II. — PROCÉDÉ OPÉRATOIRE DE LA. GALVANISATION LOCALISÉE
Les préceptes qu'il conviendrait de suivre pour pratiquer la galvanisation musculaire localisée par courants intermittents, sont absolument les mêmes que ceux qui vont être exposés à l'occasion de la faradisation musculaire localisée.
§ III. — Électrisation localisée par électricité d'induction on faradisation musculaire localisée.
Des trois espèces d'électricités, l'électricité d'induction est celle qui convient le mieux à l'électrisation musculaire localisée, surtout si cette opération doit être longue et fréquemment pratiquée. Pour
(,) Remak, critiquant mes idées sur l'action du courant galvanique a écrit (Gav«notH&.apie, Paris 1860, p. 40) : « M. Duchenne semble ignorer 1. .d^J qui existe entre une chaîne constante et inconstante, quoiqu .1 vive à Pa n .à- côte de M. Becquerel le célèbre inventeur des chaîne» constantes ? . Était-il alçr de bonne foi? ou n'avait-il pas compris les considérations que je viens de ,d velopper et qui ne sont applicables qu'aux petites piles voltaïques dont .1 vient d être ques non Quant aux chaînes constantes de M. Becquerel, je n'en connais pas qui aient été appliquées eu médecine.
s'en convaincre, il suffit de se rappeler les propriélés physiologiques et thérapeutiques spéciales dont jouit celte espèce d'électricité, propriétés que j'ai exposées dans le premier chapitre. On sait, en effet, que la faradisation peut provoquer les plus fortes contractions musculaires, sans exciter vivement en môme temps la sensibilité cutanée, sans produire de commotion, sans jeter les organes dans une sorte de torpeur, sans déchirer les vaisseaux capillaires, sans occasionner, en un mot, comme l'électricité statique, tous les accidents contre lesquels les sujets réagissent quelquefois difficilement. On sait aussi que, si le galvanisme et le faradisme possèdent, à peu près, à un égal degré, la vertu de se recomposer plus ou moins profondément sous la peau, comme je le prouverai plus loin, ou, en d'autres termes, de concentrer leur action dans les muscles ou dans les nerfs, sans exciler la peau, on sait, dis-je, que les propriétés calorifiques et éleclrolitiques du faradisme sont infiniment peu développées comparativement à celles du galvanisme, et qu'elles sont trop faibles pour être appréciables pendant la faradisation musculaire; on sait, enfin, que la faradisation produit faiblement le phosphène, et que celte action sur la réline ne complique pas d'une manière fâcheuse, comme le galvanisme, l'éleclrisation des muscles de la face. On peut donc dire avec raison que l'électricité faradique, qui n'altère en rien les tissus, est l'électricité essentiellement médicale.
C'est lorsqu'il s'agit de limiter exactement autant que possible la puissance électrique dans chacun des muscles ou faisceaux musculaires et dans chacun des nerfs, que l'on comprend l'importance du faradisme et la nécessité de se servir d'appareils d'induction qui réunissent l'ensemble des propriétés que je viens d'énumérer.