JL. — APPAREIL DE NUIT
La physiologie et la pathologie du long péronier latéral ayant été complétement ignorées jusqu’en ces derniers temps, on conçoit que la prothèse de ce muscle ait dû être également négligée. Ce n’est pas qu’en orthopédie on n’ait absolument rien tenté contre la déformation produite par sa paralysie, ou par sa faiblesse congénitale, contre le pied plat. Maïs, comme on n’y voyait qu’un vice de conformation purement osseux, on s'était ingénié à former une voûte plantaire en exerçant une compression sur la partie moyenne de la voûte plantaire, à l’aide d’une semelle à convexité supérieure. Tout le monde comprend qu’un appareil semblable, qu'il fallait faire porter pendant une année et plus, devait aggraver les accidents inhérents au pied plat, el qui sont occasionnés par la compression
des nerfs plantaires, à savoir, de l’engourdissement, des fourmillements, des douleurs dans le pied et surtout à la plante du pied. Et puis, lorsque cetle espèce de supplice avait été supporté assez longtemps pour atteindre un résultat, ce n’était pas une voûte plantaire que l’on avait produite alors, c’est-à-dire l’abaissement normal de la saillie sous-métatarsienne résultant d’une série de petits mouvements articulaires du bord interne de l’avant-pied ; c’élait un vrai pied creux par inflexion dans l’articulation médiotarsienne de tout l’avant-pied sur l’arrière-pied. Il en résultait que le bord externe du pied, qui à l’état normal est rectiligne, décrivait, comme son bord interne, une courbe à concavité inférieure. A une difformité du pied on avait donc substitué une autre difformilé.
Depuis que nous savons qu'une force unique (le long péronier latéral), agissant de dehors en dedans et de baut er bas sur un point déterminé (sur la partie inférieure et postérieure du premier métalarsien et un peu sur la partie voisine du premier cunéiforme), produit les mouvements articulaires composés qui concourent à former la voûte plantaire, rien n’est plus facile que d’imiter la nature, dans ce but on attache sur la guêtre, au niveau de l'articulation du premier métatarsien avec le premier cunéiforme, un tendon ar tificiel qui à la face plantaire suit la direction du long péronier latéral (voy. G, fig. 241), passe derrière la malléole externe (voy. D, fig.242), ets’attache à la partie externe ou de la molletière (voy. D, fig. 242), ou de lappareil à tuteurs métalliques (voy. F, fig. 243).
Le long péronier artificiel que je viens de décrire hâte considérablement le rétablissement ou la formation de la voûte plantaire, que l’on n'obtient qu’à la longue par la faradisation du long péronier latéral paralysé ou affaibli. J’ai rapporté précédemment des cas de guérison du pied plat valgus douloureux par la faradisation localisée du long péronier. La voûte plantaire s’est développée seulement sous l'influence du retour de la force de ce muscle. Je n’avais pas employé concurremment la prothèse musculaire, pour mieux démontrer l'efficacité du traitement électrique, et afin de prouver que le pied plat était causé par le défaut d'action du long péronier. Mais il ne m’a pas failu moins de cinq à dix mois pour obtenir le développement complet de la voûte plantaire, tandis que j'aurais, dans ces cas de pied plat accidentel, forsné cette voûte plantaire en moins d’un mois avec le long péronier artificiel. C’est surtout dans le traitement du pied plat congénital, et lorsque le sujet n’est pas très-jeune, que le concours de la prothèse du long péronier latéral est utile, sinon nécessaire. Dans ces cas, les ligaments dorsaux des articulations du bord interne de l’avant-pied sont tellement rétractés, qu'ils laissent irès-peu de jeu à ces articulations et opposent
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une grande résistance à l’action du long péronier naturel ou artificiel.
Pendant près de deux ans j'ai faradisé plusieurs pieds plats douloureux congénitaux ; les douleurs et la fatigue produites par la station et la marche ont disparu, Mais la courbe de la voûte plantaire, qui s’était formée très-notablement sous linfluence de l’augmentation de la force tonique du long péronier, s’est développée avec une lenteur désespérante, précisément à cause de celle résistance ligamenteuse que je viens de signaler. Si je n’avais puint eu à juger expérimentalement la valeur réelle de la faradisation du long péronier, appliquée isolément au traitement du pied plat congénital, je me serais certainement appliqué depuis longtemps déjà à démontrer, dans les cas dont il vient d’être question, que la voûte plantaire peut se développer sous l'influence du long péronier latéral arlificiel.