PARALYSIES MUSCULAIRES HYSTÉRIQUES
Iiielques considérations électro-pathologiques.
tion localisée appliquée à l'étude symplomatologique ;s hystériques m'a démontré l'existence de certains s l'état des propriétés musculaires. Ces symptômes e je vais exposer en résumé, peuvent concourir à étaostic différentiel de ces paralysies.
utilité électro-musculaire est normale clans la paralysie ', sensibilité électro-musculaire est, au contraire, diminuée cette même affection.
tion que je viens de formuler est déduite de nomirches expérimentales. Contrôlée par d'autres obserne paraît aujourd'hui si bien établie, qu'il serait oiseux :]es observations à l'appui de leur exactitude, xploration électro-musculaire, il n'est plus possible de jourd'hui la paralysie hystérique avec les paralysies par l'abolition ou la diminution de la contractilité ulaire (les paralysies parjésion de la moelle ou des alysies saturnines, végétales, etc. ).
ntation de l'irritabilité était un signe propre à la parafe, comme Marshall-Hall l'avait inféré de ses expé- [•ait difficile de confondre cette dernière avec la paraue; malheureusement je n'ai que trop bien démontré 3ncer à ce signe diagnostique, puisque j'ai dû conclure étions électro-musculaires que, dans la paralysie célabilité n'est ni augmentée ni diminuée.
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La coexistence de la diminution on de l'abolition de la sensibilité électro- musculaire et de l'intégrité de l'irritabilité, que l'on observe dans la paralysie hystérique, distingue presque toujours celle-ci de la paralysie cérébrale, où la sensibilité électro-musculaire est en général intacte.
Faisons maintenant l'applicalion de cette notion. Il n'est personne qui n'ait vu la paralysie hystérique revêtir quelquefois la forme hémiplégique. En conséquence, l'hémiplégie n'étant pas seulement produite par une lésion cérébrale, une paralysie qui, se déclarant, chez une jeune fille ou une femme, reconnaît pour cause une tumeur, un kyste, une lésion quelconque, siégeant dans un des hémisphères du cerveau, pourrait, dans certains cas, être prise pour une hémiplégie hystérique. En voici un exemple :
Observation CXXXV1I. En 1832, une jeune fille était entrée à la Charité (salle Sainte-Madeleine, n° 5), pour s'y faire traiter d'une hémiplégie gauche datant de six mois, et qui était survenue graduellement. Sa paralysie était incomplète, c'est-à-dire qu'elle consistait dans un affaiblissement des mouvements. Elle était habituellement bien portante avant sa parésie; mais depuis lors elle était mal réglée. On constatait, chez elle, l'existence d'un souffle carotulien. Bien qu'elle n'eût jamais eu d'accès d'hystérie, Beau, alors provisoirement chargé du service, pensa que son hémiplégie pouvait bien être sous la dépendance d'un état hystérique et m'engagea à l'examiner, au point de vue de mes recherches électro-pathologiques. A l'exploration électro-musculaire, je constatai alors l'intégrité de la contractilité et delà sensibilité électriques dans les muscles paralysés, ce qui ne me permit pas de partager l'opinion de Beau sur la nature de cette paralysie. On se rappelle en effet que la. paralysie hystérique présente une perturbation dans l'état de la sensibilité qui est ordinairement diminuée et parfois augmentée dans les muscles et à la peau. En l'absence de ces derniers signes, et en présence de* l'intégrité de la contractilité électro-musculaire, je diagnostiquai, chez: cette jeune fille, une lésion cérébrale, par exemple l'existence d'un tubercule occupant le côté droit de la base du cerveau ; la possibilité de cettehypothèse me paraissait s'appuyer encore sur une expiration prolongée ; que l'on entendait au sommet du poumon gauche. Cette jeune fille1 mourut rapidement par suite d'une suffusion séreuse dans les méninges ; et les ventricules. On trouva à l'autopsie an tubercule du volume d'um haricot logé dans le pédo)icule cérébral droit.
Je crois que, dans la plupart des cas analogues à celui que je vienss de rapporter, on pourrait diagnostiquer l'existence d'une tumeurr cérébrale, sans l'exploration électro-musculaire, car on observe alors en général une hémiplégie faciale incomplète du côté correspondant à l'hémiplégie des membres, phénomène morbide que je n'ai pas rencontré dans l'hémiplégie hystérique qui présente seulement quelquefois une diminution de la sensibilité de ce côté de la face.
