le point de départ de la maladie siégeait dans les muscles affectés par le spasme musculaire fonctionnel, il est probable que la faradisation localisée aurait plus de prise contre elle el agirait comme dans la contraclure idiopathique. J'ai démontré, en effet, que cette dernière affection guérit, en général, par la faradisation des muscles antagonistes. J'ai même rapporté dans la précédente édition (2) un cas de guérison par ce mode de traitement, de contracture du splénius gauche compliquant une Crampe des écrivains, ou plutôt qui avait été provoquée par les efforts que faisait le malade pour écrire malgré sa crampe des écr:vains. La faradisation, qui avait guéri celie espèce de coniraclure secondaire, n'avait cependant exercé aucune influence sur son Spasmé fonctionnel primitif de la main. Il essaya une fois, en effet, d'écrire avec sa main droite, depuis la guérison de la contracture idiopathique de son splénius, ce qu’il n’avait pu faire depuis longtemps. Les premières lignes furent faciles et assez nettes; mais bientôt il sentit revenir la roideur de sa main et puis ses crampes. Voulait-il lutter un instant contre cette difficulté, la contracture musculaire du cou commençait déjà à reparaître. Il a eu la sagesse de s'arrêter à temps et de ne pas répéter cet essai imprudent, qui aurail rappelé infailliblement la contracture secondaire dont il est heureusement guéri. Il exerce aujourd’hui un état qui n’exige qu’une signature à donner à de rares intervalles.

(1) Duchenne (de Bouiogne\, Elect, loc., 1861, ob$. CCXXXIV. (2) Ibid., obs. CCXHIL, p. 993.

J'ai obtenu aussi la guérison d’un spasme fonctionnel du sternomastoïdien par la contraction volontaire, continue des muscles antagonisles, provoquée et entretenue par une résistance élastique, espèce de gymnastique que j'avais eu l’idée d’expérimenter dans un cas de spasme fonctionnel. Cette affection datait de trois ans, elle avait été rebelle à une médication active et à la faradisation des muscles antagonistes appliquée pendant six mois ; en voici la reiation.

OBsERVATION CCXIX. — Il s’agit d’une demoiselle d'Orléans, âgée de vingt-quatre ans, pianiste, qui est venue me consulter en 1855. — Depuis trois ans, elle était affectée d’un torticolis contre lequel des médications très-variées avaient échoué jusqu'alors, bien qu’elles eussent été prescrites par les hommes spéciaux les plus habiles. Elle est même restée six mois de l’année 1854 dans l’établissement orthopédique de M. Bouvier, où pendant cet espace de temps on essaya, concurremment avec les moyens mécaniques, la faradisation localisée des muscles antagonistes des sternomastoïdiens, sans obtenir la moindre amélioration. M. Bouvier était d'autant plus surpris de cet insuccès, qu'il avait été témoin de la guérison obtenue chez d’autres malades au moyen de la faradisation des muscles antagonisles.

Mais je découvris bientôt que cette contracture était un spasme fonctionnel. Elle n’apparaissait, en effet, que pendant la station et cessait dès que la tête trouvait un point d'appui, soit dans le décubitus dorsal, soit lorsqu'elle était renversée sur le dos d’un fauteuil. Je compris alors la raison de sa résistance à une médication qui triomphe habituellement des autres espèces de contractures.

Je fis chez cette malade les mêmes expériences que dans les cas relatés précédemment, et j'obtins des résultats identiques. En effet, au moment où le spasme se produisit pendant la station, je lui fis repousser ma main appliquée contre sa nuque, etce spasme cessa immédiatement. Mais voici un autre phénomène curieux, qui se manifesta dans cette expérience : lorsqu'elle était dans la station, elle ne pouvait tourner la tête à droite; pendant son séjour à l'établissement d’orthopédie, on n’obtenait les mouvements de latéralité à droite qu’au prix des plus grands efforts, et encore ces mouvements élaient-ils très-limités. Eh bien ! pendant qu'elle s’efforçait de vaincre la résistance que j’opposais à l’extension de sa tête, elle exécutait ces mouvements de latéralité de la tête en tous sens avec la plus grande facilité. La possibilité de les faire surprit d’autant plus mademoiselle X..., qu'on lui avait témoigné, disait-elle, la crainte que la difformité des surfaces articulaires et de leurs annexes ne fût la cause réelle de l'obstacle à l’étendue de certains mouvements latéraux de la tête. L'expérience que nous venions de faire non-seulement nous rassurait sur ce point, mais encore démontrait, comme dans les cas précédents, que la contraction volontaire des antagonistes des muscles contracturés faisait cesser instantanément le spasme musculaire.

Je mis à profit la découverte de ce phénomène dynamique, en conseillant à mademoiselle X... des exercices gymnastiques analogues à ceux

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