ART. r, § II. — ÉLECTnO-TOÉRAPIE. 713
Il ressort donc de ce qui précède que, lorsqu'il existe alors quelque incertitude dans le diagnostic d'une hémiplégie hystérique, les signes tirés de l'état des propriétés musculaires sont d'une grande utilité.
On pourrait également confondre une hémiplégie hystérique avec une hémiplégie de cause cérébrale. Les mômes signes qui, dans le cas précédent, ont servi à distinguer l'hémiplégie cérébrale de l'hémiplégie hystérique, éclaireront alors le diagnostic. Je ne rapporte pas les faits dans lesquels j'ai eu l'occasion d'établir le diagnostic différentiel de l'hémiplégie hystérique par l'exploration électro-musculaire. J'ai fréquemment, pendant bien des années, mis ce moyen de diagnostic à l'épreuve, dans des circonstances semblables, à la Charité, particulièrement dans le service de M. Briquet, où se trouvaient réunies un très grand nombre d'hystériques. Voicicomment nous avons procédé dans ces recherches : M. Briquet me signalait les sujets atteints de paralysies qui entraient dans son service, après qu'il les avait examinés et qu'il avait établi son diagnostic sur les signes fournis parla symptomatologie. J'explorais alors l'état de la contractilité et de la sensibilité des muscles paralysés, sans interroger les malades, et c'était uniquement des signes fournis par l'état de ces propriétés musculaires que je déduisais mon diagnostic. Est-il besoin de dire encore que l'on doit toujours rattacher les signes fournis par l'exploration électro-musculaire, aux autres symptômes de la maladie? Si j'ai procédé autrement à la Charité, c'était dans le but de démontrer aux confrères et aux élèves qui fréquentaient cet hôpital l'utilité des signes diagnostiques tirés seulement de l'état de la contractilité et de la sensibilité électromusculaires, et pour m'édifier de plus en plus moi-môme sur leur valeur réelle.
§ H. — Électro-thérapie dans les paralysies hystériques.
A. — Depuis le commencement de mes recherches, il s'est passé peu de jours, sans que j'aie eu à expérimenter l'inuflence thérapeutique exercée par la faradisalion localisée sur la paralysie hystérique. Je pourrais publier sur ce sujet plus d'une centaine d'observations, dans lesquelles on compte un assez grand nombre de guérisons, dont quelques-unes étaient inespérées ou ont été obtenues avec une rapidité vraiment surprenante, après avoir résisté longtemps à des médications variées et rationnelles. Ces faits cliniques prouvent que la faradisation localisée est une médication que l'on peut souvent opposer avec succès à la paralysie hystérique.
714 CnAP, XL — AFFECTIONS MUSCULAIRES HYSTÉRIQUES.
Cependant je suis forcé d'avouer que tout est imprévu dans celte action thérapeutique de la faradisation localisée sur ces troubles hystériques ou hyslériformes, car, dans telle paralysie de ce genre, j'ai vu trop souvent échouer le procédé de faradisation qui avait triomphé dans des cas en apparence absolument identiques, et ce même moyen guérir, au contraire, alors qu'il semblait irrationnel d'en attendre la moindre influence.
Quelles règles déduire de ces faits cliniques dans lesquels on ne pourrait compter sur ce qui doit arriver sous l'influence de ce mode de traitement? Incapable d'établir par mes recherches sur la paralysie hystérique aucuns principes solides sur lesquels on puisse s'appuyer pour prévoir à coup sûr le résultat de la faradisation localisée, je ne ferai pas un vain étalage des guérisons obtenues par ce moyen, en relatant les nombreuses observations que j'ai recueillies. Dans les éditions précédentes de ce livre, je me suis borné à en rapporter quelques-unes, comme exemples, dans lesquelles je rapprochais les succès des insuccès, afin de démontrer que, s'il est incontestable que la faradisation localisée est une excellente médication à essayer contre la paralysie hystérique, il faut cependant se garder de se laisser entraîner à une confiance trop exclusive dans son emploi.
B. — On doit, en général, dans la paralysie hystérique, localiser l'excitation électrique dans chacun des organes affectés, et continuer le traitement quelque temps après le retour des mouvements, afin de fixer, pour ainsi dire, la guérison.
Cette proposition est déduite d'un grand nombre de faits cliniques, je n'en ai cité qu'un. Ce fait a été rapporté avec détails (\), parce qu'il offrait un ensemble assez complet de phénomènes hystériques et paralytiques affectant à la fois les mouvements, la sensibilité et les sens, el que ces troubles fonctionnels, qui avaient résisté jusqu'alors aux autres médications, avaient été successivement combattus avec succès par chacun des procédés spéciaux de la faradisation localisée, appropriés à ces différents désordres de l'innervation. Le lecteur pouvait trouver dans ces détails un enseignement pratique.
Dans ce cas, il m'avait fallu porter l'excitation sur chacun des organes dont la fonction était troublée, et partout l'action de la faradisation avait été immédiate. Mais pour que l'effet thérapeutique obtenu fût conservé, les excitations faradiques ont dû être renouvelées après la guérison. Celte règle de conduite, dans la pratique de la faradisation, est déduite d'ailleurs de la connaissance de ce fait important, à savoir, que de nouveaux accès hystériques tendent à faire retomber les malades dans leur étal de paralysie ou d'anes-
(I) Duchennc (do Boulogne), Êlect. loc, obs. LX V, p. 379, 1861.
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thésie. L'expérience m'a démontré que les organes menaces d'une rechute y résistaient d'autant mieux qu'ils avaient été plus souvent faradisés. Aussi m'a-t-on souvent entendu dire, au lit des malades, qu'il fallait continuer le traitement faradique après le retour des mouvements ou de la sensibilité afin d'assurer la guérison. C'est ainsi que j'ai dû agir souvent, dans les cas de paralysies hystériques où j'ai expérimenté l'influence thérapeutique de la faradisation localisée.
C. — Cependant il m'a quelquefois suffi d'une seule excitation électro-cutanée pour guérir la paralysie hystérique. A l'appui de celte observation, j'avais recueilli un exemple bien remarquable (1); ces guérisons rapides dues à la faradisation localisée sont aujourd'hui trop bien connues et ont été contrôlées depuis lors par d'autres praticiens, pour qu'il soit besoin de relater de nouveau ce fait clinique.
D. — Pendant bien des années, de 1848 à 1860, j'ai observé à la Charité, dans le service de M. Briquet, un assez grand nombre d'hystériques dont les membres du côté gauche étaient plus ou moins anesthésiés, et surtout le membre supérieur. Ordinairement celte anesthésie était accompagnée d'affaiblissement musculaire. Il me suffisait presque toujours, dans ces cas, de rappeler la sensibilité cutanée pour voir reparaîlre la force musculaire normale.
C'est sans doute en allant excite?" les centres nerveux par une sorte d'action réflexe que la faradisation cutanée rappelle les mouvements dans ces paralysies hystériques. Il est même des cas où elle semble mieux réussir que la faradisation musculaire.
E. — Les faits que j'ai recueillis ne m'ont pas permis de reconnaître les signes qui annoncent si la faradisation guérira ou non la paralysie hystérique.
Quand on a été témoin de ces guérisons obtenues par la faradisation localisée, chez des hystériques dont la paralysie a résisté jusqu'alors, et quelquefois depuis longtemps, aux médications les plus énergiques, on se sent pris d'une sorte d'admiration pour la puissance thérapeutique de l'électricité. Ainsi, j'ai relaté un cas (2) dans lequel s'était montrée une paralysie évidemment hystérique rebelle à toutes les médications, où la malade, qui possédait une certaine aisance, s'était fait longtemps soigner par un médecin habile, sans obtenir d'amélioration. Elle s'était fait ensuite transporter dans la maison de santé de la rue Saint-Denis, où elle avait été traitée énergiquement, pendant cinq mois, par M. Vigla (cautères placés de chaque côté du rachis, strychnine, etc.), et elle en était sortie, disait-elle, exactement dans le même état qu'avant son entrée. Elle se fit alors transporter à la Charité, où on lui
(1) J'en ai rapporté un exemple dans la première Odition (obs?. CLI, p. 743).
(2) Duclicnne, loc. cit., obs. LXXVI, p. 382, 1861.
7 16 Cil A P. XI. — AFFECTIONS MUSCULAIRES HYSTÉRIQUES.
dit qu'elle trouverait des soins spéciaux. Je la soumis une seule fois à la faradisation cutanée et elle guérit en quelques séances de celte paralysie jusqu'alors si rebelle ! Ici point de doute sur la réalité des phénomènes accusés par la malade, car elle n'avait évidemment aucun intérêt à les simuler, comme le font quelques hystériques ; elle avait fait tous les sacrifices d'argent pour obtenir sa guérison ; et puis elle sortit avec une grande joie de l'hôpital, aussitôt qu'elle fut guérie.
Ce fait et d'autres analogues ont vivement impressionné les personnes qui les ont observés. Si le hasard ne leur faisait rencontrer que des cas semblables, on conçoit qu'il y aurait de quoi leur inspirer une foi bien grande dans ce mode de traitement électrique; mais la confiance qui peut naître de pareils faits, diminue singulièrement, lorsque l'on voit, comme dans le cas suivant, cette même médication échouer complètement dans des paralysies en apparence identiques avec celle dont on vient de la voir triompher si facilement.
Observation CXXXVIII. — En 1 8S2, je vis, en consultation avec MM. Blache et Rayer, une jeune personne demeurant rue Joubert, à Paris, et qui, depuis une année, était entièrement privée des mouvements des membres inférieurs. Sa paralysie était survenue à la suite d'un saisissement, elle était compliquée de phénomènes hystériques. On avait eu recours à des moyens très-variés et énergiques qui n'avaient point amélioré son état. On lui avait môme appliqué des moxas sur le trajet de la colonne vertébrale, d'après le conseil de Rayer qui avait attribué la paralysie à une myélite. Lorsque je fus appelé par M. Blache à essayer l'influence thérapeutique de la faradisation localisée, je constatai que les muscles paralysés possédaient leur confractilité électrique normale, et que les excitations les plus fortes de la peau et des muscles n'occasionnaient pas la plus légère sensation. Il existait de plus une hyperesthésie cutanée et profonde, au niveau des gouttières vertébrales. Il était impossible, en présence de ces symptômes joints à l'histoire de la maladie, de méconnaître l'existence d'une paraplégie hystérique. M'appuyant sur des faits semblables où la guérison avait été obtenue par la faradisation localisée, j'espérais que cette paralysie guérirait facilement. Eh bien! ce traitement, appliqué pendant un mois, n'exerça pas la moindre influence sur l'état de la paralysie; l'excitation électro-cutanée avait seulement rappelé légèrement la sensibilité de la peau. La résistance opposée par cette paralysie à tous les moyens thérapeutiques semblait justifier le diagnostic de myélite, porté par l'un des médecins appfilés à donner des soins à cette demoiselle, lorsque l'obstacle à l'action nerveuse motrice, que n'avait pu vaincre la faradisation localisée, disparut tout à coup et complètement, bien qu'on n'eût rien fait de nouveau pour combattre la maladie. Voici l'espèce d'émotion qui paraît avoir opéré cette guérison ; elle fut considérée par quelques personnes comme un miracle. I. a jeune malade ayant une grande foi religieuse avait fait une neuvainc, ;\ la fin de laquelle
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elle avait été guérie tout à coup de sa paralysie. Depuis lors, cette guérison spontanée s'est parfaitement maintenue.
Observation GXXXIX. — A côté de cet insuccès de la faradisation localisée, j'en placerai un autre parfaitement identique; je l'ai observé chez une demoiselle atteinte de paralysie hystérique depuis un an, et qui m'avait été adressée par M. Ricord. Des cautères placés sur la colonne vertébrale, la strychnine, etc., avaient été employés sans résultats ; trente séances de faradisation localisée n'avaient pas modifié la paralysie, qui, peu de temps après, guérit spontanément.
Dans le premier des deux faits que je viens de rapporter (obs. CXXXVIU), la guérison,il est vrai, eut lieu peu de temps après l'application de la faradisation, de sorte que l'on pourrait à la rigueur faire honneur de cette guérison à l'action tardive de la faradisation, de même que l'on attribue souvent à l'action des eaux minérales desguérisons quisemanif'estentaprèsseulement quelques moisqu'on en a cessé la cure. Il serait intéressant d'examiner si réellement les effets thérapeutiques de certaines médications qui n'impriment aucune modification à la maladie, pendant qu'on les applique, ne se manifestent que tardivement. Quant à moi, j'affirme avoir vu des névroses et des névralgies, longtemps rebelles à tous les remèdes, disparaître seulement quinze jours à un mois après l'application de lia faradisation localisée, bien qu'elles n'eussent subi aucune modification appréciable au moment du traitement. Cependant, les deux cas cités ci-dessus sont pour moi des insuccès ; s'ils étaient interprétés autrement par quelques personnes, je pourrais rapporter d'autres faits de paralysies hystériques qui ont persisté plusieurs années, bien que je les eusse traitées par la faradisation localisée.
F. — La paralysie hystérique guérit fréquemment par la faradisation localisée. — La forme paraplégique est celle dans laquelle les chances de succès paraissent les moins grandes.
Sur plus d'une centaine de paralysies hystériques que j'ai traitées par la faradisation localisée, j'ai obtenu la guérison dans plus de la moitié des cas ; mais je ferai observer que souvent je n'ai été appelé à agir que dans les circonstances les plus défavorables, c'est-à-dire lorsque les autres médications avaient échoué. On sait, en effet, que l'on songe en général à recourir au traitement électrique uniquement comme à une dernière ressource. Il est donc permis d'espérer que la proportion des guérisons augmentera, quand la faradisation sera placée dans les mêmes conditions que toutes les autres médications, et qu'on ne lui livrera plus seulement les cas difficiles.
On sait que la paralysie hystérique revêt des formes variées. M. Briquet a démontré par des faits (1) que la plupart de ses mani-
(I) Briquet, Traité clinique el thérapeutique de l'hystérie. Paris, 1859, p. 44i et suiv.
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festations morbides : les paralysies du mouvement, leshyperesthésies ou aneslhésies cutanées, les paralysies des sens (de la vue, de l'ouïe, de 'l'odorat, du goût) siègent presque toujours du côté gauche. Cette règle, qui a été formulée dans les thèses publiées par ses élèves, découle des nombreuses recherches de ce savant observateur sur l'hystérie. J'ai vu, en effet, ces phénomènes souvent localisés du côté gauche, aux membres, au tronc et à la face, et quelquefois dans le membre supérieur gauche. Tantôt la paralysie se généralise, et tantôt elle se fixe dans les membres inférieurs. Si, dans ces derniers cas, elle prédomine dans un côté, c'est presque toujours dans le côté gauche. (Je signale ce fait en passant, car il peut éclairer certains cas de diagnostic difficile.) Eh bien ! il ressort des faits que j'ai observés, que c'est le plus ordinairement lorsque la paralysie hystérique s'est fixée dans les membres inférieurs, que la faradisation localisée a échoué.
G. — Comment on doit pratique?' la faradisation, lorsqu'on V applique au traitement de la paralysie hystérique.
La sensation provoquée par l'excitation électrique, alors môme qu'elle n'est pas douloureuse, est tellement étrange, anormale, qu'elle peut provoquer une attaque d'hystérie chez les personnes qui n'y sont pas habituées. Cette sensation les impressionne d'autant plus que leur imagination leur fait redouter presque toujours l'application de l'électrisation. Dans les premiers temps de mes recherches, il m'arrivait fréquemment de provoquer des accès hystériques que j'attribuais uniquement à l'influence de l'électrisation, et qui ne faisaient qu'augmenter les préventions que les malades et môme les personnes qui les entouraient, avaient conçues déjà contre son application. Ayant eu le soin d'habituer graduellement les malades à la sensation électrique, en commençant par des doses très-faibles, et en dissipant ainsi leurs préventions, je n'ai plus vu survenir les crises nerveuses produites évidemment par une influence morale. Je conseille donc de consacrer la première séance à habituer ainsi les hystériques aux sensations électriques. En agissant de la sorte, on ne larde pas à pouvoir administrer les doses les plus fortes du courant d'induction.
La diminution de la sensibilité musculaire, qui complique la paralysie hystérique, indiquerait l'emploi du courant de la première hélice et des intermittences rapides qui agissent énergiquement sur la sensibilité musculaire, en môme temps qu'elles provoquent le retour des mouvements; mais la faradisation musculaire à intermittences rapides n'est pas toujours applicable chez les hystériques. Ainsi, j'en ai vu un bon nombre qui pouvaient supporter les excitations musculaires les plus fortes, les plus douloureuses, pourvu que les intermittences du courant fussent assez éloignées les unes des
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autres, et chez lesquelles les contractions produites par un courant rapide ne manquaient jamais de produire une attaque d'hystérie. Ce n'était pas que ces malades trouvassent ce mode de faradisalion musculaire plus douloureux, car j'avais le soin d'agir avec un courant peu intense; mais la sensation toute spéciale qu'il produisait occasionnait des tournoiements, des éblouissements, un malaise général, bientôt suivi d'une crise nerveuse. Je n'en ai pas moins continué d'employer ce mode de faradisation chez quelques-unes de ces malades, qui, loin de s'y habituer, en conservaient une impression si désagréable, que l'idée qu'elles allaient être faradisées de la même manière suffisait pour les faire tomber en convulsions. Mais à l'instant où je recommençais à faire contracter leurs muscles avec un courant à intermittences éloignées, les accès d'hystérie cessaient de se produire, pendant l'opération. Je signalerai encore un phénomène curieux : chez ces mêmes malades, que la faradisation musculaire à courant rapide faisait tomber en spasme nerveux, je pouvais produire les sensations cutanées les plus douloureuses par la faradisation de la peau à courant rapide, sans provoquer le moindre accès nerveux. En résumé, bien que la faradisation musculaire à intermittences rapides soit le meilleur mode d'éleclrisation qu'il convienne d'appliquer au traitement de la paralysie hystérique, il ressort des considérations précédentes, que l'on doit y renoncer, lorsqu'il provoque des crises nerveuses, et le remplacer par la faradisation musculaire à rares intermittences.
Il faut en général diriger l'excitation musculaire sur chacun des muscles paralysés, sans négliger de stimuler les troncs nerveux. J'ai dit,— et j'en ai donné la preuve, dans des faits dont j'ai exposé la relation,—qu'il suffit quelquefois d'exciter la sensibilité cutanée pour guérir la paralysie hystérique; c'est ce qu'on aura plus de chance d'obtenir, quand la sensibilité cutanée sera considérablement diminuée, dans la paralysie hystérique que l'on aura à traiter . On devra donc ne pratiquer, dans ce cas,que la faradisation électro-cutanée,pendanl les deux ou trois premières séances, afin de juger du degré d'influence thérapeutique que ce mode d'excitation exerce sur la paralysie musculaire. Si cette dernière était ainsi notablement améliorée) on y joindrait la faradisation musculaire localisée, en insistant moins sur celle-ci que sur la faradisation cutanée. Mais, si l'on n'obtenait aucun amendement dans l'état de la paralysie, on n'emploierait plus l'excitation électro-cutanée, qu'autant que cela serait nécessaire au rétablissement de la sensibilité de la peau, et l'on aurait recours seulement à la faradisation musculaire localisée.
Le traitement est beaucoup plus douloureux par l'excitation électro-cutanée: aussi renconlre-t-on quelques malades qui refusent de s'y soumettre. Je n'ai pas besoin de dire que, dans ce cas, on doit
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essayer de guérir la paralysie par la l'aradisation musculaire à rares intermittences, et ne recourir à l'excitation électro-cutanée qu'après avoir vu échouer le premier mode d'excitation.
Les procédés de faradisation que l'on aura à appliquer au traitement des autres paraiysies hystériques, de la vessie, des intestins, de la voix, de l'ouïe, de la vue, de l'odorat et du goût, et dont il a été déjà question, page 94 et suivantes, seront exposés, par la suite, avec plus de détails, en traitant spécialement de ces espèces de paralysies locales.
H. — VALEUR THÉRAPEUTIQUE DES COURANTS CONTINUS DANS LES PARALYSIES MUSCULAIRES HYSTÉRIQUES.
Depuis que l'usage thérapeutique des courants continus est redevenu une sorte de mode, introduite en France dans la pratique médicale par quelques Allemands, j'ai dû, bien des fois, les appliquer au traitement des paralysies musculaires hystériques, afin de répondre aux désirs des confrères qui m'adressaient leurs malades. En même temps j'ai soumis expérimentalement aux courants continus, la plupart des paralysies hystériques qui se présentaient à ma clinique civile.
J'ai donc pu acquérir une assez grande expérience sur la valeur thérapeutique de ces courants appliqués à celle espèce de paralysie. Eh bien 1 je déclare que les courants constants continus stabiles (les seuls vrais) ne m'ont pas donné, dans les paralysies musculaires hystériques, de résultats aussi satisfaisants que la faradisation localisée; que, souvent, après les avoir appliqués vainement, il m'a fallu en venir à localiser, dans chacun des muscles paralysés, le courant d'induction ou le courant galvanique interrompu, ou les courants dits continus labiles quijefai démontré (voy. p. 179, B), sont de véritables courants galvaniques interrompus. Est-il besoin de rappeler ici que les courants galvaniques interrompus ou labiles localisés, exercent à peu près la môme action thérapeutique que la faradisation localisée, mais qu'ils ont l'inconvénient d'altérer la peau, par leur action électrolytique, et en conséquence que la faradisation localisée leur est préférable.
ARTICLE II
CONTRACTURES HYSTÉRIQUES. — CONTRACTURES RÉFLEXES ASCENDANTES PAR TRAU- MATISME ARTICULAIRE. — CHOREE ET TIC INDOLENT .
§ i. — Contractures hystériques.